La part du citoyen
MF

Marie-Pierre Fontanel

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Marie-Pierre Fontanel est directrice des systemes d'information (DSI) du CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Elle a ete nommee directrice de la DSI par interim a compter du 1er mars 2021, apres avoir occupe le poste de directrice adjointe de cette meme direction, ou elle etait responsable des methodes et de l'urbanisation des systemes et pilotait une equipe d'une quarantaine de personnes.

Elle revendique plus de vingt ans d'experience en management d'equipe et gestion de projets dans le domaine des systemes d'information de la recherche et de l'enseignement superieur. Avant de rejoindre le CNRS, elle a notamment travaille a l'Universite Toulouse III - Paul Sabatier (autour de 2005-2011), comme responsable d'un systeme de gestion de l'information encadrant un departement d'ingenieurs et de techniciens. Elle est basee a Toulouse.

A la tete de la DSI, elle a la charge du systeme d'information d'un organisme d'environ 34 000 agents et 1 200 laboratoires, dont le SI dessert de l'ordre de 120 000 utilisateurs. Son mandat recent est marque par des chantiers de sortie des grands fournisseurs americains (GAFAM), notamment la bascule de la messagerie de Microsoft Exchange vers une solution libre operee par Renater.

Note : son parcours de formation academique precis n'est pas etabli de facon fiable dans les sources publiques accessibles ; la fiche s'en tient donc aux fonctions et employeurs documentes.

Dans la commission

Marie-Pierre Fontanel est auditionnee (des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche), dans le cadre d'une table ronde reunissant les directeurs des systemes d'information d'organismes de recherche (CNRS et CEA notamment). Elle temoigne en praticienne : celle qui, cote CNRS, doit concretement executer les injonctions de souverainete sur un SI existant, avec ses contraintes de couts, de contrats et de dette technique.

Sa these centrale : la souverainete est un objectif juste mais entrave par le verrouillage des grands fournisseurs. Elle pointe la contradiction entre la trajectoire commerciale des editeurs et les exigences politiques : « Microsoft nous pousse vers le cloud a partir de 2029, ce qui est orthogonal avec les injonctions de souverainete. » (des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche)

Le verrouillage (lock-in) n'est pas qu'americain, et il est couteux a defaire. Elle illustre par le cas SAP : « Sortir de SAP quand on l'utilise depuis vingt ans, avec des developpements specifiques, est extremement complique. Le verrouillage n'est pas lie qu'aux constructeurs americains. » (des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche)

Mais la sortie des GAFAM peut etre economiquement gagnante. Elle avance des chiffres concrets sur la messagerie : « Pour la messagerie, c'etait, de memoire, 3 millions d'euros annuels. En basculant chez Renater, cela nous coutera 600 000 euros par an. Economiquement, il est extremement avantageux de passer sur du libre pour ces sujets. » (des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche)

Sur l'IA, un volontarisme lucide mais inquiet. Elle rappelle l'objectif fixe en interne : « L'objectif du PDG du CNRS etait simple : que les agents du CNRS n'utilisent plus ChatGPT pour leur travail. » (des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche) Tout en soulignant la fragilite de l'alternative nationale : « En matiere d'intelligence artificielle, s'il n'y avait pas Mistral, il n'y aurait personne d'autre en France », et « Qui nous dit que demain, Mistral ne se fera pas rachete par des Americains ? » (des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche)

Le constat resigne d'une marge de manoeuvre limitee. Sa formule la plus frappante resume l'etau : « quand on n'a plus le choix, on est parfois oblige de passer par des systemes americains, en esperant ne pas etre contraints de passer par des systemes chinois par la suite. » (des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche)

Au total, ses 7 interventions dessinent une ligne : soutien de fond a la souverainete numerique, mais insistance sur les obstacles operationnels concrets (contrats, couts de migration, developpements specifiques, dependance a un ecosysteme europeen encore fragile) que le politique tend a sous-estimer.

Sources