La part du citoyen
MA

Maryse Artiguelong

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Maryse Artiguelong est une militante associative française des droits humains, spécialiste des libertés numériques et de la protection des données personnelles. Ancienne informaticienne / consultante en informatique aujourd'hui retraitée, elle a mis cette expertise technique au service de son engagement associatif.

Elle est vice-présidente de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) (fonction qu'elle occupe depuis 2017) et membre de son comité central. Au sein de la LDH, elle est co-responsable du groupe de travail « Libertés et TIC » (technologies de l'information et de la communication), qui alerte les pouvoirs publics et le grand public sur l'impact des projets numériques (fichage, surveillance, hébergement des données) sur les libertés individuelles et collectives.

Elle est également vice-présidente de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) (depuis 2016), organisation dont la LDH est membre fondatrice.

Elle co-anime par ailleurs, pour la LDH, l'Observatoire des libertés et du numérique (OLN), collectif créé le 28 janvier 2014 réunissant notamment le CECIL, Creis-Terminal, la LDH, le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Syndicat de la magistrature (SM), dont l'objet est de veiller aux atteintes aux libertés à l'ère numérique. À ce titre, elle intervient régulièrement dans les médias et publie sur des sujets comme la surveillance, le fichage politique, le pass sanitaire ou l'application StopCovid, dont elle a été une critique publique au nom de la protection de la vie privée.

Son orientation est celle d'une défenseuse des droits fondamentaux et des libertés publiques, avec une expertise particulière sur les données personnelles, la souveraineté des données et l'encadrement de la surveillance.

Dans la commission

Auditionnée (des associations sur le thème de la protection des données personnelle) au titre de la Ligue des droits de l'Homme, Maryse Artiguelong porte le regard d'une défenseuse des libertés sur les dépendances numériques, en centrant son propos sur la protection des données personnelles sensibles et le risque d'accès par une autorité étrangère aux données hébergées chez des fournisseurs américains.

Elle prend l'exemple de Doctolib et de son hébergeur pour illustrer le risque pesant sur les données de santé : « Nous estimions en effet qu'il existait un risque pour les données personnelles, y compris des données sensibles de santé, dans la mesure où Doctolib recourt à Amazon Web Services pour leur hébergement. » (des associations sur le thème de la protection des données personnelle)

Elle s'appuie sur une audition antérieure devant la commission pour étayer la réalité de ce risque d'extraterritorialité : « j'ai pris connaissance de l'audition de M. Vilbœuf devant votre commission, au cours de laquelle il a reconnu l'existence d'un risque d'accès par une autorité étrangère aux données contenues dans cette plateforme. » (des associations sur le thème de la protection des données personnelle)

Elle élargit enfin l'enjeu à la souveraineté informationnelle et à la vulnérabilité concrète des personnes face à la dépendance aux services numériques étrangers, avec un exemple frappant : « Le fait que des personnalités telles que le président de la Cour pénale internationale ou un magistrat français de cette juridiction puissent se voir couper l'accès à leur messagerie illustre, me semble-t-il, l'ampleur des enjeux et la nécessité d'agir. » (des associations sur le thème de la protection des données personnelle)

Sa ligne : les dépendances au cloud américain ne sont pas qu'un enjeu économique ou industriel mais d'abord une menace pour les droits fondamentaux (vie privée, données de santé, confidentialité), qui appelle une action de l'État.

Sources