Thomas Courbe
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Thomas Courbe, ne le 3 octobre 1972, est un haut fonctionnaire francais, ingenieur general de l'armement (corps des ingenieurs de l'armement), passe par Supaero (ISAE-SUPAERO). Il debute sa carriere en 1995 au ministere de la Defense, ou il est notamment charge de programmes d'avions de combat puis chef de cabinet du directeur des programmes aeronautiques a la Direction generale de l'armement (DGA).
A partir de 2002, il rejoint le pole economique et financier de l'Etat, principalement a la Direction generale du Tresor (DG Tresor). Il y est chef du bureau des affaires aeronautiques, militaires et navales (2006-2007), secretaire general du Club de Paris (2007-2009), puis sous-directeur adjoint des relations bilaterales (2009-2010). De 2010 a 2012, il est directeur de cabinet de Pierre Lellouche, secretaire d'Etat au Commerce exterieur, tout en etant directeur adjoint du cabinet des ministres de l'Economie et des Finances (Christine Lagarde puis Francois Baroin).
En juillet 2012, il devient secretaire general de la DG Tresor, puis directeur general adjoint du Tresor en septembre 2015. En 2018, il est nomme directeur general des entreprises (DGE) au ministere de l'Economie et des Finances, succedant a Pascal Faure ; il est reconduit dans ces fonctions en conseil des ministres le 6 juillet 2020. A ce titre, il exerce egalement les fonctions de commissaire a l'information strategique et a la securite economiques (SISSE). C'est en qualite de DGE qu'il est auditionne par la commission d'enquete en 2026. Il est chevalier de la Legion d'honneur et chevalier de l'ordre national du Merite.
La DGE est l'administration centrale (Bercy) chargee de la politique industrielle, du numerique et du soutien aux entreprises : sa parole engage la doctrine de l'Etat en matiere de politique economique du numerique, ce qui situe son intervention du cote des pouvoirs publics et non des acteurs prives ou de la societe civile.
Dans la commission
Audite (M. Thomas Courbe, 8 interventions), Thomas Courbe expose la doctrine de l'Etat sur la souverainete numerique. Sa these : la souverainete « repose sur trois grands piliers d'action » (M. Thomas Courbe) — soutenir une offre competitive (France 2030, Piiec), diffuser les solutions dans l'economie, et agir par la reglementation (reglement IA, protection des donnees, DMA). Ligne constante : l'intervention publique doit rester selective et ciblee sur les defaillances de marche averees, non un saupoudrage.
Positions cles defendues :
- Preference europeenne : il plaide pour un « levier juridique qui permettrait de prioriser l'offre continentale dans l'attribution des financements et de la commande publique » (M. Thomas Courbe), en definissant le service europeen « par l'origine de sa valeur ajoutee [...] la localisation de la valeur produite en Europe » plutot que par la nationalite de l'entreprise. Il reconnait que « certains Etats membres ne considerent pas qu'elle constitue un enjeu majeur » (M. Thomas Courbe).
- Extraterritorialite / Cloud Act : le blocage d'un cadre europeen protecteur est politique, « puisque certains de nos partenaires, soucieux de preserver leur relation avec le gouvernement americain, craignent de creer un contentieux » (M. Thomas Courbe). Il rappelle qu'« il existe en France 17 offres certifiees SecNumCloud » comme reponse au risque d'acces extraterritorial.
- Rachats et capitaux etrangers : « Cet ancrage local prevaut sur la nationalite des capitaux » (M. Thomas Courbe) ; il defend le maintien de l'attractivite des dispositifs (CIR) sans conditionnalite ajoutee, « l'ajout de conditions supplementaires risquerait d'amoindrir l'attractivite du dispositif ».
- Datacenters et energie : sur les 109 Md€ du sommet IA, « environ 90 milliards sont dedies aux centres de donnees » et « pour l'immense majorite [...] il s'agit de fonds prives ne necessitant pas de soutien public » (M. Thomas Courbe). Il propose de passer « du principe du "premier demandeur, premier servi" a celui du "premier pret, premier servi", sous l'egide de la CRE » pour contrer la preemption de capacites electriques par les hyperscalers.
- Diffusion de l'IA : il chiffre l'appropriation par les entreprises — « la part des TPE et PME utilisant l'intelligence artificielle a bondi de 5 % en 2023 a 26 % en 2025 » (M. Thomas Courbe) — et cite Mistral AI sur le sur-mesure. Sur le marche du cloud, il valide un ordre de grandeur de « 50 milliards d'euros pour le marche francais ».
Son angle general : une posture d'expert public pragmatique, chiffree, qui reconnait les vulnerabilites (financement des scale-up qui partent aux Etats-Unis « faute de capitaux europeens suffisants ») tout en defendant une action de l'Etat mesuree, appuyee sur la reglementation europeenne (DMA) et le levier de la commande publique plutot que sur des mesures de rupture.
Sources
- https://lannuaire.service-public.gouv.fr/gouvernement/c29540a1-a126-434d-a6dc-a0236eefeec6
- https://www.economie.gouv.fr/organigramme/detail/direction-generale-des-entreprises-dge
- https://www.economie.gouv.fr/files/files/2022/Courbe-Thomas.pdf
- https://www.lemoci.com/actualites/actualites/entreprises-international-thomas-courbe-prend-la-tete-de-la-dge/
- https://acteurspublics.fr/nomination/les-7-cadres-sur-lesquels-sappuie-thomas-courbe-a-la-direction-generale-des-entreprises/
- https://everybodywiki.com/Thomas_Courbe
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/cnpe/ce-dependance-numerique