Les 21 accusations et points de tension soulevés pendant la commission, chacun ramené à ce que les auditions établissent. Cliquez une carte pour en ouvrir le détail.
Pourquoi cette page ?
Le sujet n'est pas de désigner qui a raison. C'est que les polémiques polluent le débat public. L'audiovisuel public est un outil qui nous appartient, à nous citoyens ; pour en décider, il faut les idées claires — et ces accusations, relayées par les partis et les médias, empêchent d'y voir clair. Cette page fait le tri, sur pièces, pour qu'on puisse enfin parler du fond.
Le constat est sévère des deux côtés : beaucoup d'accusations restent « non tranchées », ni prouvées ni levées. C'est un échec partagé — accuser sans résoudre, ou être accusé sans se laver. Le devoir de chacun est de trancher : quitte à ce que la justice s'en mêle (diffamation si c'est infondé, sanction si c'est fondé). Rester dans le flou n'aide personne. Ici, chaque accusation est ramenée à ce que les auditions établissent — et à ce qu'il manque pour conclure.
RéfutéeFrance Télévisions aurait entravé la commission et retenu volontairement des données, par analogie avec les difficultés d'accès aux documents décrites par…
M. Charles Alloncle→France Télévisions
Voir le détail →France Télévisions aurait entravé la commission et retenu volontairement des données, par analogie avec les difficultés d'accès aux documents décrites par les experts du CEDAET.
Le fait établiLa transmission des documents a été lente et incomplète (premiers documents plus d'un mois après la demande, moins de 20 % au 9 janvier) puis a progressé à environ 90 % (≈un million de pages) ; des contraintes logistiques et des documents imparfaits sont réels.
À chargeJe vous avoue être confronté, en tant que rapporteur, aux mêmes obstacles, qui sont d'ailleurs inédits dans le déroulement d'une commission d'enquête. Je déplore moi aussi des freins dans la transmission des documents ainsi qu'une mauvaise qualité de certaines données transmises.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Nicolas Bouhdjar
le 9 janvier, soit plus d'un mois et demi après mes premières demandes, je ne disposais que de moins de 20 % des documents demandés à France Télévisions.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Nicolas Bouhdjar
En tant que rapporteur de la commission d'enquête, je suis confronté au même type d'entrave de la part de la direction de France Télévisions, je l'ai dit.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Nicolas Bouhdjar
À décharge / nuanceNous sommes plus nuancés que vous sur la notion d'entrave. S'agissant des délais de transmission des documents, nous n'avons eu aucune difficulté à les obtenir, y compris lorsque nous en avons demandé de nouveaux en cours d'expertise.
— Mme Mickaële Lantin-Mallet (CEDAET) · M. Nicolas Bouhdjar
nous n'avons pas pu prouver, dans le cadre de notre expertise, que la direction de France Télévisions détenait des données qu'elle n'aurait pas mises à notre disposition.
— Mme Mickaële Lantin-Mallet (CEDAET) · M. Nicolas Bouhdjar
nous avons parlé de freins documentaires mais pas d'entrave, ce qui, dans notre métier, a une signification particulière.
— M. Nicolas Bouhdjar (CEDAET) · M. Nicolas Bouhdjar
Gardons-nous de faire des comparaisons et de parler d'entrave à ce stade. J'accompagne le rapporteur et je fais en sorte qu'il obtienne tous les documents qu'il souhaite ; il en a déjà reçu 90 %, soit 1 million de pages, qu'il doit désormais exploiter et j'ai demandé que les administrateurs qui l'accompagnent puissent y avoir accès.
— M. le président Jérémie Patrier-Leitus · M. Nicolas Bouhdjar
RéfutéeLe passage de Takis Candilis entre France Télévisions (n°2, 2018-2020) et Banijay s'apparenterait à un « délit d'initié », voire à une prise illégale…
M. Charles Alloncle→Takis Candilis
Voir le détail →Le passage de Takis Candilis entre France Télévisions (n°2, 2018-2020) et Banijay s'apparenterait à un « délit d'initié », voire à une prise illégale d'intérêts.
Le fait établiCandilis, ex-dirigeant de Banijay, fut numéro deux de France Télévisions avant d'y revenir, et les contrats de Banijay avec France Télévisions ont augmenté (montant exact contesté).
À chargeSi vous me permettez cette comparaison avec les marchés financiers, cela pourrait s'apparenter à un délit d'initié. En tant que numéro deux du groupe, vous aviez accès aux informations les plus névralgiques – montants, clauses, concurrence : vous aviez accès à tout !
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Takis Candilis
Nous avons interrogé Mme Ernotte sur ce cas et sur d'autres situations comparables, comme celle de Mme Darrigrand, chez Together Medias, qui peuvent s'apparenter à des pantouflages, voire à des prises illégales d'intérêts.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Vincent Bolloré
À décharge / nuanceJe n'ai en aucun cas, jamais – je le déclare fermement sous serment –, conseillé Banijay sur un contrat ou sur le montant d'une production, quelle qu'elle soit. Que ce soit bien clair : je ne l'aurais jamais fait et je ne l'ai jamais fait.
— M. Takis Candilis · M. Takis Candilis
Je précise qu'il n'y a pas de régime dérogatoire pour France Télévisions ou Radio France : la loi encadre les allers et retours des agents publics et des élus mais ces règles, notamment inscrites dans le code pénal, ne s'appliquent pas aux salariés des entreprises publiques.
— M. le président Jérémie Patrier-Leitus · M. Takis Candilis
RéfutéeFrance Télévisions aurait organisé, via un media training (société privée ou cellule interne), une obstruction « longue, technique, lénifiante » destinée…
M. Charles Alloncle→France Télévisions et ses salariés auditionnés
Voir le détail →France Télévisions aurait organisé, via un media training (société privée ou cellule interne), une obstruction « longue, technique, lénifiante » destinée à neutraliser les questions de la commission.
Le fait établiUn article du Parisien (8 février 2026) prête cette consigne ; les auditionnés reconnaissent s'être préparés (relecture des dossiers, échanges internes), ce qui relève d'une préparation ordinaire.
À chargeOn y apprend qu'on vous conseille de « faire long, chiant, technique et lénifiant » pour nous répondre, pour essayer de neutraliser un certain nombre de nos questions.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Alexandre Dureux
Au cours de ces media trainings , on apprend « à ne pas révéler le montant de son salaire à l'oral », mais à « faire chiant, élargir les sujets au maximum, être technique et lénifiant. »
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Tristan Waleckx
À décharge / nuanceJe vais couper court au fantasme : aucune société privée ne vient faire de media training . On se prépare, entre nous parce que c'est notre rôle.
