Laurent Michel
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Laurent Michel est un haut fonctionnaire francais, ingenieur general des mines, ne vers 1966. Ancien eleve de l'Ecole polytechnique et ingenieur de l'Ecole nationale superieure des mines de Paris, il a fait l'essentiel de sa carriere dans l'administration de l'environnement, de l'industrie et de l'energie.
Il debute dans les services deconcentres de l'industrie et de l'environnement (DRIRE), ou il dirige notamment la division environnement-eau en Lorraine, puis occupe des fonctions de developpement industriel et de direction en Languedoc-Roussillon, dans le Nord-Pas-de-Calais et en Midi-Pyrenees. Il devient ensuite directeur de la prevention des pollutions et des risques et delegue aux risques majeurs au ministere de l'Ecologie, avant de prendre la tete de la Direction generale de la prevention des risques (DGPR) lors de sa creation en 2008.
En decembre 2012, il est nomme directeur general de l'energie et du climat (DGEC) au ministere en charge de l'ecologie, fonction qu'il occupe pendant plus de dix ans, sous plusieurs gouvernements. A ce titre, il pilote l'administration responsable de la politique energetique nationale et de la lutte contre le changement climatique, en lien avec les engagements europeens et internationaux de la France. C'est en cette qualite qu'il est auditionne par la commission d'enquete (2022-2023). Il quitte la DGEC en 2023, ou lui succede Sophie Mourlon, et est nomme president de l'Autorite environnementale le 22 juillet 2023. Il a ete promu dans l'ordre de la Legion d'honneur.
En tant que haut fonctionnaire de carriere (corps des mines), il n'a pas d'affiliation politique connue ; il se presente lui-meme comme servant l'Etat sous des majorites successives, et insiste dans ses prises de parole sur le devoir de reserve de l'administration.
Dans la commission
Audite (44 interventions, audition de M. Laurent Michel), Laurent Michel s'exprime comme le directeur d'administration centrale en charge de l'energie sur la decennie de la transition energetique. Sa these centrale tient en deux temps : (1) la souverainete energetique est limitee par la dependance aux importations -- "la France importe plus de 99 % des ressources utilisees pour produire des energies fossiles et nucleaires" (M. Laurent Michel), tout en rappelant que "la souverainete designe la capacite a definir et conduire sa politique" (M. Laurent Michel) ; (2) la crise electrique de 2022 resulte d'une conjonction non anticipee -- retards de maintenance lies au covid et decouverte de la corrosion sous contrainte -- abaissant la production a un niveau exceptionnellement bas : "Nous n'avions pas identifie une conjonction aussi importante, amenant la production a n'atteindre que 280 TWh cette annee." (M. Laurent Michel)
Points saillants de ses positions :
- Loyaute administrative / devoir de reserve : c'est son fil conducteur le plus tranchant. Il refuse de juger les decisions politiques -- "En tant que fonctionnaire, il ne me revient pas de porter un jugement de cette nature" (M. Laurent Michel) -- tout en affirmant que l'administration a alerte : "Aucune de mes remontees aupres du pouvoir politique sur des sujets importants ou graves n'a pas ete analysee" (M. Laurent Michel), alertes "analysees, et prises en compte par la suite", mais pas toujours suivies d'effets. Il assume une part de responsabilite mesuree : "J'ai surement commis des erreurs. J'espere ne pas en avoir commis d'importantes." (M. Laurent Michel)
- Objectif des 50 % de nucleaire : il le juge intenable et critique sa fixation tardive -- "si l'on fixe a 2045 ou 2050 l'objectif de 50 % de nucleaire dans le mix energetique [...] on ne prepare pas l'avenir et on commet une tres grave erreur" (M. Laurent Michel).
- Previsions et fermetures de capacites : il refuse de juger RTE et minimise l'ecart previsions/realite ("je ne pense pas que la difference [...] soient aussi drastiques que cela", M. Laurent Michel) ; il defend l'arret du demonstrateur Astrid comme un recentrage industriel necessaire (grand carenage, nouveau nucleaire, SMR).
- Renouvelables et souverainete : il en fait un levier essentiel -- "Chaque terawattheure gagne en energie renouvelable electrique et en biogaz compte" (M. Laurent Michel) -- et plaide pour une planification territoriale ascendante.
- Filiere nucleaire : il reconnait des "malfacons techniques, peut-etre un peu frauduleuses" dans la construction nucleaire (M. Laurent Michel) et concede que la perte de competences aurait "probablement" pu etre mieux anticipee.
- Reforme du marche et Fessenheim : il prone une reforme du marche de gros (modele du financement du nouveau nucleaire britannique) et juge la reouverture de Fessenheim non simple, renvoyant aux responsabilites de ceux qui la presentent comme aisee.
Ce que cela revele : un haut fonctionnaire qui defend la coherence technique des choix de l'administration tout en plaçant la responsabilite finale du cote du pouvoir politique, et qui assume un soutien marque aux renouvelables comme aux choix de recentrage de la filiere nucleaire.
Sources
- https://www.actu-environnement.com/ae/news/laurent-michel-directeur-general-energie-climat-dgec-17389.php4
- https://www.agra.fr/agra-presse/laurent-michel-nomme-president-de-lautorite-environnementale
- https://www.aefinfo.fr/depeche/695815-sophie-mourlon-succede-a-laurent-michel-a-la-direction-generale-de-l-energie-et-du-climat-conseil-des-ministres
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Direction_g%C3%A9n%C3%A9rale_de_l'%C3%89nergie_et_du_Climat
- http://www.plein-soleil.info/non-classe/legion-dhonneur-1er-janvier-laurent-michel-directeur-general-de-la-dgec-prom/