Anne-Hélia Roure
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Anne-Hélia Roure est médecin psychiatre, spécialisée en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (pédopsychiatre). Elle exerce en cabinet libéral à Paris. Le Collectif surexposition écrans (CoSE), dont elle est membre, la présente sur sa page « qui sommes-nous » comme psychiatre de l'enfant et de l'adolescent exerçant à Paris et conférencière du CoSE. La même source la décrit par ailleurs comme pédopsychiatre, membre du collectif CoSE et co-fondatrice d'Attentive Génération — Attentive Génération étant l'une des structures associées au mouvement des « pactes » de parents visant à retarder le premier smartphone.
Elle est signataire, le 3 septembre 2025, d'une tribune collective publiée par Le Figaro, Pour protéger l'enfance, il faut légiférer contre l'emprise numérique, où son nom figure parmi les pédopsychiatres, aux côtés notamment de Karine de Leusse, psychologue — la même praticienne avec laquelle elle est entendue par la commission. Cette tribune, portée par le collectif CoSE, demande l'interdiction de l'accès au smartphone avant 15 ans et l'interdiction des écrans avant 3 ans, y compris dans la sphère privée.
Elle intervient régulièrement dans les médias sur les effets des écrans et des réseaux sociaux chez les mineurs : podcast vidéo « Inspirants » de François-Xavier Ménage, diffusé par TF1 Info et TF1+ (janvier 2026), où elle est présentée comme « psychiatre et pédopsychiatre » ; Le Podcast Santé de BFMTV (février 2026) ; débat « 64' » de TV5Monde (décembre 2025) ; elle est également citée par Le Figaro du 17 décembre 2025 dans un article consacré aux pactes « grandir mieux sans smartphone ».
Réserve de vérification. Les sources publiques consultées ne documentent ni sa formation, ni ses diplômes, ni son parcours professionnel antérieur avec des dates : ces éléments ne sont donc pas renseignés ici. Elle ne fait l'objet ni d'une notice Wikipédia ni d'un élément Wikidata, et aucun ouvrage publié sous son nom n'a été trouvé. L'identité est en revanche établie sans ambiguïté par recoupement : pédopsychiatre exerçant en cabinet libéral à Paris, travaillant sur l'exposition des mineurs aux écrans, et co-signataire d'une tribune avec Karine de Leusse, auditionnée le même jour qu'elle par la commission. À noter que la plupart de ces traces publiques (tribune, podcasts, articles de presse) sont postérieures à son audition du 28 mai 2025 ; le dossier corpus ne lui attribue, comme fonction déclarée devant la commission, que celle de « médecin psychiatre ».
Dans la commission
Fiche courte : le dossier corpus est resserré. Anne-Hélia Roure n'apparaît que dans une seule audition (cr19a, 28 mai 2025), avec trois prises de parole recensées, dont le dossier retient dix citations. Elle y est entendue comme médecin psychiatre, exerçant en cabinet libéral.
Son propos est un témoignage clinique : elle parle depuis sa patientèle d'adolescents, à partir de cas individuels. Ce qui suit est ce qu'elle affirme et défend devant la commission ; ces énoncés sont ses constats et ses positions, non des faits établis par la commission.
Sa thèse. L'usage de TikTok produit chez les mineurs qu'elle reçoit des atteintes psychiques graves et durables ; TikTok est, parmi les réseaux, le plus dangereux parce que le plus addictif ; et la responsabilité doit être déplacée de l'enfant vers le cadre social et réglementaire.
Positions clés défendues (cr19a).
- Volume d'usage, illustré par un cas. « Âgé de 16 ans, il passe 90 heures par semaine sur son téléphone et reçoit plus de 1 000 notifications sur son téléphone. Sur ces 90 heures, 75 heures sont passées sur TikTok. » Elle insiste sur l'absence d'antécédents : « Ce jeune allait bien avant de consulter les réseaux sociaux et TikTok. Il n'avait jamais eu besoin de consulter. Il s'agit d'un bon élève, qui vit dans un environnement familial sain. »
- Automutilation et effet de communauté. « J'ai reçu Léa, qui se scarifie tous les soirs sur TikTok, soutenue et encouragée par une communauté, sans que ses parents n'aient la moindre idée de ce qui se passe, alors que de nombreux jeunes à l'école le savent pertinemment. »
- Conduites à risque dans la sexualité. « J'ai reçu des jeunes filles et des jeunes hommes dont la sexualité est très influencée par TikTok de façon dangereuse, en particulier par des pratiques d'étranglement – le choking – pendant les relations intimes. »
- Effet sur l'estime de soi des filles. « 100 % des jeunes filles que je reçois ont perdu confiance en elles après s'être inscrites sur les réseaux sociaux. » L'énoncé porte, tel qu'il est formulé, sur sa patientèle de cabinet.
- Désignation de TikTok comme cas particulier. « Ce réseau social est le plus dangereux parce qu'il s'agit du plus puissant, celui dont l'algorithme est le plus addictif. Beaucoup disent : « TikTok me comprend ». »
- Caractère durable des atteintes. « le jeune développe des troubles mentaux profonds, des maladies psychiques graves, dont il ne peut pas se remettre comme il pourrait se rétablir après une grippe. L'après n'est pas l'avant en matière de troubles psychiques. »
- Déplacement de la responsabilité vers le cadre. « on vient pathologiser des enfants alors qu'en réalité, le cadre de société a aussi permis que ces enfants tombent malades. »
- Régulation de l'accès par l'âge. Sur le smartphone comme outil puissant à réguler selon l'âge, elle recourt à une analogie : « Je ne donnerais pas les clefs de ma voiture à mon fils de 8 ans. »
- Chiffre repris d'un tiers. Elle avance, en l'attribuant à une source extérieure : « selon les chiffres fournis par M. Mark Zuckerberg, seuls 10 % à 20 % de l'usage des réseaux sociaux servent à communiquer avec des gens que l'enfant ou l'adolescent connaît réellement, dans la réalité. » Le dossier corpus ne recense aucune vérification de cette donnée en séance.
Le dossier corpus ne recense pour elle aucune question posée (elle est auditionnée, non membre de la commission) ni aucune autre position formalisée.
Sources
- https://surexpositionecrans.fr/qui-sommes-nous/ (fonction, spécialité, lieu d'exercice, qualité de conférencière CoSE)
- https://surexpositionecrans.fr/les-podcasts-de-cose/ (fonction affichée : pédopsychiatre, membre du collectif CoSE, co-fondatrice d'Attentive Génération ; interventions podcast 2026)
- https://www.lefigaro.fr/vox/societe/pour-proteger-l-enfance-il-faut-legiferer-contre-l-emprise-numerique-20250903 (tribune collective du 3 septembre 2025 et liste des signataires)
- https://www.tf1info.fr/societe/addiction-isolement-dependance-anne-helia-roure-pedopsychiatre-demontre-dans-le-podcast-inspirants-l-impact-des-ecrans-sur-le-cerveau-des-adolescents-2418221.html (podcast « Inspirants », 13 janvier 2026)
- https://www.lefigaro.fr/actualite-france/l-enfance-passe-vite-on-ne-peut-pas-attendre-le-succes-contagieux-des-pactes-grandir-mieux-sans-smartphone-lances-par-des-parents-20251216 (citation dans l'article sur les pactes sans smartphone, 17 décembre 2025)
- https://www.assemblee-nationale.fr/17/cr-cetiktok/24-25/c2425019.asp (compte rendu officiel de l'audition du 28 mai 2025, qualité déclarée)