La part du citoyen
André Merlin

André Merlin

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

André Merlin, ne le 17 mai 1942 a Pleaux (Cantal), est un ingenieur francais, fondateur et premier president du directoire de RTE (Reseau de Transport d'Electricite). Ancien eleve de l'Ecole polytechnique (promotion 1962) et diplome de l'Ecole superieure d'electricite (Supelec, promotion 1967), il fait l'essentiel de sa carriere a EDF, qu'il rejoint en 1968 au sein de la division Recherche et Etudes, ou il se specialise dans la planification et l'exploitation des reseaux de transport et de distribution d'electricite.

Il gravit les echelons d'EDF : responsable du developpement des outils d'aide a la decision pour l'exploitation et la planification des reseaux (1974), entree au Service du transport (1984), chef du Centre regional de transport et telecommunications Rhone-Alpes-Auvergne (1987), puis chef du Service du transport et des telecommunications d'EDF (1989). De 1994 a 1997, il dirige plusieurs divisions (production hydraulique/thermique, exploitation du marche). De 1997 a 2000, comme directeur delegue aupres de la presidence et de la direction generale d'EDF, il prepare la creation du gestionnaire independant du reseau de transport.

En mai 2000, il est nomme directeur de RTE, branche transport d'EDF, puis president d'ETSO (association europeenne des gestionnaires de reseaux de transport) en juin 2001. Lorsque RTE devient une societe a directoire et conseil de surveillance, il est nomme president du directoire le 9 septembre 2005, jusqu'a son depart a la retraite (limite d'age) en mai 2007 ; il devient alors president d'honneur de RTE. Apres 2007, il preside la CIGRE (2008-2012), conseille la Commission europeenne sur l'energie (2008-2009), preside des conseils de surveillance (RTE, ERDF) et le consortium Medgrid (a partir de 2011). Distinctions : medaille Blondel (1985), Fellow IEEE (depuis 1990), doctorat honoris causa de l'Universite Polytehnica de Bucarest (1999), prix de manager international des Global Energy Awards (2005), officier de la Legion d'honneur. Aucune affiliation politique partisane n'est connue ; il s'exprime publiquement (tribunes 2022) en faveur du nucleaire et critique des scenarios tout-renouvelable.

Dans la commission

Audite (audition de M. André Merlin, 15 interventions recensees), Merlin defend la these d'un systeme electrique adosse a une forte part de production pilotable. Sa position centrale : un mix cible 2050 a « 75 % d'electricite pilotable - nucleaire, hydraulique, biomasse - et de 25 % d'energies non pilotables » (M. André Merlin), jugeant que certains scenarios RTE « me semblent aller beaucoup trop loin » (M. André Merlin). Il pose une limite physique : « il est irrealiste d'envisager un mix electrique entierement renouvelable sans stockage » (M. André Merlin), et avertit qu'« il est assez imprudent d'affirmer que la France ne connaitra jamais de black-out » (M. André Merlin).

Sur le nucleaire, il corrige des idees recues : « il est, par consequent, faux de dire que le nucleaire est uniquement utile pour la base » (suivi de charge), regrette que « le projet EPR n'ait pas ete engage un peu plus tot » (M. André Merlin), et defend retrospectivement Superphenix comme « un demonstrateur qui devait permettre de valider l'option du sodium comme liquide caloporteur » (M. André Merlin).

Sur l'organisation du marche, il retrace la liberalisation (« la France s'est battue contre l'adoption de cette directive et elle avait propose l'acheteur unique, mais les idees anglo-saxonnes se sont imposees », M. André Merlin) tout en nuancant : « je n'ai jamais senti [...] une hostilite particuliere vis-a-vis d'EDF [...] ce sentiment a ete surestime » (M. André Merlin). Il critique le couplage des prix (« ce prix etait donc correle, ou indexe, au prix du gaz et du charbon alors que la France dispose de moyens de production tres competitifs », M. André Merlin) et l'« idee saugrenue d'augmenter, en pleine crise, la part de l'ARENH » (M. André Merlin). Sur une eventuelle sortie du marche europeen, il juge que « le probleme est principalement politique » (M. André Merlin).

Enfin, ni hostile aux renouvelables (« je n'ai jamais ete oppose a l'insertion de moyens eoliens ou solaires [...] lorsque j'etais a la tete de RTE », M. André Merlin), il deplore l'inaction sur le stockage (« certains sites existants ont ete identifies et, depuis vingt ans, rien n'est fait », STEP) et la fermeture de « 12 gigawatts de production [...] entre 2013 et 2020 » (M. André Merlin). Il rappelle aussi un point de gestion lors de la creation de RTE : « nous avons [...] recupere la moitie de la dette d'EDF, soit 8 milliards d'euros » (M. André Merlin).

Sources