Bernard Benhamou
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Bernard Benhamou est un expert francais de la gouvernance de l'Internet et de la societe de l'information. Il est, depuis 2015, secretaire general de l'Institut de la souverainete numerique (ISN), qu'il contribue a animer. Il enseigne la gouvernance de l'Internet et les enjeux du numerique a l'universite Paris I-Pantheon-Sorbonne et a Sciences Po Paris.
Il a construit son parcours au sein de l'administration francaise comme expert des technologies numeriques. Il a travaille sur la mission « Etat et technologies de l'information et de la communication » aupres du Commissariat general du Plan (1998-1999), puis sur des projets lies aux nouvelles technologies aupres du ministere des Affaires etrangeres. Il a ete responsable de la mission « Internet, Ecole et Famille » aupres des cabinets ministeriels et auteur du rapport « Le Projet Proxima » (2003) sur l'appropriation d'Internet a l'ecole et dans les familles. Il a par ailleurs participe aux negociations des Nations unies sur la societe de l'information (Sommet mondial sur la societe de l'information, 2003-2005).
De novembre 2007 a fevrier 2015, il a occupe la fonction de delegue aux usages de l'Internet, rattache au ministere de la Recherche et de l'Enseignement superieur (avec un volet lie a l'economie numerique). A ce titre, il a fonde le portail Proxima Mobile, presente comme le premier portail europeen de services mobiles pour les citoyens, et coordonne la premiere conference ministerielle europeenne sur l'Internet des objets lors de la presidence francaise de l'Union europeenne en 2008.
Sur le fond, Bernard Benhamou defend de longue date une ligne de souverainete numerique europeenne : critique de la domination des GAFAM, opposition affichee au choix de confier l'hebergement du Health Data Hub a Microsoft, plaidoyer pour des solutions technologiques francaises et europeennes et pour une politique industrielle assumee. Il alerte publiquement sur le risque, pour l'Europe, de devenir une « colonie numerique ».
Dans la commission
Auditionne le 2 avril 2026 en tant que secretaire general de l'Institut de la souverainete numerique (audition de M. Bernard Benhamou, 8 interventions relevees), dans le volet « infrastructures numeriques » de la commission. Son propos est celui d'un pionnier du concept : il rappelle que la « premiere occurrence connue du terme "souverainete numerique" » figure dans un texte qu'il continue de citer (M. Bernard Benhamou). Sa these centrale : la regulation seule ne suffit pas sans base industrielle.
- La regulation sans industrie est vaine. « toute regulation, si elle ne s'appuie pas sur une politique industrielle et des acteurs capables de faire piece aux geants americains ou chinois, sera contournee ou inapplicable » ; et cette formule tranchante : « Pour reprendre la question de Staline au sujet du pape : "Combien de divisions ?" Si nous n'avons pas de divisions a mettre en face, nous n'existerons plus. » (M. Bernard Benhamou)
- Un droit europeen non applique. Il constate que « Les sanctions les plus severes prevues par le DSA et le DMA (...) n'ont jamais ete appliquees. Jamais. », que « l'Irlande reverse les amendes infligees aux Gafam de peur qu'ils ne partent » et evoque la menace du « kill switch, le bouton d'extinction » ainsi qu'un blocage delibere : « Mes anciens collegues du departement d'Etat americain me confient que l'ordre a ete donne de bloquer la mise en oeuvre des textes europeens de regulation » (M. Bernard Benhamou).
- Dependance massive et « schizophrenie » de l'Etat. Il chiffre la dependance (« les hyperscalers que sont Amazon, Microsoft et Google reunissent a eux seuls 72 % du marche europeen » ; « Seules quatre des cinquante premieres entreprises technologiques mondiales sont europeennes ») et qualifie la position francaise de « schizophrenique », citant notamment le Health Data Hub confie a Azure et le recours a Palantir : « Penser que des accords de non-divulgation puissent resister a une demande de la National Security Agency (NSA) est un leurre. » (M. Bernard Benhamou)
- Leviers proposes. Il plaide pour une politique industrielle rehabilitee (« Nous ne pouvons etre les seuls a respecter les regles dans un monde de carnivores »), un Buy European Act (« Un euro d'achat public equivaut a sept euros de subventions pour une entreprise ») et une « troisieme voie » europeenne fondee sur les droits humains (« Notre protection sociale est un acquis civilisationnel »). Il alerte enfin sur l'IA comme arme de manipulation et le financement de Mistral par des capitaux americains, et pose le cadre geopolitique : « pour la premiere fois dans l'histoire europeenne, nous sommes la cible de trois empires : la Chine, la Russie et les Etats-Unis. » (M. Bernard Benhamou)
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Benhamou
- http://www.souverainetenumerique.fr/
- http://souverainetenumerique.fr/institut/conseil-scientifique
- https://www.gfii.fr/fr/document/midis-du-gfii-5e-invite-bernard-benhamou-delegue-aux-usages-de-l-internet
- http://www.journaldunet.com/ebusiness/internet/interview/071119-nomination-bernard-benhamou-delegue-aux-usages-de-l-internet.shtml
- https://presseagence.fr/toulon-intelligence-artificielle-bernard-benhamou-alerte-sur-le-risque-de-colonie-numerique-pour-leurope/
- https://videos.assemblee-nationale.fr/video.18554578_69ce211f2d74e.vulnerabilites-systemiques-dans-le-secteur-du-numerique--infrastructures-numeriques--m-bernard-be-2-avril-2026