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Crise de disponibilité du parc et production 2022

La chute brutale de la disponibilité et de la production du parc nucléaire français en 2022 constitue l'un des faits les plus matériels du corpus. C'est aussi un terrain où les auditionnés convergent sur l'ampleur du phénomène mais s'affrontent sur ses causes : aléa technique subi ou conséquence de choix politiques. Le domaine articule trois plans : le constat chiffré de l'effondrement et le débat sur ses responsabilités, l'explication par les chocs exogènes (covid et corrosion sous contrainte), et une question technique connexe — le suivi de charge — qui est explicitement disjointe de la crise.

Vue d'ensemble et lignes de force. L'ampleur de l'effondrement fait l'objet d'un accord large. La production passe d'environ 400 TWh/an dans les années 2000-2015 à « environ 280 » TWh en 2022 (M. Piechaczyk, M. Xavier Piechaczyk), soit une baisse de l'ordre de 25 % ; le taux de disponibilité tombe à 54 % en 2022 contre plus de 70 % en moyenne sur vingt ans (M. de Rugy, M. François de Rugy). Deux facteurs techniques sont systématiquement cités : les retards de maintenance liés au covid et la corrosion sous contrainte. La ligne de force du domaine est moins le constat que l'usage qui en est fait : pour la plupart des responsables exécutifs et opérationnels, la crise est un aléa exogène et imprévisible, dégagé de toute responsabilité politique ; cette lecture est contestée en creux par l'hypothèse d'une rareté organisée et par une critique de l'illusion du tout-nucléaire.

Sujets abordés.

Clivages majeurs. Le premier oppose la thèse de l'aléa subi (Piechaczyk, de Rugy, Hollande, Pellion : crise technique, imprévisible, sans origine politique) à la thèse d'une cause structurelle ou politique — soit le sous-investissement ancien invoqué par Mme Borne, soit l'hypothèse d'une « pénurie planifiée » avancée par un député du Rassemblement national et frontalement réfutée par Pellion. Un second clivage, plus discret, est celui de l'imputation entre acteurs : M. de Rugy renvoie la faute aux assurances d'EDF, tandis que les opérateurs présentent la conjonction covid-corrosion comme non anticipable (M. Michel, M. Laurent Michel, reconnaît n'avoir pas anticipé « une conjonction aussi importante »). Une voix dissonante, M. Sauquet (M. Philippe Sauquet), déplace le débat en critiquant la « foi » française dans le tout-nucléaire, l'hiver 2022 montrant que charbon, gaz et renouvelables ont dû pallier « les défaillances de presque la moitié de notre parc ». Sur le suivi de charge, en revanche, aucun désaccord frontal : tous présentent la modularité comme une capacité réelle et maîtrisée.

Sujets couverts

Sujets de ce domaine

Effondrement de la disponibilité du parc nucléaire

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Covid, maintenance et chute de disponibilité

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Suivi de charge et modulation du parc

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