La part du citoyen
DV

Daniel Verwaerde

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Daniel Verwaerde, ne le 17 aout 1954 a Sedan, est un ingenieur et physicien francais, specialiste de la modelisation numerique. Diplome de l'Ecole centrale Paris en 1977, il rejoint le Commissariat a l'energie atomique (CEA) en 1978 au departement de mathematiques appliquees du centre de Limeil, dont il prend la direction a partir de 1991.

Sa carriere se deroule pour l'essentiel au sein de la direction des applications militaires (DAM) du CEA, c'est-a-dire le volet de dissuasion nucleaire francaise. En 1996, il devient directeur du programme Simulation, destine a garantir la perennite de l'arme nucleaire apres l'arret definitif des essais. Il dirige ensuite le centre CEA/DAM Ile-de-France (a partir de 2000), puis devient directeur des armes nucleaires (2004), avant d'occuper de 2007 a 2014 le poste de directeur des applications militaires (DAM) du CEA, supervisant notamment le projet du Laser Megajoule.

De janvier 2015 a avril 2018, il est administrateur general du CEA (Commissariat a l'energie atomique et aux energies alternatives), succedant a Bernard Bigot, fonction qu'il occupe jusqu'a son depart en 2018. Il a ete elu membre de l'Academie des technologies en decembre 2013. Il est commandeur de la Legion d'honneur (chevalier en 2003, officier en 2012, commandeur en 2018) et chevalier de l'ordre national du Merite (1999).

Daniel Verwaerde n'a pas d'affiliation politique partisane connue : il est un haut responsable scientifique et technique de l'Etat, issu de la sphere nucleaire de defense. Ses sources publiques le presentent comme un ardent defenseur du nucleaire civil decarbone et de la filiere de quatrieme generation (reacteurs a neutrons rapides), position qu'il developpe longuement lors de son audition.

Dans la commission

Audite (M. Daniel Verwaerde) en tant qu'ancien administrateur general du CEA, Verwaerde defend une these centrale : l'energie, et le nucleaire en particulier, releve du regalien et non du marche. Il distingue d'emblee les deux notions du titre de la commission : "La souverainete est differente de l'independance energetique : la premiere est la capacite de decider seule, la seconde est la capacite d'assurer de maniere autonome l'approvisionnement et la production d'energie" (M. Daniel Verwaerde). Pour lui, "l'energie n'est pas un produit comme les autres, qui pourrait etre laisse au seul bon vouloir de la loi du marche" (M. Daniel Verwaerde).

Il impute la perte de souverainete nucleaire a une defaillance de l'Etat : "la perte de souverainete dans le domaine nucleaire provient du manque de controle de l'Etat sur les activites qui y sont menees et probablement aussi du manque d'interet qu'il porte a ce domaine, sauf peut-etre pour reduire sa part dans le mix energetique" (M. Daniel Verwaerde). Le pilotage strategique doit, selon lui, rester etatique : "il serait inepte de transferer cette responsabilite purement regalienne a un industriel, fut-ce EDF" et "le nucleaire est trop au coeur de la souverainete pour qu'un industriel en decide" (M. Daniel Verwaerde).

Une part importante de son audition porte sur l'arret du projet Astrid (reacteur de quatrieme generation), qu'il regrette au nom de la souverainete : il met en avant le potentiel de l'uranium appauvri ("L'utilisation des 300 000 tonnes d'uranium appauvri... permettrait de fournir au pays de l'electricite pour plus de 5 000 ans... en totale autonomie", M. Daniel Verwaerde) et estime qu'"en mettant un terme a Astrid, on a empeche le futur President de la Republique... d'opter pour cette energie" (M. Daniel Verwaerde). Il assume sa propre proposition de reduire Astrid a la simulation, sur fond de contrainte budgetaire ("le budget ne prevoyait pas 10 milliards pour construire le reacteur" ; "Souhaitait-on se payer un EPR de quatrieme generation ?", M. Daniel Verwaerde), tout en reliant cet arret a un climat de "nucleaire honteux". Il se revendique enfin "ecolo plus que convaincu" en defendant le nucleaire decarbone, fustigeant la fermeture de Fessenheim quand l'Allemagne ouvre des centrales a charbon (M. Daniel Verwaerde).

Sources