Aiman Ezzat
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Aiman Ezzat, ne le 22 mai 1961 a Ismailia (Egypte), est un dirigeant d'entreprise francais d'origine egyptienne, directeur general (CEO) de Capgemini depuis le 20 mai 2020. Arrive en France en 1970, il est diplome en chimie de CPE Lyon (Ecole superieure de chimie physique electronique de Lyon) en 1983, puis obtient un MBA de l'Anderson School of Management (UCLA, Etats-Unis).
Il debute chez IBM en 1985 et rejoint Capgemini en 1991 comme consultant en strategie. Il occupe pendant neuf ans differentes fonctions chez Gemini Consulting (l'ancienne branche conseil du groupe), notamment responsable mondial des activites petrole, gaz et chimie. De 2000 a 2004, il est directeur des operations internationales chez Headstrong (societe de conseil en technologie). De retour chez Capgemini en 2004, il gravit tous les echelons : directeur adjoint de la strategie (2005-2007), directeur des operations (novembre 2007), directeur de l'entite Services financiers du groupe (decembre 2008), puis directeur financier du groupe (decembre 2012 - mai 2018). Nomme directeur general delegue en 2018 aux cotes de Thierry Delaporte, il accede a la direction generale le 20 mai 2020.
Il est administrateur independant d'Air Liquide (depuis mai 2021), membre de l'European Round Table for Industry, et a ete distingue « meilleur directeur general europeen » (categorie technologie et logiciels) au palmares 2021 de l'Institutional Investor. Il est Chevalier de la Legion d'honneur.
A la tete de Capgemini (environ 340 000 collaborateurs, l'un des premiers groupes mondiaux de services numeriques et de conseil), il porte une ligne d'ouverture technologique et de prudence reglementaire, positionnant son groupe comme un integrateur « neutre » de technologies americaines comme europeennes.
Dans la commission
Personne auditionnee lors d'une seule audition (M. Aiman Ezzat), avec un volume d'interventions substantiel (33 interventions relevees). Sa these centrale : l'autonomie numerique totale est un mythe, la souverainete se joue dans la maitrise de ses dependances.
- Souverainete = choisir ses dependances. Sa formule-signature : « Qu'on se le dise : etre souverain, c'est avoir la capacite de choisir ses dependances. » (M. Aiman Ezzat) Il pose que « dans un monde numerique globalise et hyperconnecte, l'autonomie totale est une illusion. Aucun pays n'est reellement souverain » et que « l'interdependance est la seule regle du jeu possible » (M. Aiman Ezzat). Il chiffre la dependance structurelle : « plus de 80 % des produits, des services, des infrastructures et des proprietes intellectuelles numeriques sont importes » (M. Aiman Ezzat).
- IA souveraine sans exclure les Americains. Il defend une approche non exclusive : « Nous ne le ferons pas en ignorant des societes telles que OpenAI, Anthropic ou Google, mais en tirant parti de leur technologie, tout autant que de celle d'acteurs europeens, tels que Mistral AI », et ajoute qu'« il est possible de renforcer sa souverainete technologique sans necessairement passer par des technologies europeennes » (M. Aiman Ezzat).
- Capgemini prestataire neutre. Position defensive la plus tranchee du dossier : « Notre avantage est d'etre neutres » et « les decisions sont toujours prises par les clients [...] ce n'est pas necessairement la meilleure solution technologique qui est retenue » (M. Aiman Ezzat). Il renvoie ainsi la responsabilite des choix technologiques au client, pas a l'integrateur.
- Defense du cloud Bleu (co-entreprise avec Microsoft). Confronte au soupcon d'un « cheval de Troie », il repond frontalement : « Vous ne pouvez pas nous accuser d'aider Microsoft a construire un cheval de Troie ! », assure que « personne chez Microsoft n'a acces a quoi que ce soit qui se passe dans Bleu » tout en reconnaissant le lien commercial (« Microsoft ne fait rien gratuitement ! »). Il minimise le risque d'extraterritorialite : « Le risque d'un kill switch me parait tres faible » (M. Aiman Ezzat).
- Contre la surreglementation, pour la preference europeenne. Il alerte que « la surreglementation, en particulier dans les technologies emergentes telles que l'IA, risque [...] de ralentir son adoption et de compromettre la competitivite de l'Europe », tout en suggerant un levier public : « Les pouvoirs publics pourraient [...] instaurer une preference europeenne pour les achats publics » (M. Aiman Ezzat).
- Transparence sur les liens capitalistiques et publics. Il communique des chiffres pour desamorcer les soupcons de conflit d'interet : environ 4 milliards de CA lie aux projets Microsoft, 588 millions d'euros de CA avec le secteur public francais en 2025 (14 % du CA France), 0,4 % du CA mondial avec le gouvernement americain, et affirme : « Je n'ai jamais rencontre le Premier ministre. » (M. Aiman Ezzat)
Ligne d'ensemble : un plaidoyer pragmatique pour l'interdependance maitrisee plutot que l'autarcie, doublee d'une defense assumee du modele de partenariat americano-europeen (Bleu, IA) et d'une mise en garde contre l'exces normatif europeen.
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Aiman_Ezzat
- https://www.capgemini.com/fr-fr/notre-groupe/gestion-gouvernance/conseil-dadministration/aiman-ezzat/
- https://www.capgemini.com/about-us/management-and-governance/board-of-directors/aiman-ezzat/
- https://www.capgemini.com/fr-fr/actualites/communiques-de-presse/aiman-ezzat-prochain-directeur-general-de-capgemini/
- https://www.usinenouvelle.com/editorial/qui-est-aiman-ezzat-le-futur-directeur-general-de-capgemini.N884939
- https://ert.eu/members/aiman-ezzat/