La part du citoyen
Dominique Voynet

Dominique Voynet

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Dominique Voynet, nee le 4 novembre 1958 a Montbeliard (Doubs), est une medecin anesthesiste-reanimatrice et femme politique francaise, figure historique de l'ecologie politique. Apres des etudes de medecine a la faculte de Besancon (1977-1982) et une specialisation en anesthesie-reanimation, elle exerce a l'hopital de Dole (1985-1989). Militante antinucleaire des la fin des annees 1970 (oppositions aux projets de Fessenheim et de Creys-Malville/Superphenix), elle co-fonde le parti Les Verts en 1984 et en devient l'une des porte-parole.

Candidate a l'election presidentielle de 1995 (environ 3,3 % des voix) puis de 2007 (1,57 %), elle est brievement deputee du Jura en 1997 avant d'entrer au gouvernement. Elle est ministre de l'Amenagement du territoire et de l'Environnement dans le gouvernement de Lionel Jospin du 4 juin 1997 au 9 juillet 2001 — premiere ecologiste a occuper un poste ministeriel en France. A ce titre, elle porte la ratification du protocole de Kyoto par la France et la loi du 25 juin 1999 d'orientation pour l'amenagement et le developpement durable du territoire ; son mandat est aussi marque par l'arret de Superphenix.

Elle est ensuite senatrice de Seine-Saint-Denis (2004-2011) et maire de Montreuil (2008-2014). Membre de l'Inspection generale des affaires sociales, elle dirige l'Agence regionale de sante de Mayotte (2019-2021). Affiliation politique : ecologiste, Les Verts puis Europe Ecologie Les Verts (EELV). Lors de l'audition, elle se presente comme ancienne ministre de l'amenagement du territoire et de l'environnement.

Dans la commission

Auditionnee (ref Mme Dominique Voynet, 36 interventions), Dominique Voynet conteste d'emblee la premisse meme de la commission. Sa these centrale : la souverainete energetique francaise n'est pas menacee et l'independance n'a jamais existe. Elle affirme qu'« aucun Etat etranger, aucune institution multilaterale ne nous impose nos propres choix en matiere energetique » et que « l'independance energetique n'existe pas et n'a jamais existe » (Mme Dominique Voynet). Selon elle, le debat est mal pose car il confond energie et electricite : « On parle de l'electricite et du nucleaire, lequel ne represente que 17 % de notre probleme », le vrai sujet etant « notre dependance pathologique aux combustibles fossiles, et on en parle a peine » (Mme Dominique Voynet).

Sur le nucleaire, elle est tranchante : la « rente du nucleaire a ete dilapidee par des tarifs ridiculement bas, qui ont encourage le gaspillage », denonce des couts massifs et sous-evalues (grand carenage, demantelement, dechets) et juge le projet Iter « pharaonique » — « dans le nucleaire, on rajoute en general deux zeros » (Mme Dominique Voynet). Elle critique un secteur « tout petit monde, tres endogamique » marque par le pantouflage, et alerte sur les arbitrages « entre la surete et la production » (Mme Dominique Voynet).

Elle revendique et justifie l'arret de Superphenix — « je n'ai pas decide de fermer Superphenix, mais je reconnais avoir inspire, souhaite et soutenu ce choix » — notamment au regard du risque sodium non maitrise (Mme Dominique Voynet). Elle decrit le fonctionnement loyal du gouvernement Jospin (« Ministre antinucleaire dans un gouvernement qui ne l'etait pas... ») et plaide pour une sortie progressive du nucleaire, sans substitution « kilowattheure par kilowattheure » (Mme Dominique Voynet). Elle defend les renouvelables (« la France a torpille sa filiere photovoltaique »), denonce comme « desinformation » le lien entre la fermeture de Fessenheim et les risques de coupures, et refute avec vigueur l'accusation (relayee par un documentaire et « des sites d'extreme droite ») d'avoir sabote la filiere nucleaire : « On est la dans la foi, pas dans l'argumentation » (Mme Dominique Voynet).

Sources