La part du citoyen

Carte politique

Horizons & indépendants

Fiche courte, assumée : le groupe ne pèse que 5 questions portées par 2 députés (Vincent Thiébaut, 3 ; Isabelle Rauch, 2). On ne peut donc dégager qu'une tendance, pas une doctrine consolidée. Analyse strictement adossée aux questions du dossier.

1. Ligne du groupe

Souveraineté par l'industrie/les compétences plutôt que par la loi. C'est le trait le plus net. Thiébaut doute explicitement que la règle puisse tenir le rythme : « courir derrière la technologie par la loi », « la technologie, on pourra toujours courir après, elle aura toujours un coup d'avance » (M. Martin Untersinger). Son réflexe est le savoir-faire industriel et l'infrastructure : programme Scorpion, cloud de combat du Scaf, réaffectation de bases de la ligne Maginot en cloud souverain (M. Dominique Luzeaux). Rauch, elle, place la souveraineté du côté du capital humain : « réinternalisation des compétences », chantier des rémunérations pour la retenir (M. Emmanuel Marcovitch, Mme Anne Le Hénanff). La loi/régulation n'est jamais posée comme le levier premier.

Pragmatisme « choisir ses dépendances », pas de rupture. Aucune rhétorique de rupture avec les hyperscalers. Rauch pose d'emblée que la contradiction entre internalisation et externalisation des compétences n'est « peut-être qu'apparente » (M. Emmanuel Marcovitch) — logique d'arbitrage, pas de souveraineté-forteresse. Thiébaut traite l'interopérabilité OTAN et l'ouverture indirecte aux normes américaines comme un risque à pondérer, pas à trancher par principe (M. Dominique Luzeaux). Ton d'ingénieur/gestionnaire plus que de tribun.

Cloud souverain : accepté comme objectif, pas débattu. Le « cloud souverain » est mobilisé comme une évidence dans le cadre défense (M. Dominique Luzeaux), sans jamais l'interroger. Aucune question ne touche Bleu, S3NS ni le soupçon de « washing » : silence total du groupe sur cet axe — donnée absente, à ne pas surinterpréter.

IA/plateformes et données : transparence et pédagogie plutôt que régulation dure. Sur l'IA, Thiébaut réclame la traçabilité des sources — « insensé que nous ne soyons pas capables de savoir de quelles sources proviennent les résultats fournis par une IA, alors que tout journaliste cite ses sources » (Mme Mélanie Dulong de Rosnay) —, exigence de reddition de comptes plus que de police. Sur les données personnelles, il dresse un constat vif (une appli du Google Store qui partage position et infos, le consentement RGPD-théâtre où « tout le monde clique sur oui sans savoir », M. Martin Untersinger), mais en tire un remède éducatif, pas réglementaire.

Responsabilité imputée : l'utilisateur et l'État, pas les GAFAM. C'est distinctif. Thiébaut désigne le maillon humain : « la faille est d'abord humaine avant d'être technologique » (M. Martin Untersinger). En parallèle, l'État est appelé à être garant — gouvernance des données, coffre-fort numérique, identité numérique (Mme Mélanie Dulong de Rosnay) — et sommé de clarifier sa doctrine (Rauch, « je ne crois pas que vous nous ayez donné votre définition de la souveraineté numérique et de la dépendance », Mme Anne Le Hénanff). Les plateformes américaines ne sont jamais mises au banc des accusés.

2. Stratégie de questionnement

Registre dominant : s'informer et arbitrer. M. Dominique Luzeaux est une vraie demande d'expertise technique (degrés de dépendance, vulnérabilités civilo-militaires) ; M. Emmanuel Marcovitch et Mme Mélanie Dulong de Rosnay sollicitent des préconisations. Mais deux inflexions notables :

Sous-textes transverses : (a) la souveraineté est d'abord une affaire de compétences et d'humains ; (b) méfiance envers la loi comme outil ; (c) l'État doit fournir les outils de gouvernance et clarifier son cap.

3. Députés clés