— M. Tristan Waleckx · M. Tristan Waleckx
Vous avez posé la même question à Mme Lucet mardi dernier et je confirme qu'aucune société extérieure n'intervient – je n'en ai pas bénéficié et je n'en ai jamais entendu parler.
— M. Tristan Waleckx · M. Tristan Waleckx
afin qu'elles fassent « chiant, technique et lénifiant », mais rassurez-vous, ce n'était absolument pas votre cas, et je vous remercie de nous apporter des réponses synthétiques et efficaces
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Tristan Waleckx
je n'ai pas été reçue au siège de France Télévisions, je n'ai pas été briefée, je n'ai pas été préparée.
— Mme Diane Saint-Réquier · M. Alexandre Dureux
Non tranchéeDes journalistes du service public (« Complément d'enquête ») auraient proposé, via un tiers, de payer un proche de la ministre Rachida Dati pour obtenir…
Mme Rachida Dati, ministre de la culture→Les journalistes de « Complément d'enquête »
Voir le détail →Des journalistes du service public (« Complément d'enquête ») auraient proposé, via un tiers, de payer un proche de la ministre Rachida Dati pour obtenir des éléments à charge contre elle.
Le fait établiMme Dati a formulé et maintenu cette accusation sous serment ; dans son propre récit, l'approche passe par un tiers « journaliste indépendant » et le proche aurait refusé — donc ni paiement effectué ni source achetée, même selon elle.
À chargeIl y a un journaliste, qui est passé par un journaliste tiers qui s'est présenté auprès d'un membre de ma famille en se présentant comme un journaliste indépendant et en disant : ''si vous avez, évidemment, des choses très à charge concernant Mme Dati, on est prêt même à vous indemniser s'il le faut''. Voilà, je le maintiens, je le maintiens
— Mme Rachida Dati · Mme Rachida Dati
Ils ont proposé, via un tiers, à un membre de ma famille de le payer s'il fournissait des informations.
— Mme Rachida Dati · Mme Rachida Dati
À décharge / nuanceJe démens cela catégoriquement et sous serment.
— M. Tristan Waleckx · M. Tristan Waleckx
Jamais je n'ai monnayé un témoignage, ni même tenté de monnayer un témoignage.
— M. Louis Milano-Dupont · M. Tristan Waleckx
j'ai reçu un mail il y a quelques jours d'un proche de Mme Dati, qui a vu l'audition de la ministre de la culture et qui s'est reconnu dans les propos qui ont été tenus ici.
— M. Louis Milano-Dupont · M. Tristan Waleckx
Ce sont des échanges privés qui concernent un tiers, je n'ai pas d'obligation de les remettre. Il ne le souhaite pas, je ne le fais pas. Je vous le dis simplement, voilà. S'il y a une procédure judiciaire, je pourrai les produire. Je ne le ferai pas dans le cadre de la commission d'enquête.
— Mme Rachida Dati · Mme Rachida Dati
Ce qui manque pour trancherLes échanges écrits que Mme Dati dit détenir mais refuse de produire à la commission ; aucune pièce matérielle n'a été versée d'un côté comme de l'autre, les journalistes opposant des démentis sous serment tout aussi invérifiables.
Non tranchéeUne « cellule » de France Télévisions, financée par des fonds publics, aurait coaché les auditionnés et leur aurait transmis les questions à l'avance.
M. Charles Alloncle→France Télévisions
Voir le détail →Une « cellule » de France Télévisions, financée par des fonds publics, aurait coaché les auditionnés et leur aurait transmis les questions à l'avance.
Le fait établiUn article du Parisien (8 février 2026) décrit une « cellule » de préparation des auditionnés ; un syndicaliste rapporte l'existence d'une « cellule institutionnelle » de trois cadres. La préparation d'auditionnés est banale et reconnue.
À chargeOn y apprend que les personnes auditionnées sont extrêmement préparées, qu'une cellule a été mise en place par France Télévisions et que des consignes ont été passées. Des mémentos et des vade-mecum ont été transmis à l'ensemble des personnes auditionnées chez France Télévisions.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Jean-Jacques Cordival
Oui, nous sommes au courant de l'existence de ce que l'on appelle une « cellule institutionnelle ». Pour nous, elle se compose de trois membres de la direction de France Télévisions, payés par l'argent du contribuable, qui préparent chaque salarié aux réponses à vous apporter.
— M. Jean-Jacques Cordival (SNPCA-CGC) · M. Jean-Jacques Cordival
À décharge / nuanceOn nous a même affirmé, et j'attends d'en avoir la confirmation, que les questions étaient transmises à l'avance. Si nous en obtenions la preuve, ce serait un véritable scandale.
— M. Jean-Jacques Cordival (SNPCA-CGC) · M. Jean-Jacques Cordival
Je ne pense pas que ce soit possible ; donc je vous dis, à ma connaissance, aucune.
— M. Christian Vion (France Télévisions) · M. Christian Vion
si des moyens importants sont mis en œuvre pour préparer les personnes auditionnées, ce qui est normal, encore faut-il savoir si des sociétés privées ont été mandatées et quel a été le coût ?
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Jean-Jacques Cordival
Ce qui manque pour trancherLa preuve de la transmission des questions à l'avance — présentée comme non confirmée par le témoin qui la rapporte — et une confrontation avec la direction de France Télévisions, absente de cette audition.
Non tranchéeDes évictions à France Télévisions (David Pujadas du 20 heures, Alexandre Kara de la direction de l'information) auraient été motivées par l'idéologie ou…
M. Charles Alloncle→Delphine Ernotte / direction de France Télévisions
Voir le détail →Des évictions à France Télévisions (David Pujadas du 20 heures, Alexandre Kara de la direction de l'information) auraient été motivées par l'idéologie ou une discrimination (« hommes blancs de plus de 50 ans ») plutôt que par la performance.
Le fait établiDavid Pujadas a été remplacé après seize ans à la tête du 20 heures de France 2 ; Delphine Ernotte avait évoqué en 2015 une « télévision d'hommes blancs de plus de 50 ans ».
À chargeon voit que votre éviction a été motivée par une étude d'empathie et non par des critères de performance et d'audience
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Laurent Guimier
Est-ce que, au fond, vous n'avez pas été mis à pied du journal de 20 heures de France 2 parce que vous étiez un homme de plus de 50 ans – et blanc, probablement ?
