Élise Lucet
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Élise Lucet est une journaliste et présentatrice de télévision française, née le 30 mai 1963 à Rouen (Seine-Maritime), fille d'enseignants. Titulaire d'un baccalauréat scientifique, elle entame brièvement des études à l'université de Caen puis se forme au métier par la pratique, sans passer par une école de journalisme.
Elle débute en 1983 comme journaliste à FR3 Caen (jusqu'en 1986), collabore à La Marche du siècle (Antenne 2, 1987-1988), puis rejoint la rédaction nationale de FR3 (1988-1990). À partir de 1990, elle coprésente puis présente le 19/20 de France 3 (jusqu'en 2005). En parallèle, elle anime des programmes scientifiques (Nimbus, Science 3) dans les années 1990, puis crée et présente le magazine d'investigation Pièces à conviction sur France 3 (2000-2011).
De septembre 2005 à avril 2016, elle présente le Journal de 13 heures de France 2. En avril 2012, elle lance le magazine d'enquête Cash Investigation (France 2), avec Laurent Richard et Jean-Pierre Canet, qu'elle continue de présenter. Depuis 2016, elle présente également Envoyé spécial (France 2). Figure du journalisme d'investigation au sein de France Télévisions, elle est spécialisée dans les enquêtes économiques, sociales et environnementales, souvent conflictuelles avec de grandes entreprises et des responsables publics.
Elle a été faite chevalier de la Légion d'honneur (promotion de 2007, remise en 2008) — distinction qu'elle déclare ne jamais porter, par attachement à son indépendance de journaliste. Cash Investigation et ses équipes ont reçu de nombreuses récompenses françaises et internationales ; elle a notamment reçu le prix d'éthique d'Anticor en 2015.
Dans la commission
Auditionnée (référence Mme Élise Lucet), Élise Lucet intervient très largement (74 interventions recensées) : c'est une audition dense, où elle défend pied à pied l'indépendance et les méthodes de l'investigation au service public, tout en repoussant les mises en cause du rapporteur.
Sa thèse centrale : l'investigation libre n'est possible qu'au service public. « Le seul endroit où nous, journalistes, pouvons réaliser de telles enquêtes, c'est le service public audiovisuel, sans intervention politique ni économique d'aucune sorte, parce que notre indépendance est notre totem. "Cash investigation" ne pourrait pas exister ailleurs qu'à France Télévisions. » (Mme Élise Lucet). Elle érige la confiance du public en gage de légitimité — « c'est d'ailleurs le cas pour 73 % des Français – un record » (Mme Élise Lucet) — et décrit une coupure hermétique entre la rédaction et la direction, qui absorbe les pressions : « La présidente de France Télévisions dit toujours [...] "Je préfère perdre une campagne de pub plutôt que la réputation d'indépendance du journalisme de France Télévisions" » (Mme Élise Lucet).
Défense des méthodes. Elle assume la caméra cachée comme dernier recours et sous contrôle : « nous ne décidons d'utiliser les caméras cachées qu'en dernier recours » ; « on ne diffuse jamais des images d'une caméra cachée qu'un inconnu nous aurait confiées » (Mme Élise Lucet). Sur les interpellations au domicile, elle dresse une ligne personnelle : elle-même ne s'y rend pas, tout en défendant ses journalistes qui l'ont fait à titre exceptionnel (Mme Élise Lucet).
Réponses aux mises en cause. Sur son salaire, elle revendique la transparence — « Cette rémunération [...] est visée par un contrôleur d'État, qui dépend de Bercy » (Mme Élise Lucet) — tout en refusant de le chiffrer oralement. Sur la production, elle défend l'équilibre 50 % interne / 50 % externe sans « volume deal » (Mme Élise Lucet). Elle récuse tout biais idéologique et toute « obsession » de l'Église catholique, renvoyant le prisme au rapporteur. Elle se pose en juge et partie sur une éventuelle enquête interne : « je ne pense pas être dans la meilleure position pour réaliser une investigation sur France Télévisions [...] je serais à la fois juge et partie » (Mme Élise Lucet).
Passe d'armes avec le rapporteur. Elle conteste frontalement le vocabulaire employé : « vous avez, à plusieurs reprises, affirmé que France Télévisions était en "quasi-faillite". Or, dans les 166 pages du rapport de la Cour des comptes, les mots "quasi-faillite" ou "faillite" n'apparaissent jamais » (Mme Élise Lucet). Le ton est parfois cinglant, y compris sur sa propre préparation : « Non, pas du tout de société privée de coaching – je le dis sous serment » (Mme Élise Lucet). Elle mentionne enfin sa Légion d'honneur pour dire qu'elle ne la porte jamais, par respect pour les résistants et vétérans interviewés (Mme Élise Lucet).
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lise_Lucet
- https://en.wikipedia.org/wiki/%C3%89lise_Lucet
- https://www.ozap.com/personnalite/elise-lucet_e937
- https://www.celles-qui-osent.com/biographie-elise-lucet/