La part du citoyen
Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Arnaud Montebourg, ne le 30 octobre 1962 a Clamecy (Nievre), est un avocat, homme politique et entrepreneur francais. Diplome en droit (Universite de Bourgogne, Paris-Pantheon-Sorbonne) et de l'Institut d'etudes politiques de Paris (promotion 1985), il devient avocat a la cour d'appel de Paris en 1990 et premier secretaire de la conference du stage des avocats de Paris en 1992.

Adherent du Parti socialiste depuis 1985, il est elu depute de la sixieme circonscription de Saone-et-Loire de 1997 a 2012 (reelu en 2002 et 2007). Il preside le conseil general de Saone-et-Loire de 2008 a 2012. Figure de l'aile gauche et souverainiste-industrialiste du PS, il defend la theorie de la « demondialisation » et arrive en troisieme position de la primaire socialiste de 2011 (17,19 %).

Apres l'election de Francois Hollande, il est nomme ministre du Redressement productif le 16 mai 2012 (gouvernement Ayrault), portefeuille axe sur la reindustrialisation et la defense des fleurons industriels francais. Le 2 avril 2014, il devient ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numerique (gouvernement Valls), jusqu'a sa demission le 25 aout 2014, apres ses critiques publiques de la politique economique du gouvernement. C'est durant cette periode qu'il gere le dossier du rachat de la branche energie d'Alstom par General Electric (2014).

Il arrive a nouveau troisieme de la primaire de la gauche en 2017 (17,52 %), puis quitte le Parti socialiste en 2018. Il annonce une candidature a la presidentielle de 2022 le 4 septembre 2021 (mouvement « L'Engagement ») avant de se retirer le 19 janvier 2022. Depuis 2015, il s'est tourne vers l'entrepreneuriat « made in France » (miel Bleu Blanc Ruche, Compagnie des amandes, glaces, projet ferroviaire Ferromobile) et s'est associe en 2023 a un projet d'equipementier nucleaire (Alfeor).

Dans la commission

Auditionne le 324 (M. Arnaud Montebourg) en sa qualite d'ancien ministre du Redressement productif, Montebourg developpe une these souverainiste et pro-nucleaire tres tranchee, doublee d'une charge contre les renoncements politiques qu'il a observes de l'interieur. Le dossier compte 26 interventions, riches et denses.

L'accord PS-Verts de 2011 comme peche originel. Il decrit l'objectif de fermeture des reacteurs comme un marchandage electoral, dont il s'est desolidarise : « Pour moi, c'est un accord de coin de table : on s'est mis d'accord sur un marqueur politique propre a frapper les esprits [...] et apres, vogue la galere ! » ; il precise que l'accord fut « passe en contrepartie de circonscriptions : soixante circonscriptions avaient ete offertes au parti ecologiste » (M. Arnaud Montebourg).

Contre l'objectif des 50 % et les fermetures. Il juge l'objectif de 50 % de nucleaire en 2025 techniquement intenable (« sans fermer deux reacteurs par an ») et qualifie la fermeture de centrales amorties de « pure destruction de valeur, par betise politique » (M. Arnaud Montebourg). Il chiffre l'alternative : « le remplacement d'un reacteur nucleaire ferme suppose l'installation de 800 eoliennes [...] et coute quatre milliards d'euros » (M. Arnaud Montebourg).

Critique des renouvelables intermittents. Pointant le contre-exemple allemand (« L'Allemagne a investi 500 milliards d'euros [...] et, en quinze ans, elle a ouvert dix centrales a charbon et au gaz »), il rappelle que les renouvelables « ne sont pas pilotables » et denonce la perte de la filiere photovoltaique : « quand on installe les panneaux photovoltaiques, on fait des cheques aux Chinois » (M. Arnaud Montebourg). Son bouquet ideal : « le nucleaire, l'hydraulique et l'eolien » (M. Arnaud Montebourg).

Souverainete et desobeissance a Bruxelles. Il prone la suppression unilaterale de l'Arenh (« Croyez-vous que Mme von der Leyen enverra des huissiers de justice, ou bien encore l'armee ? »), denonce la « bruxellose » (interiorisation de contraintes « qui ne sont pas reelles »), et defend le monopole public d'EDF : « A chaque fois qu'on affaiblit cette entreprise, on affaiblit la France » (M. Arnaud Montebourg).

L'affaire Alstom. Il livre un recit direct de son role de ministre, accusant le PDG Patrick Kron : « M. Kron a menti au Gouvernement [...] il a omis de l'informer qu'une puissance etrangere manoeuvrait en coulisses pour racheter les deux tiers de son chiffre d'affaires » ; il evoque « le tarif de la trahison de la France [...] entre 10 et 15 millions d'euros » et raconte l'avoir « fait cueillir a froid par les gendarmes a son arrivee au Bourget » (M. Arnaud Montebourg).

Reformes institutionnelles. Il defend une repolitisation de l'action publique : spoil system permettant au ministre de choisir ses directeurs d'administration centrale, et suppression des autorites administratives independantes du champ economique au profit de l'arbitrage ministeriel (M. Arnaud Montebourg). Il exprime aussi des regrets sur l'abandon du projet de reacteur Astrid et l'interdiction d'experimenter le gaz non conventionnel.

Sources