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Laurent Guimier
N'est-ce pas la preuve que beaucoup de décisions prises à France Télévisions le sont sur la base, non pas de résultats objectifs, mais d'un projet de société ou, pire encore, d'une triple discrimination ?
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Alexandre Kara
À décharge / nuanceSeize ans, c'est long, et c'était son droit le plus strict. Cela n'a pas été un drame.
— M. David Pujadas · M. Laurent Guimier
je pense que Delphine Ernotte avait envie, effectivement, de prendre un certain nombre de décisions symboliques pour féminiser l'antenne.
— M. David Pujadas · M. Laurent Guimier
En ce qui me concerne, je suis un mâle blanc de plus de 50 ans, et je suis resté quatre ans à la direction de l'information, en toute liberté.
— M. Alexandre Kara (France Télévisions) · M. Alexandre Kara
Ce qui manque pour trancherUne preuve que ces départs procèdent d'une discrimination ou d'un « projet de société » plutôt que d'un choix éditorial légitime : l'intéressé (Pujadas) refuse lui-même d'y voir un scandale et Kara se donne en contre-exemple.
Non tranchée« Complément d'enquête » aurait censuré l'ancien ambassadeur Xavier Driencourt, sous une éventuelle pression algérienne, en écartant son interview du…
M. Charles Alloncle→« Complément d'enquête »
Voir le détail →« Complément d'enquête » aurait censuré l'ancien ambassadeur Xavier Driencourt, sous une éventuelle pression algérienne, en écartant son interview du reportage.
Le fait établiXavier Driencourt a été interviewé plus de deux heures et n'apparaît pas dans le reportage diffusé.
À chargepourquoi avoir décidé de censurer Xavier Driencourt alors qu'il a répondu à vos questions pendant plus de deux heures ?
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Tristan Waleckx
À décharge / nuanceIl n'a pas été censuré. Son interview ne figurait même pas au montage.
— M. Tristan Waleckx · M. Tristan Waleckx
Le complotisme, ce n'est pas seulement inventer des faits ; cela peut consister aussi à ne prendre qu'une partie des faits pour essayer de les tordre et pour prouver son a priori et sa théorie de départ.
— M. Tristan Waleckx · M. Tristan Waleckx
il n'est pas acceptable qu'un pays étranger s'en prenne à une émission de télévision française, à un média français et à des journalistes français.
— M. le président Jérémie Patrier-Leitus · M. Tristan Waleckx
Ce qui manque pour trancherUne pièce établissant une décision de censure et/ou une pression algérienne : l'accusé nie sous serment (l'interview « ne figurait même pas au montage »), sans que rushes ou notes ne soient produits de part et d'autre.
Non tranchéeSous couvert d'humour, France Inter diffuserait du militantisme politique partisan, voire des appels à la violence (chroniques de Guillaume Meurice…
M. Charles Alloncle→France Inter / Radio France
Voir le détail →Sous couvert d'humour, France Inter diffuserait du militantisme politique partisan, voire des appels à la violence (chroniques de Guillaume Meurice, Jessé, François Morel) ; le licenciement de Meurice aurait sanctionné ses opinions.
Le fait établiDes chroniques au ton violent ou insultant ont bien été diffusées (Jessé, François Morel) ; Guillaume Meurice a été licencié après la réitération d'une blague visée par l'Arcom.
À chargeTrouvez-vous drôle et convenable qu'un humoriste appelle à des viols, à des violences contre des femmes, sous prétexte qu'elles sont blanches ?
— M. Charles Alloncle, rapporteur · Mme Adèle Van Reeth
l'on ne sait plus d'où les gens parlent. On ne sait plus si on a affaire à un humoriste ou à un militant politique.
— M. le président Jérémie Patrier-Leitus · Mme Emmanuelle Daviet
À décharge / nuanceJe n'ai pas licencié M. Guillaume Meurice en raison de son billet d'humour, mais à cause de la déloyauté de son comportement à l'égard de l'entreprise.
— Mme Sibyle Veil · Mme Sibyle Veil
on ne vire pas un humoriste pour une mauvaise blague faite à un mauvais moment
— Mme Adèle Van Reeth, directrice de France Inter · Mme Adèle Van Reeth
Jusqu'à preuve du contraire, le droit à l'humour est absolu, dans notre pays.
— M. le président Jérémie Patrier-Leitus · Mme Adèle Van Reeth
Nous avons fait le calcul : l'humour représente à peu près 2,7 % du temps d'antenne de France Inter.
— Mme Sibyle Veil · Mme Sibyle Veil
Ce qui manque pour trancherLe partage, non tranché par la commission, entre humour protégé (droit rappelé comme « absolu » par le président) et militantisme politique ; les propos cités sont « non établis par la commission » et le motif du licenciement de Meurice (déloyauté vs opinions) reste contesté.
Non tranchéeLes nuitées de dirigeants de France Télévisions au palace Le Majestic pendant le Festival de Cannes (suites à ≈1 700 €/nuit) auraient été financées par de…
M. Charles Alloncle→Delphine Ernotte et d'autres dirigeants de France Télévisions
Voir le détail →Les nuitées de dirigeants de France Télévisions au palace Le Majestic pendant le Festival de Cannes (suites à ≈1 700 €/nuit) auraient été financées par de l'argent public et relèveraient d'une prise illégale d'intérêts.
Le fait établiDes dirigeants ont séjourné au Majestic pendant le Festival ; le financement passe par le « barter » (échange d'espaces publicitaires invendus). La Cour des comptes rapporte que les frais ont été « financés non pas sur fonds publics mais par un groupe privé ». Une information judiciaire a par ailleurs été ouverte contre D. Ernotte (abus de biens sociaux, recel).
À chargeIl semblerait que vous ayez, comme Mme Ernotte, séjourné pendant une dizaine de nuits, en 2023, dans le palace Le Majestic de Cannes, où certaines suites coûtent 1 700 euros la nuit.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Manuel Alduy e.a.
ces échanges se font auprès d'acteurs privés, qui apportent ainsi leur concours pour permettre aux dirigeants de France Télévisions de loger à Cannes ; ce qui veut dire qu'il peut y avoir une forme de prise illégale d'intérêts.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Christian Vion
Il est impossible, madame la députée, qu'aucun argent public n'ait été engagé dans cette opération.
— M. Jean-Jacques Cordival (SNPCA-CGC) · M. Jean-Jacques Cordival
À décharge / nuancepas un seul euro d'argent public n'a été dépensé pour régler le coût des chambres d'hôtel des dirigeants de France Télévisions à Cannes.
