La part du citoyenTikTok et les mineurs
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Antonin Atger

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Antonin Atger est un écrivain français et doctorant chercheur en psychologie sociale. Il écrit également

sous le pseudonyme littéraire « Amanalat ». Sa biographie personnelle, publiée sur son site, indique un

parcours d'« ancien étudiant de Sciences Politiques », une expérience professionnelle dans le commerce

international et de longs séjours à l'étranger (Argentine, Canada, Espagne, Japon).

Il est l'auteur de la trilogie de science-fiction InterFeel, publiée chez Pocket Jeunesse : le premier

tome paraît en 2018, le troisième le 12 novembre 2020. Le roman met en scène des adolescents connectés en

permanence à « Interfeel », un réseau social de partage des émotions. La série a reçu le prix des Lecteurs

en Seine en 2020 et a fait l'objet d'une adaptation en bande dessinée annoncée en 2023.

Il se présente par ailleurs comme spécialiste des théories du complot et des fausses informations. Son site

mentionne des interventions en milieu scolaire sur l'esprit critique et la désinformation, la création de

jeux pédagogiques (« Fakemètre », « Radar'naque ») destinés à l'évaluation des sources et à la

reconnaissance des arnaques en ligne, une présentation de ses travaux au centre de recherche en psychologie

de Brunel University (Londres) et une collaboration avec la revue Science et pseudo-sciences.

Lors de son audition du 26 mai 2025, il se présente lui-même devant la commission en ces termes : « Outre

mon travail d'écriture, je suis doctorant chercheur en psychologie sociale, notamment sur le complotisme et

la désinformation, à Londres. » (cr16a). Le président de la commission l'annonce comme « écrivain,

doctorant chercheur ».

*Réserve de méthode : au-delà de son site personnel et du compte rendu officiel de l'Assemblée nationale,

les sources publiques consultables sur son rattachement doctoral précis (établissement d'inscription,

laboratoire, sujet et année de thèse) n'ont pas pu être vérifiées de façon indépendante ; ces éléments sont

donc rapportés tels qu'il les déclare.*

Dans la commission

Auditionné sous serment le 26 mai 2025 (cr16a), conjointement avec Audrey Chippaux, auteure de *Derrière le

filtre*. Environ 2 700 mots de parole ; 11 interventions. Il déclare n'avoir aucun conflit d'intérêts.

Sa thèse : corrélation documentée, causalité non établie. Il ouvre par une mise en garde

méthodologique : « En termes synthétiques, on ne connaît pas de lien de causalité directe entre l'état de

santé mentale et l'usage de TikTok. » (cr16a) Il indique dans le même temps qu'il existe « un consensus

entre plusieurs études montre un lien assez fort entre un usage démesuré de TikTok et des troubles

mentaux anxieux » (cr16a), et pose lui-même la limite de ce que ces travaux permettent d'affirmer : « Cela

ne concerne toutefois pas seulement TikTok ni les seuls mineurs et, si TikTok peut amplifier ce phénomène,

il n'en est pas nécessairement la cause. » (cr16a)

Un effet dépendant de la dose et du contexte. Il avance un seuil d'usage tiré de la littérature qu'il

cite : « L'étude que j'ai déjà citée montre par exemple qu'on peut tracer des effets bénéfiques pour une

utilisation d'une heure par jour, alors que ces effets sont plus problématiques pour une durée quotidienne

de trois, quatre ou cinq heures. » (cr16a) Il défend l'existence d'effets positifs — « Bien utilisé avec

des professionnels, TikTok peut ainsi avoir des effets bénéfiques sur la santé mentale. » (cr16a) — et

signale une inégalité sociale d'exposition : « On observe aussi une disparité en fonction des milieux

sociaux, les plus défavorisés ayant un usage plus problématique de TikTok. » (cr16a)

L'agentivité des mineurs. C'est le point de friction de l'audition : à la rapporteure qui lui oppose le

caractère selon elle antinomique d'un usage modéré face à la force de l'algorithme, il maintient sa

position — « Il ne faut pas sous-estimer l'agentivité des mineurs. » (cr16a) — sans contester l'existence

d'usages problématiques.

Deux concepts qu'il apporte au débat. La relation parasociale, qu'il définit comme le fait « d'avoir

une relation réelle avec une personne imaginaire – un personnage de roman – ou avec une star, une

célébrité, un youtubeur, un tiktokeur ou autres » (cr16a) ; et une lecture sociologique de la

polarisation, qu'il n'impute pas au seul algorithme : « De manière naturelle, les gens qui prennent la

parole sur les réseaux, en particulier sur des thématiques politiques, sont très investis, plutôt aux

extrêmes et polarisés. » (cr16a) Il qualifie par ailleurs les réseaux sociaux d'« arme de guerre

informationnelle pour modeler l'opinion et promouvoir certaines thématiques plutôt que d'autres » (cr16a).

Sur les lives et la vulnérabilité. Interrogé sur les « matchs » en direct, il propose une lecture en

termes de terrain préexistant : « Ceux qui sont sur des réseaux au milieu de la nuit ont peut-être déjà des

troubles anxieux parce qu'il y a une corrélation avec la mauvaise qualité du sommeil. À cette heure de la

nuit, ceux qui sont sur les réseaux sont peut-être des victimes plus faciles. » (cr16a) Il cite comme

exemple particulièrement marquant des affrontements monétisés : « L'un des matchs de ce genre les plus

écœurants était un match Israël-Palestine, où l'on voyait quels soutiens donnaient le plus d'argent. »

(cr16a)

Sa recommandation. Il se prononce contre l'interdiction et pour la régulation : « Une interdiction

totale sera inefficace en raison notamment des réseaux privés virtuels (VPN) ou de questions de droit. Il

faut une régulation, des amendes plus fortes et de la co-construction pour limiter les dégâts, et même

favoriser un usage modéré et vertueux des réseaux. » (cr16a) Il articule cette position avec une action

hors ligne : « Le malaise existant dans la vraie vie est exploité par TikTok. Il faut donc agir sur TikTok,

mais aussi sur les problèmes existant dans la vraie vie pour empêcher ensuite les dérives observées sur le

réseau. » (cr16a)

Sources

l'audition du 26 mai 2025)