Philippe Page Le Mérour
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Philippe Page Le Mérour est un syndicaliste de la CGT, militant de la Fédération nationale des mines et de l'énergie CGT (FNME-CGT). Il est issu du personnel de la centrale nucléaire EDF de Fessenheim (Haut-Rhin), où il a été un représentant CGT engagé contre la fermeture de la centrale.
Au moment de son audition, il exerce les fonctions de secrétaire du Comité social et économique central (CSEC) d'EDF SA, l'instance centrale de représentation du personnel du groupe. Il est également délégué syndical central CGT chez EDF. À ce titre, il porte les positions de la FNME-CGT sur la défense du service public de l'électricité, le statut national des industries électriques et gazières (IEG), l'intégrité du groupe EDF (opposition au projet de démantèlement « Hercule ») et la critique du mécanisme de l'Arenh et de la libéralisation du marché de l'électricité.
Son affiliation et son orientation sont donc clairement celles de la CGT / FNME-CGT, dans la filiation revendiquée de la nationalisation de l'électricité et du gaz de 1946 (loi portée par Marcel Paul, ministre communiste, en application du programme du Conseil national de la résistance).
Note d'identité : aucun homonyme problématique n'a été identifié. Le nom « Philippe Page Le Mérour » est associé de façon univoque dans les sources à la CGT-EDF (Fessenheim puis CSEC), ce qui correspond exactement au contexte et aux fonctions du dossier.
Dans la commission
Audité (table ronde des représentants du CSE central d'EDF, 17 janvier 2023). 12 interventions recensées (M. Philippe Page Le Mérour e.a.). Sa thèse centrale : la perte de souveraineté énergétique résulte de la marchandisation de l'électricité, de l'affaiblissement organisé d'EDF et d'une déresponsabilisation générale des acteurs publics.
Positions clés défendues (toutes M. Philippe Page Le Mérour e.a.) :
- Réquisitoire contre le marché : « À partir du moment où l'électricité a été confiée au marché, ce dernier l'a rendue rare et chère. » Il pousse la charge jusqu'à la provocation : « En dehors de la mafia, quel système économique tolèrerait de faire payer un produit dix fois son prix ? »
- Déresponsabilisation : « nul n'est plus responsable du service public de l'électricité en France. »
- Critique de l'Arenh et de la dette d'EDF : la dette serait composée de « trois tiers », l'Arenh étant « responsable d'un tiers de la dette, soit environ 15 milliards », les autres tiers tenant aux dividendes et aux « aventures internationales ». Il pointe l'ouverture du capital : « Entre 2006 et 2009, la dette d'EDF a été multipliée par trois, sans que des investissements sur le réseau ou sur la production hydraulique et nucléaire aient été réalisés. »
- Perte de capacités pilotables : « la perte de 12 gigawatts de capacités pilotables ces dix dernières années » (Fessenheim, Aramon, Porcheville, Le Havre), et une critique de RTE qui « a surestimé la capacité de production pilotable ». Il rappelle l'alerte syndicale de janvier 2017 : « RTE, comme les autres, nous ont ri au nez en prétendant que nous n'y connaissions rien. »
- Fermeture de Fessenheim : avis négatifs unanimes des organisations syndicales au CCE, une mesure jugée non justifiée « par des enjeux économiques, ni de sûreté, ni d'environnement ».
- Perte de compétences et formation : EDF « compte 220 000 salariés [alors qu']il en faudrait 330 000 » ; la fermeture des écoles des métiers « a signé la fin de l'espoir d'un grand nombre de jeunes » ; déclin industriel résumé par « En vingt ans, cinquante-six réacteurs nucléaires ont été construits ; aujourd'hui, en quinze ans, on n'arrive pas à en faire un seul. »
- Opposition au projet Hercule et défense d'un EDF public : il dénonce un « bradage au privé des parties les plus rentables » négocié « en coulisses », s'inquiète que des « actionnaires privés, dont nous ignorerions tant la nationalité que les intentions », contrôlent concessions et barrages, et oppose l'héritage de 1946 à « une étatisation par offre publique d'achat (OPA) édictée par des banques d'affaires ».
Sa ligne est donc une critique syndicale CGT frontale de la libéralisation, plaidant pour le retour à un service public intégré et la sortie du cadre de marché européen.
Sources
- https://lcp.fr/actualites/marche-de-l-electricite-un-scandale-selon-le-secretaire-du-comite-social-et-economique-d
- http://videos.assemblee-nationale.fr/video.12732406_63c6b48f7d03b.souverainete-et-independance-energetique-de-la-france--table-ronde-des-representants-du-comite-soci-17-janvier-2023
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/actualites-accueil-hub/projet-hercule-audition-des-syndicats-d-edf
- https://www.facebook.com/FNMECGT/posts/philippe-page-le-merour-de-la-cgt-%C3%A0-la-centrale-edf-de-fessenheim-nous-faisons-f/10155156834477506/
- https://www.fnme-cgt.fr/index.php/communiques/pour-la-fnme-cgt-le-statut-national-du-personnel-des-ieg-et-le-cadre-int-gr-de-l-entreprise-edf-ne-sont-pas-n-gociables
- https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_nationale_des_mines_et_de_l'%C3%A9nergie_CGT