David Chavalarias
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
David Chavalarias, ne en 1975, est un mathematicien francais, directeur de recherche au CNRS. Ancien eleve de l'Ecole normale superieure de Cachan et agrege de mathematiques, il est titulaire d'un DEA de sciences cognitives obtenu au Centre de recherche en epistemologie appliquee (CREA) de l'Ecole polytechnique. Sa these a ete dirigee par Paul Bourgine ; il a soutenu son habilitation a diriger des recherches (HDR) en mai 2016 sur la reconstruction et la modelisation des dynamiques sociales et de l'evolution culturelle.
Il est directeur de recherche au CNRS, rattache au Centre d'analyse et de mathematique sociales (CAMS) de l'Ecole des hautes etudes en sciences sociales (EHESS), et dirige l'Institut des systemes complexes de Paris Ile-de-France (ISC-PIF). Ses travaux se situent a l'intersection des sciences cognitives et de la science des systemes complexes, avec un fort volet d'analyse de donnees massives issues du web pour etudier les dynamiques sociales et cognitives.
Il est le concepteur du Politoscope, outil lance en 2016 qui cartographie l'activisme politique en ligne (notamment sur Twitter/X) en representant les interactions comme des constellations de comptes regroupes en communautes. Il est l'auteur de Toxic Data. Comment les reseaux manipulent nos opinions (Flammarion, 2022), essai consacre au role des plateformes dans la manipulation de l'opinion et les risques systemiques pour les democraties, et de Elon Musk en 50 tweets (Seuil, 2025). En janvier 2025, il a lance l'initiative HelloQuitteX (devenue OpenPortability), qui aide les utilisateurs a migrer de X vers des reseaux fondes sur des protocoles ouverts comme Bluesky et Mastodon, au titre du droit europeen a la portabilite des donnees. Il defend publiquement des alternatives ouvertes et interoperables face a la domination des grandes plateformes et alerte sur les risques democratiques du modele actuel.
Dans la commission
Audite (Mme Maud Quessard, 7 interventions comptabilisees). Chavalarias porte devant la commission une these centrale : les grandes plateformes de reseaux sociaux font peser un risque systemique sur la democratie, par l'opacite de leurs algorithmes et par leur capacite documentee a orienter les opinions et les votes.
- Pouvoir d'influence mesure sur les elections : il chiffre l'effet des algorithmes de recommandation. « Cette mesure empirique montre donc qu'un algorithme peut faire changer d'opinion 5 a 7 % des electeurs en moyenne et jusqu'a 15 % des electeurs independants » (Mme Maud Quessard).
- Editorialisation et biais des plateformes : il documente une derive apres le rachat de Twitter, « ce biais [...] passe de 32 a 49 % apres le rachat de Twitter par Elon Musk » (Mme Maud Quessard), et acte un renversement de paradigme : « on considerait avant que "les medias sont neutres jusqu'a preuve du contraire" et, a present, que "les medias sont biaises jusqu'a preuve du contraire" » (Mme Maud Quessard). Il qualifie sans detour le systeme politique americain de « mafieux » (Mme Maud Quessard).
- Opacite et audit : les systemes sont « completement opaques et ne peuvent pas etre audites » (Mme Maud Quessard) par les chercheurs. Sa reponse est d'abord juridique et ferme : « la solution consiste tout simplement a appliquer les lois existantes » (Mme Maud Quessard), quitte a « suspendre les acteurs concernes jusqu'a ce qu'ils apportent les correctifs necessaires » (Mme Maud Quessard).
- Souverainete, cables et dependance materielle : il pointe la vulnerabilite d'infrastructure, « un reseau comme Starlink peut etre immediatement coupe et priver tous ses utilisateurs d'internet » (Mme Maud Quessard).
- Sortie par l'interoperabilite : il plaide pour un changement de modele fonde sur des protocoles ouverts et la portabilite, contre les « colonies numeriques dans lesquelles un grand acteur refuse la portabilite pour rester proprietaire de ses utilisateurs » (Mme Maud Quessard), en soulignant le cout derisoire des alternatives (« sur un reseau social comme Mastodon ou Bluesky, un compte ne coute que 1 euro par an et par utilisateur », Mme Maud Quessard). Il conclut sur un avertissement adresse aux deputes : « a defaut, le prix a payer sera probablement la democratie. Les choix vous reviennent » (Mme Maud Quessard).
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Chavalarias
- https://cams.ehess.fr/membres/david-chavalarias
- https://iscpif.fr/chavalarias/
- https://toxicdata.chavalarias.org/
- https://www.archimag.com/vie-numerique/2023/05/26/david-chavalarias-plateformes-sociales-font-courir-risque-systemique