Benoît Ribadeau-Dumas
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Benoît Ribadeau-Dumas, né le 10 juin 1972 à Neuilly-sur-Seine, est un haut fonctionnaire et dirigeant d'entreprise français. Formé au lycée Louis-le-Grand, il est diplômé de l'École polytechnique puis sort major de la promotion Marc-Bloch (1997) de l'École nationale d'administration, où il côtoie le futur Premier ministre Édouard Philippe. Il commence sa carrière comme membre du Conseil d'État.
De 2002 à 2004, il est conseiller technique chargé de la réforme de l'État et de la décentralisation auprès du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Il rejoint ensuite le secteur privé : il occupe plusieurs fonctions de direction chez Thales (notamment directeur Europe des systèmes de gestion du trafic aérien, puis directeur général de Thales Underwater Systems vers 2009), passe environ cinq ans au sein du groupe parapétrolier CGG, puis devient en septembre 2015 directeur général de la division Aérosystèmes de Zodiac Aerospace.
Le 15 mai 2017, il est nommé directeur de cabinet du Premier ministre Édouard Philippe, fonction qu'il exerce jusqu'au 3 juillet 2020. C'est à ce titre — au cœur de la coordination interministérielle de la politique énergétique du gouvernement Philippe (objectif des 50 % de nucléaire, fermeture de Fessenheim, abandon d'ASTRID, PPE) — qu'il est ensuite auditionné par la commission.
Après Matignon, il est brièvement directeur général adjoint de SCOR SE (début 2021), puis rejoint en février 2022 la société d'investissement Exor (holding de la famille Agnelli) comme associé. En 2023, il devient administrateur non exécutif de Stellantis et d'Iveco. Il a été fait chevalier de la Légion d'honneur (décret du 31 décembre 2021). Haut fonctionnaire issu du Conseil d'État, son parcours alterne service de l'État et grands groupes industriels (défense, aéronautique, énergie) ; il n'est rattaché à aucun parti politique connu, son passage à Matignon relevant d'une fonction de direction de cabinet sous un gouvernement de la majorité présidentielle d'Emmanuel Macron.
Dans la commission
Audité (M. Benoît Ribadeau-Dumas) en tant qu'ancien directeur de cabinet d'Édouard Philippe, il défend la cohérence et la rationalité de la politique énergétique conduite à Matignon entre 2017 et 2020, en assumant ses arbitrages et en contestant les soupçons d'arrière-pensées anti-nucléaires (19 interventions).
- Méthode revendiquée — les faits avant les totems. Il présente l'action du gouvernement comme une volonté d'objectiver avant de décider : « En synthèse, nous avons choisi d'établir des faits qui serviraient de support aux choix politiques plutôt que de poser ceux-ci d'abord, et devoir tordre la réalité ensuite » (M. Benoît Ribadeau-Dumas). Il en tire un plaidoyer pour « reconfigurer la politique énergétique en fonction des circonstances plutôt que de s'enfermer dans de grands totems » (M. Benoît Ribadeau-Dumas).
- L'objectif des 50 % de nucléaire, héritage incohérent. Il impute au gouvernement précédent une trajectoire intenable : « Le gouvernement précédent nous avait légué une trajectoire qui prévoyait d'atteindre le taux de 50 % de nucléaire à horizon 2025 [...] ce chiffre n'était pas assumé dans la [PPE] et il ne correspondait pas au business plan des entreprises » (M. Benoît Ribadeau-Dumas). Il revendique le report à 2035 dès novembre 2017 (M. Benoît Ribadeau-Dumas) et décrit un « nucléaire honteux » prépondérant mais non assumé (M. Benoît Ribadeau-Dumas).
- ASTRID — impasse budgétaire, pas sabotage du cycle fermé. Position tranchée : l'accusation d'une volonté cachée de « couper le cycle fermé du nucléaire et de fragiliser la filière [...] est factuellement et totalement faux[se] », la décision provenant « d'une impasse budgétaire » (M. Benoît Ribadeau-Dumas).
- Fessenheim. Il justifie la fermeture par l'absence de besoin pour la sécurité d'approvisionnement, « RTE [ayant] assuré que Fessenheim n'était pas nécessaire [...] avec notamment l'appoint de Landivisiau à l'Ouest » (M. Benoît Ribadeau-Dumas).
- EDF, ARENH et marché. Il refuse d'imputer les difficultés d'EDF au seul marché et regrette de n'avoir pas « détecté suffisamment tôt les difficultés de maintenance » (M. Benoît Ribadeau-Dumas). Il défend un nucléaire comme bien commun à prix garanti — « il est logique que les Français et l'industrie française aient accès au nucléaire à un prix garanti » (M. Benoît Ribadeau-Dumas) — et un découplage du gaz : « On ne peut pas payer le prix marginal du gaz, quand on a décidé de ne plus dépendre du gaz » (M. Benoît Ribadeau-Dumas).
- Politisation de l'expertise. Il défend la liberté de l'expertise administrative : « Nous ne pouvons pas admettre qu'il soit demandé aux sachants de se taire ou de modifier leurs résultats, car leurs conclusions déplaisent » (M. Benoît Ribadeau-Dumas).
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Beno%C3%AEt_Ribadeau-Dumas
- https://en.wikipedia.org/wiki/Beno%C3%AEt_Ribadeau-Dumas
- https://wikimonde.com/article/Beno%C3%AEt_Ribadeau-Dumas
- https://www.stellantis.com/content/dam/stellantis-corporate/group/governance/leadership/bio/fr/Benoit-Ribadeau-Dumas-FR-20230419.pdf
- https://www.autoactu.com/actualites/benoit-ribadeau-dumas-nouveau-membre-du-conseil-d-administration-de-stellantis
- https://lcp.fr/actualites/edf-l-arenh-n-explique-pas-tous-les-problemes-juge-l-ancien-directeur-de-cabinet-d