Covid, maintenance et chute de disponibilité
Sur ce sujet, le corpus repose presque exclusivement sur l'audition d'Antoine Pellion (M. Antoine Pellion, 18 janvier 2023). Il n'apporte donc pas de débat contradictoire entre plusieurs intervenants au sein de la fiche, mais expose une ligne d'explication précise de la crise de disponibilité du parc nucléaire en 2022, ainsi que la trace d'un désaccord avec le questionnement parlementaire.
Le constat exposé. Selon Antoine Pellion (M. Antoine Pellion), la baisse de disponibilité du parc n'était pas un phénomène entièrement imprévu : une « montée en puissance programmée de très longue date » de la maintenance avait été « intégrée dans les exercices de planification sous la forme d'une moindre disponibilité ». Autrement dit, une diminution de disponibilité était anticipée dans les scénarios. La distinction qu'il établit porte sur la cause de l'aggravation : ce calendrier programmé aurait été « perturbé par les événements exceptionnels que sont le Covid et la corrosion sous contrainte ». La crise de 2022 est ainsi attribuée à des chocs exogènes venus dérégler une trajectoire prévue.
La ligne de défense et le clivage. La position centrale de Pellion (M. Antoine Pellion) consiste à imputer la chute de disponibilité à ces chocs (Covid, corrosion sous contrainte) plutôt qu'aux choix de mix énergétique ou à une organisation délibérée de la rareté. La fiche identifie cette posture comme une « ligne de défense récurrente ». Le clivage apparaît en creux, dans l'échange avec un député du Rassemblement national qui évoquait une planification de pénuries : Pellion oppose une réfutation « directe et frontale », « Nous n'avons donc pas organisé de pénurie d'électricité. » Le désaccord oppose donc deux lectures : celle d'une crise subie, produit d'aléas extérieurs, contre l'hypothèse, soulevée dans la question parlementaire, d'une pénurie organisée ou planifiée.
Une responsabilité déclinée. Sur les arbitrages de maintenance pris pendant la période Covid, Pellion (M. Antoine Pellion) se récuse en invoquant sa fonction d'alors : « Je n'étais pas à l'époque à Matignon, mais à la République en marche. Je n'ai pas eu à vivre ces décisions et ne peux donc pas vous répondre sur ce point. » Le corpus ne fournit pas, sur ce point, le détail des décisions de report ou de concentration de la maintenance pendant la crise sanitaire.
Points saillants. Deux facteurs sont nommément retenus comme causes de la perturbation : le Covid et la corrosion sous contrainte. La fiche ne contient pas de chiffres de disponibilité ni de volumes de maintenance. L'essentiel de la matière disponible tient donc à l'opposition entre l'attribution à des chocs exogènes et l'accusation, écartée par l'intéressé, d'une pénurie organisée.
Qui en parle
- Antoine Pellion (M. Antoine Pellion, 18/01/2023) : unique intervenant cité sur le sujet. Attribue la chute de disponibilité aux chocs exogènes (Covid, corrosion sous contrainte) et non aux choix de mix ; réfute frontalement toute pénurie organisée ; décline la responsabilité sur les arbitrages de maintenance Covid faute d'avoir été à Matignon à l'époque.
- Un député du Rassemblement national (cité indirectement, M. Antoine Pellion) : porteur de la thèse adverse d'une pénurie « planifiée », à laquelle Pellion répond par une réfutation directe.