La part du citoyen
Robin Berjon

Robin Berjon

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Robin Berjon est un technologue binational franco-australien, spécialiste de la gouvernance des technologies numériques, de la souveraineté numérique et des questions de pouvoir dans l'espace numérique. Né et scolarisé à Grenoble (Cité scolaire internationale Stendhal, 1988-1995), il suit deux ans de philosophie à l'université Paris-IV La Sorbonne (1997) et obtient un certificat MITx en science de l'information quantique (2018). Il est basé à Bruxelles.

Il s'est fait connaître dans la communauté des standards du web comme éditeur de la spécification HTML et responsable de l'« HTML Activity » du W3C (World Wide Web Consortium) de 2012 à 2015, période durant laquelle il a supervisé la finalisation de HTML5 et lancé le projet de tests de conformité inter-navigateurs « Web Platform Tests ». Il a ensuite été CTO de science.ai (2015-2017), puis a rejoint le New York Times où il a été Executive Director puis Vice President Data Governance (2017-2022), en charge de la protection des données, de l'éthique algorithmique et de la conformité RGPD.

De 2022 à 2024, il a été vice-président du conseil d'administration du W3C et « Governance & Standards Lead » chez Protocol Labs (écosystème IPFS, protocole de stockage décentralisé). Depuis 2024, il dirige sa propre structure de conseil, l'agence Supramundane (société belge SRL Robin Berjon), spécialisée dans la gouvernance des technologies avec une orientation affichée : concevoir et déployer des technologies « non dystopiques », qui favorisent la démocratie et l'autonomie des personnes. Il est par ailleurs Deputy Director de l'IPFS Foundation, Senior Fellow de Public AI et du Future of Technology Institute, technologue chez Metagov, et expert au panel consultatif de l'autorité britannique de protection des données (ICO). Il publie régulièrement sur la souveraineté numérique et la démocratisation d'internet (Project Syndicate, Tech Policy Press, tribunes, conférences comme re:publica).

Son orientation intellectuelle est clairement critique de la concentration de pouvoir des Big Tech et favorable à des infrastructures numériques décentralisées et démocratiques ; c'est un partisan de la souveraineté numérique européenne.

Dans la commission

Auditionné (audition de Mme Maud Quessard) en qualité d'informaticien et consultant, directeur de l'agence Supramundane. Intervenant de premier plan (9 interventions), avec une thèse structurée et documentée.

Sa thèse centrale : la souveraineté numérique est d'abord un problème de pouvoir privé, pas de technologie. Il décrit les grandes plateformes comme des « gouvernements privés » dont le droit prime sur celui des États : « Nous sommes confrontés à un problème de souveraineté numérique car le droit des États compte moins que le droit de ces gouvernements privés » (Mme Maud Quessard). Il en tire une alerte politique : « lorsqu'on a affaire à une infrastructure de gouvernance autoritaire, la société elle-même devient, par la force des choses, autoritaire, quelles que soient les institutions qui agissent par ailleurs » (Mme Maud Quessard).

Points saillants de son propos :

Sources