— Mme Delphine Ernotte Cunci · Mme Delphine Ernotte Cunci
La réponse qui nous a été fournie est que les frais d'hébergement des quatre dirigeants visés avaient été financés non pas sur fonds publics mais par un groupe privé.
— M. Nacer Meddah (Cour des comptes) · M. Nacer Meddah
Je vous confirme donc, sous serment, que ce n'est pas avec de l'argent public que nous finançons des achats dans le système du barter .
— M. Christian Vion (France Télévisions) · M. Christian Vion
Un invendu publicitaire, un espace publicitaire que je ne peux pas vendre à des tarifs normaux, pardon de le dire, il vaut zéro.
— Mme Delphine Ernotte Cunci · Mme Delphine Ernotte Cunci
Ce qui manque pour trancherL'issue de l'information judiciaire ; une évaluation de la valeur réelle des espaces publicitaires « invendus » échangés (le rapporteur et la CGC y voient de l'argent public, la direction une valeur nulle) — question non tranchée en séance, malgré le constat de la Cour des comptes sur l'absence de fonds publics directs.
Non tranchéeDes dirigeants de France Télévisions bénéficieraient d'emplois fictifs ou de « placards » rémunérés sur fonds publics — cas nommé : Arnaud Ngatcha (≈100…
M. Charles Alloncle→Arnaud Ngatcha
Voir le détail →Des dirigeants de France Télévisions bénéficieraient d'emplois fictifs ou de « placards » rémunérés sur fonds publics — cas nommé : Arnaud Ngatcha (≈100 000 €, cumulé à un mandat d'adjoint à la maire de Paris).
Le fait établiArnaud Ngatcha est directeur à France Télévisions et adjoint à la maire de Paris (cumul légal), pour un salaire d'environ 100 000 € ; une plainte a été déposée au PNF par l'association Transparence citoyenne.
À chargeDe lourdes suspicions d'emploi fictif pèsent sur cette personne. Avez-vous pu enquêter sur son rôle et l'effectivité de ses missions ?
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Nacer Meddah
Elle vous accuse de bénéficier d'un emploi fictif à France Télévisions où vous percevez un salaire annuel d'environ 100 000 euros sans preuve d'activité concrète
— M. Philippe Ballard, président de séance (exposant la plainte de Transparence citoyenne) · M. Yannick Letranchant
Ce que nous nous engageons à faire, c'est à vous donner une liste de directeurs qui sont dans des placards. Il n'y a pas d'autres mots.
— M. Jean-Jacques Cordival (SNPCA-CGC) · M. Jean-Jacques Cordival
À décharge / nuanceNous n'avons aucune suspicion particulière ni ne faisons de procès d'intention.
— M. Nacer Meddah (Cour des comptes) · M. Nacer Meddah
Je réfute ces accusations !
— M. Arnaud Ngatcha (France Télévisions) · M. Yannick Letranchant
Je ne cumule pas d'activités. D'un côté, j'exerce une activité professionnelle et de l'autre, j'ai un mandat. Vous ne pouvez pas dire qu'il s'agit d'un cumul d'activités.
— M. Arnaud Ngatcha (France Télévisions) · M. Yannick Letranchant
Ce qui manque pour trancherUne enquête sur l'effectivité réelle des missions (la Cour des comptes refuse de reprendre le terme « emploi fictif ») ; la liste des « placards » promise par le syndicat, non versée ; l'issue de la plainte au PNF.
Non tranchéeMartin Ajdari (Arcom, ancien dirigeant de France Télévisions) aurait signé un protocole transactionnel payant le silence d'une salariée qui dénonçait des…
M. Charles Alloncle→Martin Ajdari
Voir le détail →Martin Ajdari (Arcom, ancien dirigeant de France Télévisions) aurait signé un protocole transactionnel payant le silence d'une salariée qui dénonçait des agressions sexuelles.
Le fait établiUne transaction de fin de conflit du travail comportant une clause de confidentialité, signée par Martin Ajdari, a été lue en séance par le rapporteur.
À chargeCe protocole, c'est vous qui l'avez signé.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Martin Ajdari
À décharge / nuanceLa clause de confidentialité dont vous avez donné lecture est une clause parfaitement classique dans les transactions de fin de conflit de travail individuel : il y en a des centaines, des milliers tous les ans.
— M. Martin Ajdari (Arcom) · M. Martin Ajdari
plutôt que de les découvrir au fur et à mesure que vous les feuilletonnez, semblant souhaiter me mettre en défaut, en quelque sorte.
— M. Martin Ajdari (Arcom) · M. Martin Ajdari
Ce qui manque pour trancherLa preuve que cette clause visait à « acheter le silence » sur des agressions sexuelles : Ajdari, sans souvenir précis (seize ans), y voit une clause classique, et la nature réelle du litige n'est pas établie en séance.
Non tranchéeLe pantouflage de dirigeants de France Télévisions vers des sociétés de production (Takis Candilis→Banijay ; Nathalie Darrigrand→Together Media…
M. Charles Alloncle→Takis Candilis, Nathalie Darrigrand, Catherine Alvaresse
Voir le détail →Le pantouflage de dirigeants de France Télévisions vers des sociétés de production (Takis Candilis→Banijay ; Nathalie Darrigrand→Together Media ; Catherine Alvaresse→KM Production) s'accompagnerait d'un favoritisme dans l'attribution des contrats et d'un « pacte » implicite indemnité de départ + reclassement.
Le fait établiLes contrats de Banijay avec France Télévisions ont augmenté (≈+37-40 % en deux ans après l'arrivée de Candilis) ; ceux de KM Production ont été multipliés par 23 l'année de l'arrivée d'Alvaresse ; des indemnités de départ élevées (≈400 000 € pour Darrigrand) ont précédé un passage chez des producteurs travaillant avec France Télévisions ; Candilis a fait l'objet de 31 procédures de déport.
À chargeDès 2018, Banijay a vu le montant de ses contrats avec France Télévisions augmenter de 8 millions d'euros ; en 2019, de 11 millions encore, soit une hausse de près de 30 % de son chiffre d'affaires avec France Télévisions.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Vincent Bolloré
sa filiale KM Production avait signé des contrats avec France Télévisions à hauteur de 46 000 euros en 2022, 0 euro en 2023 et 1,069 million d'euros en 2024, l'année de votre arrivée à sa présidence. Cela représente une multiplication par vingt-trois
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Takis Candilis
l'indemnité de départ, de l'ordre de 400 000 euros, n'est qu'une partie d'un accord plus large. L'autre partie du « deal », c'est l'assurance de retrouver un emploi
— M. Jean-Jacques Cordival (SNPCA-CGC) · M. Jean-Jacques Cordival
Est-ce qu'il y a un rapport de cause à effet entre le fait que M. Takis Candilis, de Banijay, ait favorisé Nagui sur ces prime time par rapport à moi ? C'est à vous de le déterminer.
