Bérengère Mesqui
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Bérengère Mesqui est une haute fonctionnaire française, statisticienne et économiste. Ancienne élève du lycée Pasteur à Neuilly, elle est diplômée de l'École polytechnique (promotion 1999) et de l'ENSAE (École nationale de la statistique et de l'administration économique). Elle appartient au corps des administrateurs de l'INSEE (administratrice hors classe).
Son parcours s'est construit principalement dans l'administration économique et statistique de l'État :
- À la DARES (ministère du Travail), comme statisticienne et économiste travaillant sur le marché du travail (évaluation des contrats de travail, emploi des jeunes, formation professionnelle).
- À la direction générale du Trésor (Bercy), sur la macroéconomie internationale puis les affaires européennes.
- Au Commissariat général au développement durable (CGDD), où elle a été adjointe au sous-directeur, sur l'économie des ressources naturelles, des risques et de l'environnement.
- À partir de 2017, directrice du département Développement durable et numérique de France Stratégie (organisme de réflexion et d'expertise rattaché au Premier ministre), où elle a travaillé notamment sur l'économie du changement climatique, les coûts d'abattement du carbone et la transition (mobilité, véhicule électrique).
- Depuis le 21 mars 2022, sous-directrice des statistiques de l'énergie au sein du service des données et études statistiques (SDES) du CGDD, ministère de la Transition écologique — fonction au titre de laquelle elle a été auditionnée par la commission.
Ses domaines d'expertise sont l'économie de l'environnement et du développement durable, les statistiques publiques de l'énergie et l'évaluation des politiques publiques. Aucune affiliation politique n'est associée à son profil : elle s'exprime en tant que haut fonctionnaire de la statistique publique, dont la mission est la production de données objectives et non l'orientation politique.
Dans la commission
Auditionnée le 15 novembre 2022 en sa qualité de sous-directrice des statistiques de l'énergie (SDES), Bérengère Mesqui intervient comme productrice de données neutres, et non comme défenseure d'une thèse. Son apport est avant tout factuel et méthodologique (16 interventions, audition de Mme Ketty Attal-Toubert e.a.).
Points saillants :
- Elle pose une mise en garde méthodologique centrale sur la notion d'indépendance énergétique : « Par convention statistique, le nucléaire et les énergies renouvelables sont considérés comme des énergies nationales. Cependant, la totalité de l'uranium naturel utilisé dans nos centrales est importée. » (Mme Ketty Attal-Toubert e.a.) — ce qui relativise le taux d'indépendance affiché.
- Sur la trajectoire historique : « Le développement du programme nucléaire a permis à ce taux de progresser de 25 % à la fin des années 1970 à 55 % en 2021 », et « la France n'a effectivement pas perdu d'indépendance énergétique entre 2000 et 2020. » (Mme Ketty Attal-Toubert e.a.), ce « positionnement s'explique par notre importante production nucléaire, considérée comme une production nationale ».
- Sur la dépendance amont de l'uranium : « Les principaux producteurs en sont le Kazakhstan, à hauteur de 45 %, la Namibie, à 12 %, et le Canada, à 10 %. Les pays fournisseurs d'uranium sont moins diversifiés que ceux dont provient le pétrole. » (Mme Ketty Attal-Toubert e.a.)
- Sur la conjoncture 2022, elle documente la substitution du gaz russe : « Au troisième trimestre 2022, les entrées de gaz naturel gazeux diminuent de près de 80 % sur un an alors que les entrées nettes de GNL augmentent de 170 %. Le GNL provient des États-Unis et du Qatar » (Mme Ketty Attal-Toubert e.a.) ; la baisse du nucléaire : « La production nucléaire est par conséquent inférieure de 15 % à son niveau le plus élevé, observé en 2005. » (Mme Ketty Attal-Toubert e.a.) ; et la facture énergétique : « La facture atteint 96 milliards sur douze mois, soit une augmentation de 187 %. » (Mme Ketty Attal-Toubert e.a.).
- Elle adopte une posture de réserve statistique prudente : « il faut rester prudents. La consolidation des données annuelles pour 2022 nous permettra de formuler des observations plus précises. » (Mme Ketty Attal-Toubert e.a.)
Ligne d'ensemble : un éclairage technique qui invite à interpréter avec prudence la « bonne » indépendance énergétique française, en rappelant qu'elle repose sur une convention statistique (nucléaire = national) qui masque la dépendance totale à l'uranium importé.
Sources
- https://www.strategie-plan.gouv.fr/berengere-mesqui
- https://www.lajauneetlarouge.com/berengere-mesqui-99-les-defis-dune-haut-fonctionnaire/
- https://acteurspublics.fr/nomination/berengere-mesqui-de-retour-au-commissariat-general-au-developpement-durable/
- https://lannuaire.service-public.gouv.fr/gouvernement/3e1c05f8-8aa4-456a-aabe-effe3c96f257
- https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045288157