La part du citoyen
TJ

Thomas Jan

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Thomas Jan est, depuis le 2 octobre 2023, directeur general adjoint en charge de la strategie numerique et de l'innovation d'UniHA et de la CAIH, les deux principales centrales d'achat du secteur hospitalier public francais. Son affiliation est celle d'un acheteur public de la sante, et non d'un groupe politique : il temoigne depuis la « ligne de front » de l'achat hospitalier.

Diplome de l'Institut Mines-Telecom Atlantique (ex-IMT / Ecole des Mines-Telecom de Nantes) en 2004, il a construit un parcours a la charniere de la sante publique, des systemes d'information et du numerique de sante :

Il pilote depuis fin 2023 les projets numeriques d'UniHA et de la CAIH (cybersecurite, IA, souverainete numerique, partenariats public-prive). UniHA (Union des hopitaux pour les achats) est le premier acheteur public francais dans le domaine de la sante : environ 6 milliards d'euros d'achats par an, pres de 1 500 etablissements et groupements hospitaliers de territoire adherents, 140 collaborateurs. La CAIH (Centrale d'achat de l'informatique hospitaliere) pilote environ 340 millions d'euros de volume d'achats informatiques et telecoms pour quelque 2 000 structures. Cette double casquette explique son angle d'audition : la dependance numerique vue par le prisme de la commande publique et du rapport de force avec les editeurs et hyperscalers.

Dans la commission

Audite le des acheteurs publics (10 interventions). Thomas Jan y intervient comme praticien de l'achat public hospitalier et fait de son audition un temoignage de terrain sur la captivite economique des hopitaux vis-a-vis des editeurs et fournisseurs de cloud non souverains.

Sa these — le verrouillage se paie en factures qui explosent. Il documente l'ampleur du phenomene par un cas concret (la situation VMware/Broadcom en toile de fond) : « nous avons eu connaissance d'une proposition faite a un CHU (centre hospitalier universitaire) dont le prix, a besoins constants, avait augmente non de 20 % mais de 800 %. » (des acheteurs publics) La hausse est telle qu'elle inverse la logique economique de la migration : « l'augmentation des prix est telle que le double run, meme s'il implique de former des experts a deux technologies au lieu d'une, s'avere desormais moins couteux » (des acheteurs publics) — autrement dit, maintenir deux technologies en parallele pour se desengager devient moins cher que de rester captif.

Un pouvoir de negociation lucide sur ses limites. Meme premier acheteur public de la sante, il refuse de surestimer le levier collectif face aux geants mondiaux : « ne nous leurrons pas : nous sommes un petit maillon a l'echelle du monde » (des acheteurs publics).

Sur la souverainete, un constat sans complaisance. Il pointe le paradoxe de l'ecosysteme national : « Le fait est que des pepites francaises peuvent etre hebergees chez des hyperscalers americains » (des acheteurs publics) — une souverainete de facade tant que la couche d'hebergement reste etrangere.

Sa ligne : mutualiser l'achat pour peser, diversifier les technologies (quitte a assumer le cout du double run) et traiter la souverainete comme un enjeu de commande publique, pas seulement de discours.

Sources