Élisabeth Borne
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Élisabeth Borne, née le 18 avril 1961 à Paris, est une haute fonctionnaire et femme politique française. Ingénieure de formation, elle est diplômée de l'École polytechnique (promotion 1981) et de l'École nationale des ponts et chaussées (ingénieure des Ponts et Chaussées en 1986), et titulaire d'un MBA du Collège des ingénieurs. Pupille de la nation après la mort de son père à ses onze ans, elle débute sa carrière dans l'administration de l'Équipement.
Son parcours mêle haute administration, entreprises publiques et cabinets ministériels. Conseillère au cabinet du Premier ministre Lionel Jospin (urbanisme, logement, transports) à la fin des années 1990, elle occupe ensuite des fonctions de direction à la SNCF, chez Eiffage, puis à la Ville de Paris (directrice de l'urbanisme, 2008-2013). Elle est nommée préfète de la région Poitou-Charentes et du département de la Vienne (2013-2014) — première femme à ce poste —, puis directrice de cabinet de Ségolène Royal au ministère de l'Écologie (2014-2015), avant de présider la RATP (2015-2017).
Sous la présidence d'Emmanuel Macron, elle entre au gouvernement comme ministre chargée des Transports (2017-2019), puis ministre de la Transition écologique et solidaire (juillet 2019 - juillet 2020), où elle pilote notamment la loi de programmation énergie-climat et la loi d'orientation des mobilités, et ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion (2020-2022). Le 16 mai 2022, elle est nommée Première ministre — deuxième femme à occuper cette fonction sous la Ve République après Édith Cresson — poste qu'elle exerce jusqu'au 9 janvier 2024. Élue députée du Calvados en 2024, elle redevient ensuite ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (décembre 2024 - octobre 2025).
Sur le plan politique, son parcours évolue de la gauche (proche du Parti socialiste avant 2017) vers le macronisme : elle rejoint La République en marche lors de la campagne de 2017, est associée au courant social-démocrate Territoires de progrès, et est affiliée au parti Renaissance.
Dans la commission
Auditionnée en tant que Première ministre (ancienne ministre de la Transition écologique), Élisabeth Borne livre une défense argumentée de la politique énergétique du gouvernement et de son propre bilan, structurée autour des « trois piliers » du discours de Belfort (Mme Élisabeth Borne).
Sa thèse centrale : la souveraineté énergétique française est un objectif assumé mais relatif. « la France contemporaine n'a jamais été souveraine en matière énergétique » (Mme Élisabeth Borne), et l'ambition affichée est « d'être la première grande nation industrielle à sortir des énergies fossiles » (Mme Élisabeth Borne), via sobriété, nucléaire et renouvelables.
Positions clés défendues (Mme Élisabeth Borne) :
- Nucléaire et bilan historique : elle revendique que la France est « le seul pays d'Europe à avoir tenu le cap du nucléaire », tout en imputant la faible disponibilité du parc « d'abord [aux] conséquences d'un sous-investissement dans le nucléaire dans la décennie 2000-2010 ». Elle plaide pour la prolongation des réacteurs au-delà de 40, 50 voire 60 ans.
- Réfutation de la « liste des 24 réacteurs » : elle conteste fermement la lui attribuer — « J'ignore qui vous a dit que j'avais produit une liste de 24 réacteurs à fermer » — l'imputant à l'accord PS-Verts de 2012.
- Fessenheim et la sobriété : elle présente la fermeture de Fessenheim comme un choix politique antérieur (EDF « n'a jamais voulu proposer d'autre choix »), et défend la sobriété, qui « n'est pas la décroissance ».
- EDF et marché : elle écarte tout démantèlement — « nous voulons impérativement conserver l'intégrité du groupe EDF » — et défend l'Arenh comme protection à réformer plutôt qu'à supprimer, jugeant incohérent de réclamer simultanément les tarifs réglementés pour tous et la fin de l'Arenh.
- Autocritique mesurée : elle reconnaît que « notre pays a raté la marche du photovoltaïque [...] également raté la marche de l'éolien terrestre », et regrette « le manque de capacité prospective des administrations », tout en s'appuyant sur les scénarios de RTE (un mix 100 % renouvelable jugé « pas soutenable »).
- Esquives ciblées : sur l'Allemagne, elle refuse de « lancer des leçons » au nom de la souveraineté des États ; sur la centrale charbon de Saint-Avold, elle se déclare incompétente (« J'étais ministre du travail »).
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_Borne
- https://en.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_Borne
- https://www.info.gouv.fr/les-anciens-premiers-et-premieres-ministres-de-la-ve-republique/elisabeth-borne
- https://www.universalis.fr/encyclopedie/elisabeth-borne-1961/