Alain Garnier
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Alain Garnier est un entrepreneur francais du logiciel, president-fondateur de Jamespot, editeur d'une plateforme collaborative / reseau social d'entreprise en mode SaaS base en Seine-Saint-Denis. Il est diplome de l'ENSIIE (Ecole nationale superieure d'informatique pour l'industrie et l'entreprise, ex-IIE).
Entrepreneur en serie, il fonde a 26 ans sa premiere societe, Arisem (specialisee dans l'analyse semantique / la gestion de l'information), cedee au groupe Thales en 2003 apres une dizaine d'annees d'activite. Il cofonde ensuite Evalimage en 2004, puis Jamespot en 2005 avec Paul Giraudon et Matthieu Lluis. Initialement grand public, Jamespot pivote vers le reseau social d'entreprise a partir de 2008 ; la societe compte aujourd'hui une quarantaine de salaries et revendique plus de 400 000 utilisateurs. Il a egalement dirige Captain DPO, editeur d'une solution de mise en conformite RGPD.
Il est l'un des porte-voix reguliers de la souverainete numerique francaise et europeenne et du soutien a l'edition logicielle nationale : president de l'association EFEL Power (promotion des editeurs de logiciels francais), cofondateur du collectif PlayFrance Digital, et membre / actif dans Numeum, Cap Digital, Hexatrust et Cnum93. Il est par ailleurs auteur d'ouvrages sur le travail collaboratif et la communication interne, et anime un blog et des formats video (« Friday Lives »). Positionne comme editeur souverain alternatif aux GAFAM, son orientation publique est clairement pro-industrie logicielle francaise et critique de la dependance de la commande publique aux acteurs americains.
Dans la commission
Audite (M. Antoine Duboscq), Alain Garnier intervient en tant que dirigeant d'une PME francaise du collaboratif, alternative revendiquee a l'ecosysteme Microsoft/Google. Sa these : l'offre souveraine existe deja — il en est la preuve — et le blocage se situe du cote de la demande publique.
- Le probleme n'est pas l'offre mais l'achat public. « Le probleme n'est pas celui de l'offre, qui existe, et nous en sommes la preuve, mais celui des achats de l'Etat, qui se montre particulierement frileux. » (M. Antoine Duboscq) Il chiffre le cout de cette inaction : « nous avons estime la perte dans le secteur du collaboratif a plus de 1 milliard d'euros sur cinq ans » (M. Antoine Duboscq), en visant notamment les arbitrages type France 2030 / La Suite (DINUM).
- Un role d'Etat « architecte, regulateur et accelerateur ». Il defend la commande publique comme levier explicite en faveur des PME : « Le role de l'Etat, tel que nous le concevons, est clair : il doit etre architecte, regulateur et accelerateur, en utilisant la commande publique comme levier, y compris en faveur des PME. » (M. Antoine Duboscq)
- Denonciation du « monopole de fait » et du winner-takes-all. « cette situation est encore plus pregnante en raison du monopole de fait de Microsoft, que meme Google n'a pas reussi a briser » (M. Antoine Duboscq) ; « la seule presence d'un Gafam bien installe sur un marche suffisait a dissuader d'investir dans un concurrent » (M. Antoine Duboscq), logique de « winner takes all » a la Silicon Valley.
- Proteger la filiere pour la laisser reprendre des forces. « il faut amenager des zones protegees ou la filiere pourra reprendre des forces » (M. Antoine Duboscq), et acculturer des l'ecole — il file l'analogie avec l'alimentation : « face a la malbouffe, nous sommes vent debout et tous unis pour agir ; mais pour le numerique, nous nous sommes felicites de cette pretendue chance. » (M. Antoine Duboscq)
- Nuances : souverainete ≠ cybersecurite, et prudence sur le tout-communs. Il distingue les deux enjeux : « selon moi, ces deux sujets sont orthogonaux » (M. Antoine Duboscq, sur souverainete vs cybersecurite / SecNumCloud). Il met en garde contre le mirage du tout-open source : « tout miser sur les communs revient a fournir aux Gafam la matiere premiere qu'ils utilisent aujourd'hui pour leurs intelligences artificielles » (M. Antoine Duboscq), et rappelle que la valeur est dans l'ensemblier : « Pourquoi Microsoft existe encore ? Parce qu'il package des produits, concoit une feuille de route, reflechit au support attendu par le client. » (M. Antoine Duboscq) Il conclut sur une note d'espoir darwinien pour l'IA souveraine : « Lorsqu'un cataclysme se produit, tout a coup les petits mammiferes ont l'avantage, et les dinosaures disparaissent. » (M. Antoine Duboscq)
Sources
- https://jamespot.com/blog/auteur/alain-garnier/
- https://annales-des-mines.org/bio-garnier-alain/
- https://digitechnologie.com/alain-garnier-ceo-et-co-fondateur-de-jamespot/
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Jamespot
- https://www.journaldunet.com/collaboratif/1529571-alain-garnier-jamespot/
- https://inseinesaintdenis.fr/alain-garnier-et-jamespot-une-alternative-in-seine-saint-denis-aux-gafam/