Julien Lescoulié
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Julien Lescoulié est un développeur et entrepreneur français ancré à Marseille, spécialisé dans le développement d'applications et de solutions logicielles.
Il est le fondateur et président de Dev-ID (aussi écrit DEV.ID / Dev-id), une « digital factory » — studio de conception d'applications mobiles et web — créée au printemps 2017 avec Arnaud Mun (designer) et Diana Bajora (administration et finances). L'entreprise est implantée dans les quartiers nord de Marseille (résidente de l'accélérateur Le Carburateur, puis installée sur le site de l'Épopée, ancien siège de Ricard). Son modèle se réclame de l'artisanat et du compagnonnage — un développeur « propriétaire » désigné par projet plutôt qu'un fonctionnement de franchise — et mise sur la diversité et la formation de profils issus des quartiers. Dev-ID a connu une croissance rapide (de 3 à 16 salariés en huit mois, dès 2017-2018) et compte parmi ses clients des start-up mais aussi des TPE/PME et de grands groupes (Airbus Helicopters, Snef, NGE, Bourbon), avec des implantations évoquées à Toulouse et Los Angeles.
Depuis 2025, il est cofondateur et directeur technique (responsable des solutions logicielles) d'Oréus, SAS marseillaise lancée en mai 2025 par un collectif d'acteurs régionaux : Laurent Choukroun (PDG), Kevin Polizzi (infrastructures), Sabrina Agresti-Roubache (ex-secrétaire d'État, affaires institutionnelles), Sandra Blanchard (avocate, affaires publiques) et Julien Lescoulié (logiciel/applicatif). Oréus se présente comme un opérateur d'IA « souveraine » maîtrisant la chaîne « de l'infrastructure jusqu'à l'utilisateur final ». Son premier déploiement s'appuie sur le data center Athéna, dans l'agglomération grenobloise (Eybens), doté de 8 500 GPU (extension annoncée), un montage financé à hauteur d'environ 800 M€ par Core42, filiale IA du conglomérat émirati G42. L'orientation affichée de Lescoulié : souveraineté numérique française, décentralisation de la puissance de calcul et accessibilité de l'IA aux TPE/PME.
Dans la commission
Audité le 2026-04-29 (M. Charles-Antoine Beyney), en audition conjointe avec Laurent Choukroun (PDG d'Oréus) et Charles-Antoine Beyney (DG de DataOne). Il y intervient comme directeur technique d'Oréus, sur les aspects techniques et logiciels du projet. Le dossier corpus ne retient formellement qu'une citation ; la synthèse ci-dessous s'appuie sur ses interventions verbatim en M. Charles-Antoine Beyney.
Sa ligne : la souveraineté se joue dans la maîtrise de la couche logicielle et de l'accès, pas seulement dans le matériel.
- Accès par une brique nationale : « La plupart de nos clients se connecteront via notre API, et non via des API américaines ou chinoises » (M. Charles-Antoine Beyney).
- Argument de non-exfiltration technique : pour l'entraînement, « les données sont hébergées au plus près des GPU, directement sur les machines, sans transit réseau. Il ne peut donc pas y avoir d'exfiltration de données par ce genre de procédés » (M. Charles-Antoine Beyney).
- Contrôle humain et opérationnel : Oréus vise à devenir « l'opérateur exclusif de ces salles » via un contrat avec Core42, avec des équipes « sous contrat de travail français » — « seules nos équipes auront accès aux serveurs et aux données de nos clients » (M. Charles-Antoine Beyney).
- Modèle économique alternatif : « nous ne voulons pas faire du "GPU as a service" » ; API décentralisée « notariée » par une blockchain « afin d'être pleinement conformes au règlement européen sur l'intelligence artificielle (AI Act) », et une facturation « à l'usage, ou plus précisément au cas d'usage » (M. Charles-Antoine Beyney).
- Agnosticité technologique comme levier de souveraineté et de négociation : R&D à Marseille sur AMD et les GPU H100/H200/B200/B300 et RTX 6000 Pro, « notre API est agnostique » et redéployable « partout où il y a des GPU » — d'où l'idée que, si la négociation avec Core42 échoue, « les clients viendront avec Oréus ; ils ne sont pas liés directement au data center et leur trafic peut être redirigé ailleurs » (M. Charles-Antoine Beyney).
- Marché cible : « La plus grande partie du marché de l'IA en France se fera avec ces TPE-PME, qui constituent notre tissu économique » (M. Charles-Antoine Beyney).
Il complète le positionnement d'Oréus par des outils de transparence (« SovScore », drapeaux d'information sur le degré d'ouverture des modèles) présentés comme un moyen d'« objectiver » la souveraineté et d'informer les clients sur ce qui interagit avec leurs données (M. Charles-Antoine Beyney).
Sources
- https://www.lejournaldesentreprises.com/article/oreus-la-reponse-marseillaise-la-course-mondiale-lintelligence-artificielle-2123004
- https://www.businews.fr/%E2%80%8BOreus-la-riposte-marseillaise-pour-une-IA-souveraine_a4958.html
- https://www.lejournaldesentreprises.com/article/la-start-up-dev-id-soutient-sa-croissance-en-misant-sur-la-diversite-2095041
- https://madeinmarseille.net/34022-dev-id-startup-carburateur/
- https://fr.linkedin.com/in/julien-lescouli%C3%A9-7173b263