Arnaud Caudoux
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Arnaud Caudoux, né en 1970, est ancien élève de l'École polytechnique et diplômé de l'École nationale des ponts et chaussées.
Il débute sa carrière en 1997 comme consultant chez Accenture, puis rejoint le cabinet de conseil A.T. Kearney en 2001. De 2004 à 2008, il est directeur général délégué d'OSEO Garantie (anciennement Sofaris), puis directeur général délégué d'OSEO de 2008 à 2012. Lors de la création de Bpifrance (banque publique d'investissement issue notamment de la fusion d'OSEO, du FSI et de CDC Entreprises), il est nommé en 2013 directeur exécutif et directeur financier de l'établissement.
Depuis 2015, il est directeur général adjoint de Bpifrance, en charge des Finances, des Risques, des Systèmes d'information et du métier Garantie. Il exerce toujours cette fonction de directeur exécutif et directeur général adjoint. Bpifrance est la banque publique d'investissement française, détenue à parité par l'État (via l'EPIC Bpifrance) et la Caisse des dépôts, chargée du financement et de l'accompagnement des entreprises (crédit, garantie, fonds propres, aides à l'innovation).
À ce titre, il porte publiquement les positions de la banque sur le financement de la deep tech, du capital-risque et des enjeux de souveraineté numérique — angle sous lequel il est auditionné par la commission.
Dans la commission
Auditionné (M. Arnaud Caudoux), Arnaud Caudoux intervient au nom de Bpifrance, à la fois comme investisseur/financeur de l'écosystème tech français et comme grande organisation utilisatrice de cloud. Sa thèse centrale est une forme de réalisme stratégique assumé sur la dépendance aux hyperscalers.
La bataille frontale du cloud est perdue d'avance. C'est son message le plus tranchant : « la bataille frontale, toutes choses égales par ailleurs, entre les acteurs américains et les acteurs français, ne nous paraît pas gagnable aujourd'hui. Nous ne connaissons d'ailleurs personne qui la mène à proprement parler » (M. Arnaud Caudoux). Il l'appuie sur l'écart de capitaux : « les montants d'investissement en capitaux sont de 10 à 100 fois supérieurs à ce que peuvent faire les acteurs européens ». Le corollaire implicite : cesser de s'épuiser sur le cloud classique et concentrer l'effort sur les batailles encore livrables (logiciel rebattu par l'IA, cybersécurité, IA, deep tech).
Un pragmatisme multi-cloud plutôt qu'un dogme de rupture. Il revendique le modèle de Bpifrance : « Une trentaine de solutions que nous achetons pour faire fonctionner Bpifrance tournent aujourd'hui sur OVH ou Scaleway. Nous sommes volontairement et de manière assumée multi-cloud » (M. Arnaud Caudoux). Face aux questions sur le Cloud Act, il défend la protection par le chiffrement en clés propres — « même si le gouvernement fédéral avait accès à nos serveurs chez un fournisseur de cloud américain, il ne pourrait déchiffrer ces données » — tout en reconnaissant la limite juridique : « la localisation en France ou en Europe n'empêche pas l'exercice de l'extraterritorialité. Pour autant [...] je préfère avoir mes données et mes serveurs sur le territoire européen que sur le territoire américain » (M. Arnaud Caudoux). Sa formule « Si le sujet était simple, nous ne serions pas là » résume sa posture anti-simplification.
Le financement, chaînon faible plus que les dividendes. Sur le volet capital-risque, il pointe la dépendance structurelle au capital étranger — « on a besoin d'investisseurs privés pour nous accompagner, et souvent, ces investisseurs sont américains » — et met en garde, sur la conditionnalité des aides publiques, contre un mécanisme mal calibré qui « doit être dosé très finement pour ne pas briser toute la chaîne de valeur du capital-risque, qui dépend in fine de la valeur de revente des entreprises » (M. Arnaud Caudoux). Il alerte aussi sur le vendor lock-in : les crédits cloud gratuits, que Bpifrance « ne conseille surtout pas » aux start-up financées.
Autres points saillants (M. Arnaud Caudoux) : soutien à un Small Business Act et un Buy European Act ; lecture prudente de l'IA générative (« l'IA générative et l'IA agentique n'ont pas apporté de gains de productivité significatifs dans la plupart des secteurs économiques »), avec un pari sur des gains futurs ; défense du Campus IA à capitaux majoritairement étrangers implanté en France (« comme avoir un investisseur étranger dans un aéroport ou une autoroute. L'infrastructure est ici ») ; scepticisme sur la faisabilité d'affronter Nvidia ; et signalement de la « bulle » des demandes de raccordement de datacenters (« RTE a reçu des demandes de connexion pour un total de 80 gigawatts, ce qui représente la quasi-totalité du parc nucléaire français »), l'électricité nucléaire décarbonée étant présentée comme l'atout français majeur.
Sources
- https://www.bpifrance.fr/nous-decouvrir/direction-generale/arnaud-caudoux
- https://www.bpifrance.fr/nous-decouvrir/gouvernance
- https://theorg.com/org/bpifrance/org-chart/arnaud-caudoux
- https://www.businessimmo.com/annuaire/individus/hdse7n1/arnaud-caudoux/bio
- https://topmanagement.fr/boutique/biographie/arnaud-caudoux/