La part du citoyen
PL

Philippe de Ladoucette

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Philippe de Ladoucette, ne le 15 mars 1948 a Paris, est un haut fonctionnaire et dirigeant francais du secteur de l'energie. Diplome de l'Ecole nationale des ponts et chaussees (1972, atelier d'urbanisme) apres des etudes a la Sorbonne, il est par ailleurs docteur en sociologie et en economie.

Il debute comme charge de cours a l'universite Pierre-et-Marie-Curie (Paris VI, 1972-1974), puis entre au ministere de l'Equipement en 1974. Il est commissaire a l'industrialisation des Ardennes (1977-1983) avant de rejoindre la DATAR (1983-1986). Il occupe ensuite des fonctions en cabinet ministeriel, notamment comme conseiller technique du ministre de l'Industrie Alain Madelin (1986-1988, puis 1993-1994), et travaille sur le projet du tunnel sous la Manche (1988-1993).

De 1996 a 2006, il est president-directeur general de Charbonnages de France (et PDG de la SNET de 1996 a 2000). Il preside ensuite la Commission de regulation de l'energie (CRE) de 2006 a 2017 : nomme en remplacement de Jean Syrota, reconduit pour six ans en fevrier 2011, il est remplace par Jean-Francois Carenco en fevrier 2017.

Sur le plan politique, il a ete membre de l'UDF et du Parti republicain (orientation centre-droit/liberale). Il est chevalier de la Legion d'honneur. (Note : il est le fils du baron Charles de Ladoucette et de la chanteuse Leo Marjane.)

Dans la commission

Audite une fois (M. Philippe de Ladoucette), Philippe de Ladoucette intervient en tant qu'ancien president de la CRE, avec un fort accent sur l'ARENH et l'histoire de l'ouverture du marche.

Sa these centrale defend le bilan de la regulation et conteste le recit de l'ARENH presente comme un « poison » pour EDF : « J'ai par ailleurs ete quelque peu surpris par le discours des uns et des autres sur le "poison" de l'ARENH pour EDF » (M. Philippe de Ladoucette). Il rappelle l'origine francaise du dispositif : « l'ARENH n'est pas une initiative bruxelloise, mais il decoule des travaux de cette commission constituee de deux parlementaires et de trois economistes » (M. Philippe de Ladoucette), et juge que le tarif justifie se situait « entre 36 euros et 39 euros », pas a 42 euros, ce dernier ne se justifiant pas mais ayant ete retenu pour ne pas « etre accuses de favoriser une situation de risque au niveau du nucleaire » (M. Philippe de Ladoucette). Il pointe l'absence de revalorisation annuelle, qui aurait permis d'integrer le grand carenage dans le tarif (M. Philippe de Ladoucette).

Il defend l'ouverture a la concurrence et impute la fragilisation d'EDF a des choix propres et a l'executif : « l'executif n'avait pas joue franc jeu pour l'ouverture du marche [...] alors que nous demandions simplement que la loi soit respectee et que les tarifs couvrent les couts » (M. Philippe de Ladoucette) ; en « citoyen plutot que regulateur », il estime qu'« EDF aurait du reformer son systeme de fonctionnement des les premieres annees » (M. Philippe de Ladoucette).

Sur le nucleaire et le marche, il est tranchant : « le nouveau nucleaire n'est pas compatible avec le marche. Concretement, aucun prive n'investira dans des projets aussi lourds, longs et risques » (M. Philippe de Ladoucette), et juge la cible de 50 % de nucleaire a 2025 « irrealisable » et connue comme telle (M. Philippe de Ladoucette). Il critique les tarifs de rachat fixes des renouvelables (photovoltaique fixe « aux alentours de 580 euros par megawattheure » alors que le marche etait « vers 50 euros », M. Philippe de Ladoucette). Enfin, il defend une lecture europeenne de la souverainete : « la souverainete, si elle peut exister, ne peut etre qu'europeenne » et « ne pouvait se traduire qu'en termes de securite d'approvisionnement » (M. Philippe de Ladoucette), regrettant que la France n'ait « jamais suffisamment investi dans la Commission europeenne » (M. Philippe de Ladoucette).

Sources