Jean-Bernard Lévy
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Jean-Bernard Lévy, ne le 18 mars 1955 a Suresnes (Hauts-de-Seine), est un dirigeant d'entreprise et haut fonctionnaire francais. Polytechnicien (promotion 1973), il est egalement diplome de l'Ecole nationale superieure des telecommunications (Telecom Paris) et ingenieur du corps des telecommunications.
Il debute sa carriere comme ingenieur a France Telecom (direction operationnelle d'Angers) en 1979, puis rejoint la Direction generale des telecommunications en 1982. Entre 1986 et 1993, il occupe plusieurs fonctions de cabinet aupres du ministre Gerard Longuet (conseiller technique, puis directeur de cabinet en 1993), apres un passage chez Matra Espace comme directeur des programmes de satellites (1988-1993). Il dirige ensuite Matra Communication comme PDG (1995-1998), avant de devenir directeur general de la banque Oddo et Cie (1998-2002).
En 2002, il rejoint Vivendi comme directeur general, dont il preside le directoire de 2005 a 2012, exercant brievement aussi la fonction de PDG de SFR (2012). De fin 2012 a fin 2014, il est PDG de Thales. Il est ensuite nomme president-directeur general d'EDF, fonction qu'il occupe du 26 novembre 2014 jusqu'a l'automne 2022. Son mandat, qui devait expirer au printemps 2023, est ecourte : son depart est annonce en septembre 2022 et Luc Remont lui succede en novembre 2022, dans un contexte de crise (jusqu'a 32 reacteurs a l'arret, tensions avec l'executif sur les responsabilites dans l'affaiblissement de la filiere nucleaire et sur le bouclier tarifaire). Officier de la Legion d'honneur (2014), il n'a pas d'affiliation politique partisane publiquement etablie ; son profil est celui d'un grand patron issu de la haute fonction publique technique.
Dans la commission
Audition du 8 novembre 2022 (ref M. Jean-Bernard Lévy), substantielle (35 interventions). Lévy y defend la gestion d'EDF sous son mandat et impute l'affaiblissement de l'entreprise au cadre legislatif et aux decisions politiques plutot qu'a sa direction.
- L'ARENH, cible centrale. Il martele que le dispositif a coute des milliards a EDF : « Je l'ai dit et repete pendant huit ans, l'Arenh est un poison pour EDF » et « Des concurrents d'EDF, l'Arenh fait des rentiers » (M. Jean-Bernard Lévy). Il en fait la cause profonde de l'affaiblissement, due a une « mauvaise loi » (loi NOME) : « C'est la premiere fois depuis longtemps, peut-etre meme depuis la creation d'EDF en 1946, que le contribuable vient sortir l'entreprise nationale d'une situation creee par une mauvaise loi » (M. Jean-Bernard Lévy).
- Defense sur Fessenheim et subordination au politique. Il refuse la responsabilite de la fermeture : « EDF a applique la loi » et aurait « commis une faute de gestion » en poursuivant les travaux en ignorant la loi de 2015 et le decret de 2012 (M. Jean-Bernard Lévy). Il attribue l'arret a une « campagne de denigrement permanente et ancienne » d'ONG antinucleaires francaises et allemandes (M. Jean-Bernard Lévy).
- Competences et « manque de bras ». Sur l'atrophie de la filiere construction : « Il n'est pas possible d'etre competent et efficace quand on construit un reacteur tous les quinze ans » ; « nous avons les competences mais nous n'avons pas assez de competences [...] un "manque de bras" » (M. Jean-Bernard Lévy).
- Critique du tout-renouvelable et dependance chinoise. Il denonce le mythe du 100 % renouvelables qui occulterait le surinvestissement, et alerte sur une dependance a la Chine comparable a celle au gaz russe : « Ayant constate le danger de la dependance au gaz russe, il faut s'inquieter de cette nouvelle dependance » (M. Jean-Bernard Lévy). Il juge les scenarios de demande de RTE sous-estimes (plaide pour 750-800 TWh en 2050 contre les 645 TWh retenus).
- Hinkley Point. Il assume sous serment la decision : « la decision [...] de poursuivre le projet etait tout a fait indispensable - je persiste et signe » et nie tout conflit d'interets ayant vicie la deliberation du conseil d'administration (M. Jean-Bernard Lévy).
- Souverainete et gaz de schiste. Il pointe le paradoxe d'importer du gaz de schiste americain tout en s'interdisant l'exploration en France (M. Jean-Bernard Lévy), et juge sans objet la mise en concurrence des concessions hydroelectriques.
Ligne d'ensemble : un plaidoyer pro-domo d'un PDG qui se presente comme un mandataire ayant applique la loi, renvoie l'affaiblissement d'EDF a l'ARENH/loi NOME et aux choix politiques, et appelle a une vision strategique stable (fin du « stop and go »).
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Bernard_L%C3%A9vy
- https://en.wikipedia.org/wiki/Jean-Bernard_L%C3%A9vy
- https://www.usinenouvelle.com/article/le-cv-de-jean-bernard-levy-nouveau-patron-d-edf.N291318
- https://www.nucnet.org/news/luc-remont-succeeds-jean-bernard-levy-as-head-of-edf-11-5-2022
- https://fr.wikinews.org/wiki/France_:_le_PDG_d'EDF_Jean-Bernard_L%C3%A9vy_va_%C3%AAtre_remplac%C3%A9_par_Luc_R%C3%A9mont