— M. Patrick Sébastien · M. Jacques Cardoze
À décharge / nuanceJe le redis, ce n'est pas moi qui décidais du moindre programme qui était mis à l'antenne.
— M. Takis Candilis · M. Takis Candilis
je ne crois pas qu'il puisse y avoir une ambiguïté, car j'ai l'esprit bienveillant. Je considère que les gens font plutôt les choses avec honnêteté. On peut toujours voir le mal partout mais je ne pense pas que ce soit vrai, et les faits le prouvent, heureusement.
— M. Stéphane Courbit (Banijay Group) · M. Stéphane Courbit
À partir du moment où j'ai été licenciée de France Télévisions, je n'y avais plus du tout accès. Ce n'était plus moi qui prenais les décisions concernant les programmes. En aucun cas, il n'y a conflit d'intérêts.
— Mme Nathalie Darrigrand (Together Media) · M. Benjamin Oulahcene
Je n'affirme rien, je pose juste une question.
— M. Patrick Sébastien · M. Jacques Cardoze
Il faut être très clair : la loi l'autorise.
— M. le président Jérémie Patrier-Leitus · M. Benjamin Oulahcene
Ce qui manque pour trancherUne preuve du lien causal (que ces dirigeants ont influencé l'attribution des contrats) ou d'un « pacte » indemnité-reclassement : les intéressés le nient sous serment, les déports ont fonctionné (31 pour Candilis) et Courbit affirme que les chiffres ont évolué après leur départ.
PartielleLa séquence filmée le 7 juillet 2025 dans un café — Thomas Legrand y déclarant « Nous on fait ce qu'il faut pour Dati, Patrick et moi » devant deux cadres…
M. Charles Alloncle→Thomas Legrand et Patrick Cohen
Voir le détail →La séquence filmée le 7 juillet 2025 dans un café — Thomas Legrand y déclarant « Nous on fait ce qu'il faut pour Dati, Patrick et moi » devant deux cadres du Parti socialiste, Patrick Cohen à ses côtés et silencieux — prouverait que des journalistes du service public ont mis leur fonction au service d'un parti pour désavantager une candidate aux municipales.
Le fait établiLegrand a bien prononcé la phrase et ne la nie pas ; un constat d'huissier atteste que les sous-titres de la vidéo sont conformes aux rushes. La vidéo comporte plusieurs points de montage (huit à onze selon les sources), Cohen ne dit rien d'audible dans l'extrait, et au 7 juillet 2025 Legrand n'était plus lié par un contrat régulier à France Inter.
À chargeIl ne s'agissait pas d'un simple échange informel entre journalistes et politiques, comme il en existe tous les jours, mais d'une rencontre à caractère politique visant à définir une ligne éditoriale dans le but de désavantager une candidate aux élections municipales.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Patrick Cohen
J'ai dit que le constat d'huissier révélait dix points de montage qui n'altéraient en rien la véracité des propos prêtés à Monsieur Legrand, ni celle de l'intégralité des propos issus de ce contexte.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Patrick Cohen
un journaliste peut-il « faire ce qu'il faut », c'est-à-dire utiliser sa fonction pour influencer une élection et, en l'occurrence, soutenir le Parti socialiste contre une candidate qui est par ailleurs votre ministre de tutelle ?
— Mme Virginie Duby-Muller (DR) · M. Patrick Cohen
À décharge / nuance« Je constate que les sous-titres précités sont conformes aux rushs qu'il m'a été donné de voir et d'entendre ce jour. » En clair, les sous-titres correspondent aux paroles, c'est tout.
— M. Patrick Cohen · M. Patrick Cohen
je n’étais pas payé par Radio France à ce moment-là ! Je suis salarié de Libération . Ma dernière pige, qui est en fait un contrat de grille, allait de septembre 2024 à juin 2025. Pour la suite, j’ai touché une pige de 400 euros pour mon premier et unique débat du 1 er septembre dernier. Je n’étais donc pas payé par Radio France au moment de cette vidéo et je ne donnais pas davantage de conseils : tout ce qui était dit dans cette vidéo reprenait en fait des papiers qui sont dans Libération ; c’est public, pour tous ceux qui l’ont lu.
— M. Thomas Legrand · M. Thomas Legrand
il n'a aucune influence sur ce qui passe à l'antenne, à tel point qu'on pourrait même qualifier ce qu'il a dit de fanfaronnade – puisque vous n'avez visiblement pas apprécié le mot « maladresse ». Il n'a pas de pouvoir sur la ligne éditoriale de France Inter.
— Mme Sibyle Veil · Mme Sibyle Veil
Je vous mets au défi de trouver un acte public par lequel j'aurais pu, dans l'exercice de mon métier, discréditer cette personnalité ou lui nuire
— M. Patrick Cohen · M. Patrick Cohen
Ce qui manque pour trancherUn acte public de Legrand ou Cohen ayant réellement mis l'antenne au service d'un parti ; le constat d'huissier certifie la conformité des sous-titres aux paroles, non l'absence de montage ni une collusion, et le président déclare lui-même ne pas le détenir.
PartielleEn s'affirmant « radio progressiste » (Adèle Van Reeth, Le Figaro, 28 mars 2024), France Inter reconnaîtrait un biais idéologique contraire à ses…
M. Charles Alloncle→France Inter / Radio France
Voir le détail →En s'affirmant « radio progressiste » (Adèle Van Reeth, Le Figaro, 28 mars 2024), France Inter reconnaîtrait un biais idéologique contraire à ses obligations légales d'indépendance, d'honnêteté et de pluralisme.
Le fait établiAdèle Van Reeth a bien déclaré « Les faits, c'est que nous sommes une radio progressiste, et nous l'assumons » et l'assume devant la commission ; la citation est avérée et non contestée.
À chargevous avez affirmé le 28 mars 2024, dans un entretien au Figaro : « Les faits, c'est que nous sommes une radio progressiste, et nous l'assumons. » Or le progressisme est une identification politique, au même titre que le conservatisme.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · Mme Adèle Van Reeth
le progressisme est une philosophie politique favorable aux réformes sociales, qui s'oppose en cela au conservatisme : on peut lire cette définition dans les dictionnaires ! Si le directeur de France Inter avait dit que cette radio était conservatrice, il aurait été démis de ses fonctions en moins de vingt-quatre heures pour rupture du principe de neutralité !
