Manuel Valls
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Manuel Valls (Manuel Carlos Valls Galfetti), ne le 13 aout 1962 a Barcelone, est un homme politique francais. Fils du peintre Xavier Valls et d'une mere d'origine suisse, il est naturalise francais en 1982. Titulaire d'une licence d'histoire de l'universite Paris-I Pantheon-Sorbonne (1986), il adhere des 1980, a 17 ans, au mouvement des jeunes socialistes pour soutenir Michel Rocard, dont il se reclame de la mouvance (la « deuxieme gauche », social-democrate). Il integre le cabinet du Premier ministre Rocard en 1988.
Conseiller regional d'Ile-de-France (1986-2002), il est maire d'Evry (Essonne) de 2001 a 2012 et depute de l'Essonne de 2002 a 2012. Sous la presidence de Francois Hollande, il est ministre de l'Interieur du 16 mai 2012 au 31 mars 2014, puis Premier ministre du 31 mars 2014 au 6 decembre 2016 — periode marquee par les attentats de 2015, l'usage repete de l'article 49.3 (lois Macron et travail) et l'opposition des « frondeurs » de la majorite. Il demissionne de Matignon pour se presenter a la primaire de la gauche de 2017, ou il est battu par Benoit Hamon.
Reelu depute en juin 2017, il quitte le Parti socialiste et se rallie a Emmanuel Macron, siegeant comme apparente au groupe La Republique en marche (devenu Renaissance). Il demissionne de l'Assemblee nationale en 2018 pour se presenter, sans succes, a la mairie de Barcelone en 2019. Il revient en France et redevient ministre : ministre d'Etat, ministre des Outre-mer du 23 decembre 2024 au 12 octobre 2025 dans le gouvernement Francois Bayrou. Politiquement, son parcours va de la social-democratie rocardienne au macronisme, avec un positionnement reformiste, social-liberal et regalien (autorite, ordre).
L'audition de la commission (2022-2023) porte logiquement sur la periode ou il etait chef du gouvernement de Hollande (2014-2016), au coeur des decisions de politique energetique et nucleaire de ce quinquennat.
Dans la commission
Audite (M. Manuel Valls, 21 interventions). Valls y defend le bilan energetique de son gouvernement tout en imputant l'objectif controverse des 50 % de nucleaire a un choix politique anterieur, non technique. Sa these : « Ici, la matiere en fusion, c'est la politique. Il y a les interpretations, et il y a les faits. » (M. Manuel Valls)
Points saillants :
- Objectif des 50 % de nucleaire en 2025 : il s'en dedouane. « Je n'ai pas moi-meme fait ce choix des 50 %, qui est un choix politique. » Il en attribue l'origine a l'accord PS-Verts de 2011 : « Le President Macron s'est finalement trouve a mettre en oeuvre une decision prise par Martine Aubry et Les Verts, en quelque sorte. » Il souligne qu'« aucune etude d'impact ou analyse de besoin ne justifiait le passage de 75 % a 50 % » et que « personne n'imaginait reellement fermer vingt reacteurs en dix ans », l'echeance etant concue avec « suffisamment de souplesse possible pour [la] repousser » (M. Manuel Valls).
- Le vrai « verrou » : selon lui non pas l'objectif programmatique mais le plafond ferme « de 63,2 gigawatts installes pour forcer la fermeture de Fessenheim » (M. Manuel Valls).
- Fermeture de Fessenheim : il concede qu'« elle ne reposait pas totalement sur des elements objectifs et que la centrale etait la plus vieille mais pas la moins sure », et refuse de dire s'il la referait : « Je ne repondrai pas a la question de savoir si je le referai ou pas. » (M. Manuel Valls)
- Filiere nucleaire et Areva : il refute tout affaiblissement volontaire — « Je refute l'idee que nos choix auraient vise ou suscite un affaiblissement de la filiere nucleaire » — et renvoie les difficultes a l'amont : « Or les difficultes de la filiere proviennent d'avant », citant une « perte record de 4,8 milliards d'euros » pour une societe controlee a 87 % par l'Etat (M. Manuel Valls).
- Hinkley Point : il assume le soutien de l'Etat (« il fallait defendre la credibilite de la France, de l'Etat et d'EDF dans cette filiere ») tout en notant que « le sujet faisait l'objet d'une controverse » en interne (M. Manuel Valls).
- Renouvelables : favorable mais sans precipitation — « fallait-il y aller a "marche forcee" ? » — il a voulu « une montee en puissance progressive [...] qui s'est averee plus complexe que ce que nous pensions » (M. Manuel Valls).
- Consensus et modestie du politique : il regrette que « les grandes forces politiques [...] auraient du davantage s'accorder », plaide pour « un consensus [...] et le politique doit rester modeste en matiere de choix technologiques », et soutient la relance : « Je partage le choix annonce par le President de la Republique il y a un an. » (M. Manuel Valls)
- Autres dossiers evoques : l'« echec » d'Abu Dhabi (« un echec que l'on tend aujourd'hui a sous-estimer »), l'absence de retour de l'Allemagne au nucleaire (« elle ne fera pas le choix d'un retour au nucleaire »), la vente d'Alstom a General Electric (« le meilleur partenaire possible »), et le cout de l'ARENH dont il n'a « pas souvenir [qu'il] ait ete central a Matignon » (M. Manuel Valls).
Ligne d'ensemble : un plaidoyer pro domo qui distingue les choix « politiques » herites (50 %, Fessenheim) de la responsabilite de son gouvernement, defend la securite d'approvisionnement de l'epoque, et s'aligne sur le consensus nucleaire reaffirme apres 2022.
Sources
- https://en.wikipedia.org/wiki/Manuel_Valls
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_Valls
- https://www.info.gouv.fr/les-anciens-premiers-et-premieres-ministres-de-la-ve-republique/manuel-valls
- https://www.universalis.fr/encyclopedie/manuel-valls/
- https://outremers360.com/bassin-atlantique-appli/gouvernement-bayrou-les-dossiers-outre-mer-traites-par-manuel-valls-et-les-defis-qui-lattendent