La part du citoyen
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Fabrice Coquio

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Fabrice Coquio (ne en 1965) est le president de Digital Realty France, ou il occupe egalement les fonctions de senior vice-president pour la region Mediterranee. Digital Realty est un operateur mondial de data centers, coté au NYSE (siege a Austin, Texas) ; sa filiale francaise est l'ancien Interxion France, rachete par le groupe americain en 2020.

Diplome d'un master en droit des affaires et droit fiscal et de l'ESLSCA Business School, il debute sa carriere en 1987 a l'ANATEL (Agence nationale des telecommunications) comme directeur du marketing et des ventes, puis rejoint SAGEM en 1988, ou il occupe plusieurs postes commerciaux (ventes Afrique, export Europe-Asie, lancement de la filiale britannique en 1996). Il rejoint Interxion en octobre 1999 comme directeur general pour la France, structure qu'il dirige depuis lors et qu'il a fait passer sous la banniere Digital Realty apres l'acquisition ; il est promu senior vice-president en 2021. Fort de plus de vingt-cinq ans dans le secteur des data centers, il est aussi membre fondateur de l'association France Datacenter, dont il est une figure mediatique reconnue.

Son positionnement est celui d'un porte-parole de la filiere data center francaise : il defend l'implantation d'infrastructures d'hebergement neutres sur le territoire tout en assumant la cotation americaine de sa maison-mere.

Dans la commission

Audite (M. Fabrice Coquio), Coquio defend le modele du data center neutre et mutualise (« carrier hotel »), qu'il presente comme distinct des hebergeurs cloud : « nous ne sommes pas des hebergeurs de cloud (...) mais l'infrastructure batimentaire sur laquelle s'appuient les acteurs de l'informatique, des telecoms et du cloud » (M. Fabrice Coquio). Il insiste sur cette neutralite, laissant a ses clients le choix d'un « cloud americain, chinois, francais, souverain et certifie SecNumCloud » (M. Fabrice Coquio), ce dernier segment representant « moins de 5 % de notre chiffre d'affaires en France » (M. Fabrice Coquio).

Sur la souverainete des donnees, il tient une ligne tranchante : la donnee « circule dans le monde a la vitesse de la lumiere » et « on ne peut pas forcement parler d'une territorialite de la donnee (...). Nous n'avons aucune idee de l'endroit ou elle se trouve a un instant donne » (M. Fabrice Coquio) ; ce qui compte a ses yeux est la presence physique de l'infrastructure sur le sol national. Interroge sur l'extraterritorialite (Cloud Act), il confirme sans detour la soumission de la maison-mere au droit americain (« Tout a fait »), rappelant que « 99 % de notre capital est flottant » et cotee au NYSE (M. Fabrice Coquio).

Il oppose son modele a celui des hyperscalers et « IA factories dedies a un seul client (...) dont les infrastructures n'ont d'ailleurs pas la meme perennite que les notres » (M. Fabrice Coquio), valorisant mutualisation et resilience. Sur l'energie, il ecarte le proces fait aux data centers : la France « dispose d'un exces de production electrique pour au moins les deux ou trois decennies a venir » (M. Fabrice Coquio), le vrai enjeu etant le « goulot d'etranglement (...) sur les reseaux de distribution » (M. Fabrice Coquio). Il defend la reglementation environnementale europeenne (« les directives europeennes vont dans le bon sens », la simplification ne devant porter que sur « le traitement administratif des permis et nullement la reglementation environnementale », M. Fabrice Coquio) et souligne la valeur territoriale creee : « pour chaque euro investi par Digital Realty, nos clients en investissent quatre » (M. Fabrice Coquio). Il conclut que « l'exigence de souverainete (...) impose clairement a la France de se doter de ce type d'infrastructures » (M. Fabrice Coquio).

Sources