— M. Charles Alloncle, rapporteur · Mme Adèle Van Reeth
À décharge / nuanceJ'ai utilisé le terme « progressisme » dans un sens, non pas partisan, militant ou politique, mais bien culturel : le service public se doit d'être attentif aux évolutions de la société et aux débats contemporains. Cette ligne n'est pas idéologique mais éditoriale : elle est fidèle à ce que nous devons être.
— Mme Adèle Van Reeth, directrice de France Inter · Mme Adèle Van Reeth
La polysémie du mot « progressisme » est sans doute à l'origine d'un malentendu entre nous, Monsieur le rapporteur. Mon interprétation des propos d'Adèle Van Reeth, que vous pourrez interroger à ce sujet, est qu'ils n'avaient rien de politique.
— Mme Sibyle Veil · Mme Sibyle Veil
Vous voulez faire penser que c'est une pensée du XIXᵉ siècle, la définition du progressisme contre le conservatisme – c'est votre définition. La définition d'Adèle Van Reeth est plus proche de l'humanisme, qui remonte au XVIIIᵉ siècle, voire à Montaigne.
— M. Vincent Meslet, directeur éditorial de Radio France · M. Vincent Meslet
Ce qui manque pour trancherUn constat juridique de manquement à la neutralité : la commission n'a pas tranché le sens du mot « progressiste » (identification politique ou acception culturelle), l'auteure de la phrase récusant la lecture partisane.
PartielleLe classement des invités et chroniques du service public par intelligence artificielle prouverait un déséquilibre politique (surreprésentation de la…
M. Charles Alloncle→France Inter, France Culture, France Télévisions
Voir le détail →Le classement des invités et chroniques du service public par intelligence artificielle prouverait un déséquilibre politique (surreprésentation de la gauche).
Le fait établiLe rapporteur comme l'Institut Thomas More ont bien recouru à une IA pour classer politiquement invités et émissions, et ces classements pointent une surreprésentation de la gauche ; le rapporteur invoque une convergence avec l'Arcom et l'Institut Hexagone.
À chargeJ'ai recensé l'intégralité de vos invités entre 2021 et 2025 et j'ai utilisé l'intelligence artificielle (IA) pour les classer en groupes distincts : socialistes et progressistes ; libéraux et progressistes ; libéraux et conservateurs ; neutres.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Benjamin Oulahcene
L'IA analyse froidement les faits sans biais politique, sans affect ou émotion humaine.
— M. Aymeric de Lamotte (Institut Thomas More) · M. Aymeric de Lamotte
Comment expliquez-vous que, quelles que soient les méthodes utilisées et quel que soit l'institut, on constate à chaque fois une sur-représentation des invités de gauche dans vos émissions ?
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Benjamin Oulahcene
À décharge / nuanceNous partageons la même volonté de respect de la loi, mais l'usage de l'IA, avec ses biais connus, comme outil central d'évaluation politique, m'interpelle !
— M. le président Jérémie Patrier-Leitus · M. Aymeric de Lamotte
Cela ne signifie pas qu'elle n'a aucun biais : des terminologies et des champs lexicaux peuvent être associés à la gauche ou à la droite, et l'IA peut classer un propos en fonction de ces éléments. Elle n'a donc pas toujours raison.
— M. Aymeric de Lamotte (Institut Thomas More) · M. Aymeric de Lamotte
Un cas particulièrement intéressant concerne celui de l'émission « Questions politiques » sur France Inter, notée à + 42,5, donc très à droite. Cette note nous a interpellés.
— M. Aymeric de Lamotte (Institut Thomas More) · M. Aymeric de Lamotte
Premier constat : la météo, sur France Inter, est classée à gauche ! C'est vous dire si la méthodologie utilisée nous a tout de suite intrigués.
— Mme Sibyle Veil · Mme Sibyle Veil
Ce qui manque pour trancherUne méthode dont la fiabilité soit reconnue : le producteur de l'outil concède marge d'erreur et biais terminologiques, le président récuse la neutralité de l'IA, et des contre-exemples (météo, violences conjugales classées « à gauche ») sont opposés. Le signal converge avec d'autres mesures, mais l'IA seule ne fait pas preuve.
PartielleL'audiovisuel public serait un « État profond » de gauche, c'est-à-dire un appareil idéologique organisé et coordonné favorisant la gauche.
M. Charles Alloncle→France Inter / Radio France et l'audiovisuel public dans son ensemble
Voir le détail →L'audiovisuel public serait un « État profond » de gauche, c'est-à-dire un appareil idéologique organisé et coordonné favorisant la gauche.
Le fait établiVincent Meslet a bien tenu les propos qu'on lui prête (avoir « toujours voté socialiste, sauf une fois, écolo ») ; Adèle Van Reeth a qualifié France Inter de radio « progressiste » ; l'Arcom montre qu'en 2022 et 2024 la droite nationale a eu un temps de parole inférieur à son score sur Radio France.
À chargeon peut lire notamment que, « passionné de politique », vous estimez que « pour changer la société, il vaut mieux travailler à la télévision qu'être élu », ajoutant avoir toujours voté socialiste, « sauf une fois, écolo ».
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Vincent Meslet
Sur France Inter, 60 % des chroniques ont été classées à gauche, contre 16 % à droite. Sur France Culture, on approche d'une forme de monopole idéologique, puisque seules 6 % des chroniques penchaient à droite, contre 66 % à gauche, soit un rapport de un à dix.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Vincent Meslet
Vous contestez la méthode de l'Institut Thomas More : c'est votre droit, mais les chiffres de l'Arcom, eux, sont indéniables.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Vincent Meslet
À décharge / nuanceJe sais que vous essayez de démontrer, à travers ma personne, l'existence d'un État profond au sein de l'audiovisuel public. C'est très injuste pour l'ensemble des journalistes et des producteurs qui y travaillent à des fonctions moins importantes que les miennes et qui croient au service public.
— M. Vincent Meslet, directeur éditorial de Radio France · M. Vincent Meslet
Je crois, pour m'être réinterrogé à ce sujet, n'avoir jamais pris une décision en fonction de mes opinions politiques dans le cadre de mes fonctions.
