Pascal Colombani
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Pascal Colombani, ne le 14 octobre 1945 a Neuilly-sur-Seine, est un physicien et dirigeant d'entreprise francais.
Ancien eleve de l'Ecole normale superieure de Saint-Cloud (devenue ENS de Lyon), il est agrege de sciences physiques (1969) et docteur en physique nucleaire de l'universite Paris-Sud (1974). Il debute comme chercheur au CNRS, specialiste de la physique des ions lourds et de la spectroscopie nucleaire a l'Institut de physique nucleaire d'Orsay, et effectue un sejour postdoctoral au Lawrence Berkeley National Laboratory (Universite de Californie a Berkeley).
En 1978, il rejoint le groupe Schlumberger, ou il occupe pendant pres de vingt ans diverses fonctions de direction (dans les secteurs petrolier et industriel, notamment aux Etats-Unis et a la tete de la filiale japonaise), jusqu'en 1997.
Il entre ensuite dans le secteur public : directeur de la technologie au ministere charge de la recherche (1997-1999), puis administrateur general du Commissariat a l'energie atomique (CEA) de fin 1999 a decembre 2002. A ce poste, il est a l'origine de la restructuration des participations industrielles du CEA et de la creation d'Areva (2001), dont il preside le conseil de surveillance / conseil fondateur de 2001 a 2003.
Par la suite, il poursuit une carriere de dirigeant et d'administrateur : president du conseil d'administration de Valeo (a partir de 2009/2012, jusqu'en 2016 environ), administrateur de plusieurs grands groupes, et president de la societe de conseil et d'investissement TII Strategies. Il est membre de l'Academie des technologies.
Distinctions : officier de la Legion d'honneur, officier de l'ordre national du Merite, commandeur des Palmes academiques, etoile d'or et d'argent de l'ordre du Soleil levant (Japon, 2016).
Aucune affiliation a un parti politique n'est documentee : il s'agit d'un haut responsable scientifique et industriel, dont le profil releve de l'expertise technique et de la direction d'entreprise plutot que d'un engagement partisan.
Dans la commission
Audite le 30 novembre 2022 (M. Pascal Colombani) en sa qualite d'ancien administrateur general du CEA et membre de l'Academie des technologies (13 interventions). Son temoignage, livre sans langue de bois revendiquee (« Voulez-vous la verite telle que je l'ai percue ou un festival de langue de bois ? », M. Pascal Colombani), defend une these centrale : la France a abime, par des choix politiques, l'atout le plus credible de son independance energetique, le nucleaire.
Positions cles defendues :
- Arret de Superphenix : compromis politique avec les ecologistes denonce comme un premier pas vers le demantelement de la filiere. Il rappelle que « depuis la mise en service du dernier reacteur, celui de Civaux, en 1997, plus rien n'a ete construit » et que « les equipes, en particulier celles d'EDF, se sont dissoutes » (M. Pascal Colombani).
- Reacteurs a neutrons rapides et projet Astrid : l'abandon d'Astrid « prise en 2018 ou 2019 est une erreur, ne serait-ce que pour le maintien des competences » (M. Pascal Colombani) ; il observe que ces reacteurs « existent partout ailleurs - en Chine, par exemple » (M. Pascal Colombani).
- Gouvernance d'Areva : critique frontale de l'absence d'« un veritable industriel » a sa tete (citant Philippe Varin et Jacques Aschenbroich) et reproche d'avoir construit Areva en ignorant EDF et en faisant participer Siemens et Mitsubishi (M. Pascal Colombani).
- Souverainete vs independance : « La France n'est plus un Etat souverain des lors que sa dette est gigantesque et son deficit commercial abyssal » (M. Pascal Colombani) ; il nuance le taux d'independance energetique (54 %, qui tomberait a 12 % si l'on integrait l'uranium dans l'energie primaire).
- Strategie nucleaire : « le nucleaire du futur est le nucleaire d'aujourd'hui, c'est-a-dire l'EPR et les reacteurs comparables de generation III ou III+ » (M. Pascal Colombani).
- Reserves sur ITER (projet juge couteux et peu prometteur a court terme) et denonciation d'un lobbying antinucleaire ayant « sabote la decision publique » (M. Pascal Colombani).
Conclusion de sa ligne : « nous avons mis en danger la partie la plus credible de notre independance energetique, le nucleaire, en cedant a des jeux politiques internes et a certaines pressions internationales » (M. Pascal Colombani).
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_Colombani
- https://www.partager-le-savoir.org/biographie/pascal-colombani
- https://www.nosdeputes.fr/16/intervention/142398