La part du citoyenAudiovisuel public
Patrick Sébastien

Patrick Sébastien

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Patrick Sébastien, de son vrai nom Patrick Boutot, est un animateur de télévision, producteur, humoriste, imitateur et chanteur français, né le 14 novembre 1953 à Brive-la-Gaillarde (Corrèze). Après son baccalauréat, il s'inscrit brièvement en faculté de lettres avant d'abandonner ses études pour monter à Paris (septembre 1974) et se produire dans les cabarets de la capitale comme humoriste et imitateur (notamment de Bourvil, Joe Dassin ou Charles Trenet).

Il fait carrière à la télévision d'abord sur TF1 (années 1980-début 1990), où il anime Carnaval ! (1984-1987), Sébastien c'est fou ! (1988-1992), Surprise sur prise (avec Marcel Béliveau, 1990-1992) et Le Grand Bluff, dont l'édition du 26 décembre 1992 réunit jusqu'à 17,5 millions de téléspectateurs, un record de l'époque. Il devient ensuite l'une des figures majeures du service public sur France 2 (à partir de 1996), où il anime Le Plus Grand Cabaret du monde (lancé le 26 décembre 1998) et Les Années bonheur (2006-2019), programmes de variétés et de divertissement du samedi soir. Parallèlement, il mène une carrière de chanteur de chansons de fête à grand succès populaire (« Les Sardines », « Le Petit Bonhomme en mousse »).

Son contrat avec France Télévisions n'est pas renouvelé après une interview d'octobre 2018 ; sa dernière émission est diffusée le 11 mai 2019. Il a présenté ce départ comme une éviction, qu'il impute à la direction de France Télévisions présidée par Delphine Ernotte — laquelle a publiquement attribué le départ à son refus de moderniser le format de son émission phare.

En dehors de la télévision, il a été président du club de rugby du CA Brive (1995-1999, puis 2007-2009). Il s'est ponctuellement engagé sur le terrain civique et politique : lancement d'un mouvement « DARD » (Droit au respect et à la dignité) en mars 2010, rapidement dissous, puis d'un mouvement citoyen (« Ça suffit ») fin 2025 en vue de l'élection présidentielle de 2027, sans se présenter lui-même.

Identité confirmée : le contexte du dossier (« ancien présentateur sur France Télévisions », éviction sous la gouvernance Ernotte, rapports avec le groupe Banijay et l'animateur Nagui) correspond sans ambiguïté à l'animateur Patrick Sébastien ; pas de risque d'homonyme.

Dans la commission

Auditionné (M. Jacques Cardoze, 50 interventions), Patrick Sébastien s'exprime en ancien animateur du service public évincé, avec une double ligne : une critique du sens et de la neutralité des missions de France Télévisions, et une mise en cause personnelle de sa gouvernance.

Sur les missions et la neutralité du service public, il défend un divertissement rassembleur et inclusif, et reproche au service public d'exclure une partie du pays : « ce sont les groupes M6 et TF1 qui font du service public, c'est-à-dire qu'ils n'excluent personne, alors que, dans le service public, on exclut une catégorie de Français » (M. Jacques Cardoze). Il en tire une définition de la neutralité attendue d'un dirigeant : « une patronne de service public doit représenter tout le public, et pas seulement ceux qui sont d'accord avec son idéologie » (M. Jacques Cardoze). Il assigne au service public une fonction de cohésion : « ça devrait être de rassembler et pas de fracturer » (M. Jacques Cardoze), et résume sa conception de la télévision populaire : « Il faut faire de la télé pour ceux qui la regardent » (M. Jacques Cardoze).

Sur la gouvernance, il vise nommément la présidence de Delphine Ernotte et présente son éviction comme une blessure durable : « la gouvernance de Mme Ernotte restera le côté le plus sombre et le plus décevant de ma vie » (M. Jacques Cardoze).

Sur la concentration de la production et les soupçons de favoritisme, il pointe le rôle des grands groupes de production, en interrogeant sans affirmer : « Est-ce qu'il y a un rapport de cause à effet entre le fait que M. Takis Candilis, de Banijay, ait favorisé Nagui sur ces prime time par rapport à moi ? C'est à vous de le déterminer » (M. Jacques Cardoze), en prenant soin de préciser « Je n'affirme rien, je pose juste une question » (M. Jacques Cardoze). Il déplace la responsabilité vers les décideurs plutôt que les bénéficiaires : « je n'en veux pas à ceux qui acceptent, j'en veux à ceux qui proposent » (M. Jacques Cardoze).

Sur le budget, il lance une proposition à valeur de symbole : « l'audiovisuel public a 4 milliards d'euros de budget, ça serait bien si on enlevait 1 milliard et que ce milliard on le donne aux hôpitaux » (M. Jacques Cardoze).

Sources