— M. Vincent Meslet, directeur éditorial de Radio France · M. Vincent Meslet
Moi qui écoute beaucoup la matinale de France Inter, je n'ai pas spécialement l'impression d'écouter une émission de « rouges » : c'est plutôt mainstream , et même parfois trop conformiste, notamment sur les questions européennes ou économiques.
— M. Emmanuel Maurel (GDR) · M. Vincent Meslet
Au moment des élections européennes, la droite nationale n'était pas la seule force sous-représentée selon l'Arcom : les écologistes ont en effet subi le même traitement sur France Info, au contraire des Républicains, qui ont bénéficié d'une surexposition. Par ailleurs, l'Autorité a mis en garde presque toutes les chaînes, y compris celles de l'audiovisuel privé dont Europe 1.
— M. le président Jérémie Patrier-Leitus · M. Vincent Meslet
Ce qui manque pour trancherLa preuve d'une organisation, coordination ou consigne idéologique concertée — ce qui définirait un « État profond ». La commission documente des orientations individuelles assumées et un écart de temps de parole partiel, pas une structure concertée.
PartielleLa CGT de France Télévisions aurait lancé une « campagne de harcèlement » contre la journaliste Claire Koç après un article sur le recueillement lié au 7…
M. Charles Alloncle→La CGT de France Télévisions
Voir le détail →La CGT de France Télévisions aurait lancé une « campagne de harcèlement » contre la journaliste Claire Koç après un article sur le recueillement lié au 7 octobre.
Le fait établiLa CGT a bien diffusé un communiqué/tract critiquant l'article de Claire Koç et reconnaît des regrets ; en revanche le lien de causalité « harcèlement » n'a pas été établi par la commission.
À chargeComment expliquer qu'en 2025, au sein du premier groupe audiovisuel de France, qui est, de plus, public, c'est-à-dire payé par nos impôts, un syndicat important, la CGT, puisse décider de lancer une campagne de harcèlement contre une journaliste, simplement parce qu'elle a osé rédiger un article qui relate des faits de recueillement, à Paris, concernant les événements du 7 octobre ?
— M. Charles Alloncle, rapporteur · Mme Eléonore Duplay
À décharge / nuancecette consœur, qui n'a pas été victime d'une campagne de harcèlement. Il y a eu une communication syndicale à la suite d'un article dont le traitement de l'actualité n'apparaissait pas équilibré à notre syndicat, puisqu'il ne remettait pas les choses en perspective.
— Mme Eléonore Duplay (CGT) · Mme Eléonore Duplay
Nous regrettons d'avoir créé, par ce tract, une polémique. Ce n'était pas notre but.
— M. Georges Pinol (CGT) · Mme Eléonore Duplay
Ce qui manque pour trancherLa démonstration que la communication syndicale a constitué une « campagne de harcèlement » (qualification que la CGT récuse et que la commission n'établit pas).
PartielleLes rémunérations du service public seraient excessives (salaire moyen de 72 000 €, plaçant le salarié moyen dans les 9 % les mieux payés ; une trentaine…
M. Charles Alloncle→France Télévisions
Voir le détail →Les rémunérations du service public seraient excessives (salaire moyen de 72 000 €, plaçant le salarié moyen dans les 9 % les mieux payés ; une trentaine de cadres mieux payés que le président de la République) et la direction aurait imposé l'opacité en refusant de communiquer les salaires en séance.
Le fait établiLa Cour des comptes évalue le salaire moyen à ≈72 000 € (parmi les 9 % les mieux rémunérés) ; les auditionnés ont bien refusé de communiquer publiquement leurs salaires, invoquant la vie privée et l'accès du rapporteur à la data room (consigne ou décision collective admise).
À chargele salaire moyen est de 72 000 euros, ce qui place le salarié moyen de l'entreprise parmi les 9 % des Français les mieux rémunérés.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Valéry Lerouge
Quand on met en parallèle les niveaux records des déficits et les salaires mirobolants d'une trentaine de cadres dirigeants, qui gagnent plus que le Président de la République
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Yannick Letranchant
Léa Salamé nous a appris lors de son audition hier que la direction de France Télévisions avait donné l'ordre à toutes les personnes auditionnées devant cette commission de ne pas dévoiler le montant de leur salaire.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Valéry Lerouge
À décharge / nuanceSachez d'abord que le salaire médian à France Télévisions s'élève à 57 000 euros par an – on vient de me communiquer le chiffre.
— M. Christian Vion (France Télévisions) · M. Christian Vion
Il n'y a pas eu d'injonction, il y a eu un conseil car ce sont des éléments qui relèvent de la vie privée.
— M. Valéry Lerouge (SDJ France TV) · M. Valéry Lerouge
Le salaire du patron de TF1 est trois fois supérieur à celui de madame Ernotte, et celui d'un journaliste star d'une chaîne privée lui est quatre fois supérieur.
— Mme Roselyne Bachelot, ancienne ministre de la Culture · Mme Rima Abdul-Malak
Je ne divulguerai pas ces informations au cours de cette audition car je me conforme à la décision de France Télévisions, qui s'applique à toutes les personnes auditionnées. Par ailleurs, les éléments relatifs à la production sont couverts par le secret des affaires.
— Mme Léa Salamé (France Télévisions) · Mme Léa Salamé
Ce qui manque pour trancherLe contexte qui rendrait le chiffre de 72 000 € probant (médian à 57 000 €, indexation ultramarine et primes de départ incluses dans la moyenne) ; la source de l'affirmation « une trentaine de cadres mieux payés que le Président de la République », non produite en séance.
PartielleLa production du Festival de Cannes par France Télévisions (≈6 M€, en hausse ; prestation de Virginie Efira à 60 000 €) relèverait de dépenses somptuaires…
M. Charles Alloncle→France Télévisions
Voir le détail →La production du Festival de Cannes par France Télévisions (≈6 M€, en hausse ; prestation de Virginie Efira à 60 000 €) relèverait de dépenses somptuaires financées par le contribuable.
Le fait établiLes dépenses liées au Festival de Cannes ont approché 6 M€ (documents France Télévisions, +15 % vs 2022) et la prestation de Virginie Efira comme maîtresse de cérémonie a coûté 60 000 € (contrat).
À chargele montant des dépenses liées au Festival de Cannes a presque atteint les 6 millions d'euros, financés par le contribuable.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Christian Vion
la prestation de la maîtresse de la cérémonie d'ouverture, l'actrice Virginie Efira, a coûté 60 000 euros, soit l'équivalent de trois smic annuels pour une mission de quelques heures.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · M. Benjamin Oulahcene
À décharge / nuanceJ'ajoute que 300 euros de manucure pour Mme Efira, ce n'est rien.
