La part du citoyen
Ségolène Royal

Ségolène Royal

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Marie-Ségolène Royal, nee le 22 septembre 1953 a Dakar (Senegal), est une femme politique francaise affiliee au Parti socialiste (PS). Titulaire d'une licence de sciences economiques, diplomee de l'Institut d'etudes politiques de Paris (1975), elle sort de l'Ecole nationale d'administration en 1980 (promotion Voltaire, aux cotes notamment de Francois Hollande et Dominique de Villepin). Elle est conseillere a l'Elysee aupres du president Francois Mitterrand de 1982 a 1988.

Elue deputee des Deux-Sevres a partir de 1988, elle occupe plusieurs fonctions ministerielles :

Premiere femme a atteindre le second tour d'une election presidentielle francaise, elle est candidate du PS en 2007 et est battue par Nicolas Sarkozy (46,94 %). Comme ministre de l'Energie, elle a porte la loi relative a la transition energetique pour la croissance verte (LTECV), adoptee a l'ete 2015, qui fixe l'objectif de ramener la part du nucleaire dans la production d'electricite a 50 % a l'horizon 2025 et plafonne la capacite nucleaire installee a 63,2 GW. De septembre 2017 a janvier 2020, elle est ambassadrice chargee de la negociation internationale pour les poles arctique et antarctique. Son orientation politique se situe a gauche (PS), avec une sensibilite ecologiste affirmee.

Dans la commission

Auditionnee (audition de Mme Ségolène Royal) en tant qu'ancienne ministre de l'Ecologie, du Developpement durable et de l'Energie, Ségolène Royal defend son bilan energetique et conteste plusieurs lectures critiques de son action. Le dossier corpus est riche (48 interventions) et fait ressortir une posture combative.

Sur le nucleaire et l'objectif de 50 % (LTECV). Elle refuse le clivage pour/contre le nucleaire : « on ne peut pas etre pour ou contre le nucleaire, mais uniquement pour un modele energetique equilibre » (Mme Ségolène Royal). Elle presente l'objectif de 50 % comme « un accord politique entre le Parti socialiste et les Verts » qu'elle juge « pas robuste techniquement » mais qu'elle partage, et le rattache au plafond de capacite : « Compte tenu du plafonnement a 63,2 GW, le plafonnement du nucleaire devait advenir arithmetiquement » (Mme Ségolène Royal).

Sur le nouveau nucleaire. Elle le juge impossible et inutile : « le nouveau nucleaire coute deux fois plus cher que l'ancien nucleaire et que les energies renouvelables [...]. Il ne permet en outre pas de garantir l'independance energetique de la France car nous ne produisons ni plutonium ni uranium » ; et « Pourquoi construire de nouveaux reacteurs alors que l'on peut en redemarrer 13 ? » (Mme Ségolène Royal).

Sur Fessenheim et Flamanville. Elle se defend d'avoir programme une fermeture seche : « le decret prevoyait une fermeture uniquement lors de l'ouverture de Flamanville. C'est le decret suivant qui a supprime cette condition » (Mme Ségolène Royal).

Sur l'ARENH. Position tranchee : « L'ARENH est un scandale [...] a l'interface d'une ideologie liberale [...] et des injonctions europeennes » ; elle denonce des acteurs qui « achetaient a perte, revendaient ensuite cette energie au prix du marche, aligne sur celui du gaz russe » (Mme Ségolène Royal).

Sur l'hydroelectricite et la gouvernance d'EDF. Elle reporte la responsabilite de l'entretien des barrages sur le dirigeant d'EDF, avec une formule cinglante visant Jean-Bernard Levy : « Il ne merite pas d'etre a la tete d'EDF » (Mme Ségolène Royal).

Sur les dechets nucleaires. Opposition viscerale et morale a l'enfouissement : « comment peut-on envisager d'enfouir des dechets dont la duree de vie atteint 100 000 ans, alors meme que les pyramides d'Egypte ont ete oubliees en 3 000 ans ? [...] Je n'ai jamais rien signe en faveur de l'enfouissement » ; « Je ne suis pas venue sur Terre pour cela. Je le refuse, visceralement » (Mme Ségolène Royal).

Sur les renouvelables et la technostructure. Elle souligne la marginalisation historique des renouvelables (« on etait presque considere comme un zombie », Mme Ségolène Royal) et theorise la prise de pouvoir des technocrates « quand des ministres faibles [...] n'ont pas le courage politique de decider » (Mme Ségolène Royal). A noter aussi un echange tendu avec les commissaires (« Je pense que vous vous situez sur une planete un peu vaporeuse », Mme Ségolène Royal) et une defense de memoire selective sur ses declarations de 2011 reprises par Greenpeace (« Je ne me souviens pas de cette declaration de 2011 », Mme Ségolène Royal).

Sources