Anton’Maria Battesti
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Anton’Maria Battesti est directeur des affaires publiques France de Meta — la société qui édite
Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger. C'est sous cet intitulé qu'il est présenté par la commission
d'enquête de l'Assemblée nationale lors de la table ronde du 17 juin 2025.
Il exerce des fonctions d'affaires publiques pour l'entreprise depuis au moins le milieu des années 2010.
En juillet 2019, il est auditionné sous serment par la commission d'enquête du Sénat sur la souveraineté
numérique en qualité de responsable des affaires publiques de Facebook France (audition du 18 juillet
2019, publiée au tome II du rapport n° 7, session 2019-2020). Il y présente alors l'implantation française
de l'entreprise, indiquant qu'environ 36 millions d'utilisateurs se connectent à Facebook au moins une fois
par mois et que l'entreprise emploie 200 salariés en France.
De 2015 à 2018, il préside l'association Point de Contact, association professionnelle française
créée en 1998, spécialisée dans le signalement et la lutte contre les contenus illicites en ligne et
membre du réseau européen INHOPE (ses membres sont des hébergeurs, plateformes, moteurs de recherche et
sociétés de technologies de sécurité). Jean-Christophe Le Toquin lui succède à la présidence lors de
l'assemblée générale du 8 juin 2018.
Limites de la vérification. Aucune notice encyclopédique ni fiche institutionnelle publique le
concernant n'a pu être trouvée : sa date de naissance, sa formation et ses fonctions antérieures à son
entrée chez Facebook n'ont pas pu être établies à partir de sources fiables et ne sont donc pas
mentionnées ici. Les éléments ci-dessus proviennent exclusivement de sources primaires (comptes rendus
officiels du Sénat et de l'Assemblée nationale, communiqué de l'association Point de Contact) et d'une
notice Wikipédia elle-même sourcée sur Point de Contact.
Homonymie. Le patronyme Battesti est répandu (notamment en Corse) : Léo Battesti (ancien militant
nationaliste corse, échecs), Michèle Battesti (historienne, IRSEM), Gilles Battesti (dermatologue), le
cabinet d'architecture Battesti Associés — aucun lien avec la personne auditionnée. L'identification
retenue ici repose sur la conjonction du prénom rare « Anton’Maria » et de la fonction d'affaires
publiques chez Facebook/Meta France, explicitement nommée dans les trois sources primaires citées.
Dans la commission
Anton’Maria Battesti est auditionné le 17 juin 2025, lors d'une table ronde ouverte à la presse
réunissant plusieurs plateformes (Meta, X, YouTube), aux côtés d'Aurore Denimal, responsable des affaires
publiques France de Meta (réf. cr28a). Le dossier corpus recense 44 interventions sur cette unique
audition.
Économie de l'attention : un service qui doit rester utile. Il ne conteste pas le terme, mais en
déplace la lecture vers l'intérêt de l'utilisateur : « Vous pouvez appeler ça « économie de l’attention »,
mais il faut quand même que vous trouviez de l’intérêt à ce qui vous est proposé. » (cr28a) Il relie la
qualité des contenus au modèle économique publicitaire : « il est important que le réseau ne soit pas une
poubelle. Sinon, les gens s'en détournent et préfèrent d'autres expériences. » (cr28a)
Amplification et engagement. Il conteste l'idée d'une prime mécanique à la radicalité : « nous avons
observé que ce n'étaient pas forcément les contenus radicaux qui suscitaient le plus d'engagement,
c'est-à-dire qui étaient le plus likés, commentés ou partagés. » (cr28a)
Moyens de modération. Il avance des chiffres : « À l'échelle globale, le chiffre que je peux vous
citer est de 15 000 modérateurs. Les rapports transmis à la Commission européenne dans le cadre du DSA
font état d'environ 600 personnes qui travaillent pour le marché français. » (cr28a) Sur l'articulation
entre automatisation et modération humaine, il défend le cumul : « C'est ceinture et bretelles ! Il faut
des humains, parce que l'IA ne peut pas tout faire, et il faut plus d'IA pour ce qu'elle sait faire. »
(cr28a)
Contenus de suicide et d'automutilation. Sur ce point, le dossier corpus ne retient qu'une concession
brève : « Il y a donc effectivement un problème. » (cr28a)
Nudité et sexisme. Il assume une ligne restrictive sur la nudité : « J'assume pleinement une politique
de nudité hyperstricte. Certains la qualifient de puritaine, mais elle a le mérite d'être efficace. »
(cr28a) Sur les contenus sexistes, il pose une ligne de démarcation entre propos condamnables et propos
sanctionnables par la plateforme : « On ne parle pas de sexisme du café du commerce, mais de propos qui
incitent à la violence. » (cr28a)
Modération et liberté d'expression. C'est l'un de ses arguments les plus construits : il décrit une
injonction contradictoire faite aux plateformes par le législateur et met en garde contre une délégation
de l'arbitrage à une entreprise privée — « le paradoxe est que vous confiez à une entreprise privée une
privatisation complète de la liberté d'expression, qui ne va pas totalement dans le sens de ce qu'a voulu
le législateur ces dernières années, puisqu'il nous demande de rendre des comptes en cas d'absence de
modération, mais aussi en cas de surmodération. » (cr28a)
Vérification de l'âge : parents et point de passage unique. Il renvoie d'abord aux parents : « la
meilleure source pour savoir si un enfant a moins de 13 ans, ce sont tout de même ses parents. » (cr28a)
Il plaide ensuite pour une vérification centralisée plutôt que dispersée service par service : « Il faut
une centralisation, un goulot d'étranglement, un péage. » (cr28a) Enfin, il relativise l'efficacité
attendue d'une interdiction d'accès, par analogie : « Alors que la vente d'alcool est interdite aux
mineurs, vous savez très bien que des mineurs parviennent à s'en procurer. » (cr28a)
*Toutes les positions ci-dessus sont celles exprimées par l'intéressé devant la commission ; elles sont
rapportées telles quelles et ne constituent pas des faits établis.*
Sources
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N028.html (compte rendu officiel
de la table ronde du 17 juin 2025, où il est présenté comme directeur des affaires publiques France de
Meta)
- https://www.senat.fr/rap/r19-007-2/r19-007-2.html (Sénat, commission d'enquête sur la souveraineté
numérique, audition du 18 juillet 2019 de M. Anton’Maria Battesti, responsable des affaires publiques
de Facebook France)
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Association_Point_de_Contact (liste des présidents successifs :
Anton’Maria Battesti, 2015-2018)
- https://www.pointdecontact.net/nouveau_president_point_de_contact/ (communiqué du 25 juin 2018 annonçant
que Jean-Christophe Le Toquin succède à Anton’Maria Battesti à la présidence de Point de Contact)