— M. Renaud Le Van Kim (Together Media) · M. Benjamin Oulahcene
Il y a une différence entre la transparence que l'on doit aux Français et le voyeurisme. Évoquer les frais de maquillage de Virginie Efira, ce n'est pas au niveau de cette commission d'enquête !
— M. le président Jérémie Patrier-Leitus · M. Benjamin Oulahcene
Il se trouve que vous venez de révéler ici le contenu d'un contrat, qui est très important car la production du Festival de Cannes pourrait échoir, demain, à une chaîne privée. Une telle révélation me paraît donc contraire au secret des affaires !
— M. le président Jérémie Patrier-Leitus · M. Benjamin Oulahcene
Ce qui manque pour trancherLa démonstration que ces coûts sont « somptuaires » plutôt que des coûts de fabrication d'un événement (l'audité les dit inférieurs au privé) ; le périmètre exact des ≈6 M€ et la comparabilité avec 2022 sont contestés.
PartielleLe rapporteur aurait conduit la commission de manière partiale et à charge : déformation de propos (notamment via des tweets en direct), mises en cause de…
Xavier Niel et Matthieu Pigasse→M. Charles Alloncle, rapporteur
Voir le détail →Le rapporteur aurait conduit la commission de manière partiale et à charge : déformation de propos (notamment via des tweets en direct), mises en cause de personnes sans contradictoire, instrumentalisation de l'enquête comme spectacle au service de son ambition politique.
Le fait établiLe président de la commission — d'un autre groupe que le rapporteur — a publiquement désavoué le rapporteur à plusieurs reprises : correction de tweets jugés déformants, suspensions de séance, recadrages de vocabulaire ; des députés de tous bords ont contesté sa conduite.
À chargeVous avez propagé beaucoup d'approximations, de fake news , de mensonges, ici et sur vos réseaux sociaux, sans aucune forme de contradictoire.
— M. Xavier Niel · M. Xavier Niel
Je m'étonne, et je m'arrête là, qu'un rapporteur de commission d'enquête puisse utiliser une commission d'enquête – qui, à nouveau, est un instrument de contrôle tout à fait légitime – comme un outil de combat idéologique.
— M. Matthieu Pigasse · M. Xavier Niel
J'alerte sur un autre tweet où vous indiquez, Monsieur le rapporteur, que Sibyle Veil ne verrait « aucun problème à ce qu'un journaliste, sur ses antennes, qualifie le Hamas de "mouvement de libération" ou relaie des théories complotistes ». Mais ce n'est pas du tout ce qu'elle a dit !
— M. le président Jérémie Patrier-Leitus · Mme Sibyle Veil
Vous venez de porter des accusations très graves contre moi en affirmant que j'ai des liens avec Mediawan, ce qui est faux. Je suspends donc cette audition !
— M. le président Jérémie Patrier-Leitus · Mme Rima Abdul-Malak
À décharge / nuanceCette commission a pour unique mission de mettre en lumière des dysfonctionnements, des dérives, qui minent ces entreprises de l'audiovisuel public depuis de nombreuses années et qu'il convient enfin de résoudre.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · Mme Delphine Ernotte Cunci
Je tiens à préciser que j'aurais posé exactement les mêmes questions si vous aviez été un homme. Cette commission d'enquête a aussi pour but d'éclairer d'éventuels conflits d'intérêts dans le traitement de l'information.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · Mme Léa Salamé
C'est le droit, et même le rôle des députés que de créer des missions d'information ou des commissions d'enquête. Ce droit de tirage absolu est prévu par la Constitution française.
— M. le président Jérémie Patrier-Leitus · M. Thomas Legrand
Ce qui manque pour trancherLa preuve des formulations les plus fortes (« mensonges », « fake news », instrumentalisation à des fins politiques personnelles), qui relèvent du jugement de valeur ou du procès d'intention ; le rapporteur maintient que ses questions étaient fondées sur des faits (Cour des comptes, Arcom).
VérifiéeUne prime de performance quasi maximale (98,5 %, environ 78 000 à 80 000 €) a été versée à la présidente de France Télévisions au titre de 2024, alors que…
M. Charles Alloncle→Delphine Ernotte Cunci
Voir le détail →Une prime de performance quasi maximale (98,5 %, environ 78 000 à 80 000 €) a été versée à la présidente de France Télévisions au titre de 2024, alors que le groupe cumule un déficit important et des dépenses jugées contestables.
Le fait établiLa part variable a bien été versée à hauteur de 98,5 % (≈78 000-80 000 €) au titre de 2024 ; l'entreprise cumule un déficit de l'ordre de 80 M€ et a été épinglée pour certaines dépenses.
À chargeune prime de performance de près de 80 000 euros a été attribuée à Delphine Ernotte, alors que l'entreprise est au bord de la faillite. On a évoqué le séjour de près de dix dirigeants et de Delphine Ernotte dans des suites de l'hôtel Majestic, certaines étant facturées 1 700 euros la nuit.
— M. Charles Alloncle, rapporteur · Mme Eléonore Duplay
estimez‑vous justifié qu'une dirigeante d'une entreprise financée par des fonds publics cumulant environ 80 millions d'euros de déficit, ayant fragilisé la trésorerie et les capitaux propres, et ayant été épinglée pour des dépenses contestables, perçoive 98,5 % de sa prime de performance ?
— M. Charles Alloncle, rapporteur · Mme Florence Philbert
À décharge / nuanceEn 2024, les comptes étaient à l'équilibre et les objectifs globalement atteints ; la part variable a donc été versée à hauteur de 98,5 %. Il n'y a pas eu de débat particulier, car le comité avait exposé une analyse complète et le conseil a suivi sa recommandation.
— Mme Florence Philbert (DGMIC — ministère de la culture) · Mme Florence Philbert
Si la gouvernance fixe une règle du jeu en début d'année, avec un budget prévoyant un certain niveau de résultat d'exploitation avant éléments non récurrents, et que celui-ci est atteint ou dépassé, il est normal que la prime soit versée.
— M. Christian Vion (France Télévisions) · M. Christian Vion
Mon salaire a été décidé par Nicolas Sarkozy en 2010, il y a seize ans.
— Mme Delphine Ernotte Cunci · Mme Delphine Ernotte Cunci
Ce qui manque pour trancherLe versement de la prime est établi ; seul son caractère justifié fait débat (objectifs 2024 atteints et procédure validée par la tutelle, contre le contexte de déficit cumulé).