François Brottes
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
François Brottes, né le 31 mars 1956 à Valence (Drôme), est un ancien homme politique et dirigeant d'entreprise public français. Diplômé de l'université de Montpellier, il débute sa carrière en 1978 comme journaliste à Radio France et France-Régions 3 (FR3), avant de se consacrer à la politique.
Membre du Parti socialiste (proche du courant fabiusien), il est élu très jeune et exerce de nombreux mandats locaux et nationaux : maire de Crolles (Isère) de 1983 à 2005, conseiller régional (1992-1998), puis député de la 5e circonscription de l'Isère de 1997 à 2015 (réélu sur plusieurs mandats successifs). À l'Assemblée nationale, il devient l'un des principaux spécialistes des questions d'énergie et préside la commission des Affaires économiques de 2012 à 2015.
En 2015, il quitte la vie politique pour prendre la présidence du directoire de RTE (Réseau de transport d'électricité), gestionnaire du réseau de transport d'électricité français, fonction qu'il occupe de 2015 à l'été 2020. Non reconduit, il est remplacé par Xavier Piechaczyk. Il est alors nommé, à 64 ans, conseiller-maître en service extraordinaire à la Cour des comptes (fonction qu'il occupe depuis 2020). Il est chevalier de la Légion d'honneur et officier de l'ordre national du Mérite.
Dans la commission
Audité le 14 décembre 2022 (rapporteur Antoine Armand) en tant qu'ancien président du directoire de RTE et figure historique de la politique énergétique socialiste, Brottes défend un récit qui dissocie la crise d'approvisionnement de 2022 des choix politiques de réduction du nucléaire (source : M. François Brottes, 36 interventions).
Ses positions clés :
- Sur l'objectif des 50 % de nucléaire en 2025 : il le présente comme un marqueur politique négocié, non opérationnel, issu d'un compromis PS-EELV : « Il s'agissait d'un accord politique. [...] Il a donc été décidé de trancher au milieu. » (M. François Brottes). Il rappelle que le plafond de 63,2 GW est « la seule disposition normative toujours en vigueur de la loi de 2015 » (M. François Brottes) et n'a jamais bridé un parc qui ne produisait que ~41 GW.
- Sur la cause de la crise : il l'impute à la corrosion sous contrainte, phénomène imprévu : « le phénomène de corrosion sous contrainte ne résulte pas d'un défaut de maintenance, mais plutôt de la conception même des centrales nucléaires les plus récentes » (M. François Brottes), et conteste tout lien de causalité : « Comment prétendre que la corrosion sous contrainte s'est développée parce que la part du nucléaire devait être réduite ? » (M. François Brottes).
- Sur l'indépendance de RTE : il revendique l'objectivité de l'organisme et du bilan prévisionnel de 2017 : « RTE n'est pas aux ordres du pouvoir politique, mais [...] reste un expert indépendant » (M. François Brottes), tout en reconnaissant que ce bilan a entraîné « un report de dix ans de la cible des 50 % » (M. François Brottes).
- Sur le cadre européen : il conteste l'idée d'une souveraineté strictement nationale : « de Lisbonne à Kiev, si nous ne partageons pas la même monnaie, nous partageons la même fréquence » (M. François Brottes).
- Points saillants annexes : il défendait une fermeture de Fessenheim concomitante à l'ouverture de Flamanville, juge « positive » la renationalisation du nucléaire d'EDF, et qualifie de « fable » la comparaison des puissances installées sans tenir compte des facteurs de charge réels (M. François Brottes).
Le ton se tend en fin d'audition, face à des questions sur sa responsabilité de dirigeant : « J'assume tout ce que j'ai fait. Vous travestissez mes propos sur le bilan prévisionnel de 2017. » (M. François Brottes).
Sources
- https://en.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Brottes
- https://acteurspublics.fr/nomination/lancien-depute-ps-et-patron-de-rte-recase-dans-un-grand-corps-de-letat/
- https://www.antoine-armand.fr/a-lassemblee/commission-enquete-energie-audition-rte-francois-brottes