La part du citoyenTikTok et les mineurs
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Arnaud Ducoin

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

*Fiche de personne privée : Arnaud Ducoin n'est ni un élu, ni un responsable d'organisation, ni un expert du

numérique. Il intervient devant la commission en tant que père de famille. Les éléments retenus ici sont ceux

qu'il a lui-même déclarés sous serment devant la commission, ou qui sont documentés par la presse à l'occasion

des prises de parole publiques qu'il a accordées.*

Arnaud Ducoin est agent d'assurances de la région nantaise. Il réside à **Treillières

(Loire-Atlantique)**, où il vit avec son épouse Géraldine Fur-Ducoin — également présente à l'audition et

également assermentée (cr11b). Le couple a adopté trois enfants, nés en Asie (cr11b ; corroboré par *Le

Télégramme*).

Leur fille aînée, Pénélope, s'est donné la mort par pendaison à leur domicile, à l'âge de 18 ans.

Le Télégramme, Paris Match et Ouest-France datent le décès du 29 février 2024 ; devant la

commission, son père indique lui-même la date du 28 février 2024 (cr11b) — l'écart d'un jour entre le

compte rendu officiel et la presse n'est pas tranché ici. Selon le récit qu'il livre sous serment, la

dégradation s'amorce vers 14-15 ans : des scarifications sont découvertes pendant une année de césure aux

États-Unis, qui conduit à son rapatriement ; elle est diagnostiquée borderline un an avant son décès et

souffre de troubles du comportement alimentaire ; elle a été suivie en psychiatrie et a effectué deux séjours

au CHU Saint-Jacques de Nantes (cr11b).

Son engagement public. Depuis le décès de sa fille, Arnaud Ducoin s'est engagé, avec d'autres familles

endeuillées, pour faire reconnaître la responsabilité de TikTok. Il a porté plainte contre la plateforme

à travers le collectif Algos Victima, fondé par l'avocate Laure Boutron-Marmion (Le Télégramme,

11/09/2025) — collectif qui regroupait alors sept familles, et bientôt quatre de plus, ayant perdu un

enfant dans des circonstances comparables ; en septembre 2025, BFMTV décompte onze familles françaises

plaignantes, dont la sienne. Il n'en est ni le fondateur ni le porte-parole désigné : les sources consultées

le présentent comme l'un des parents parties à l'action.

Repères de ses prises de parole publiques :

effets psychologiques de TikTok sur les mineurs (réunion n°11, audition 2/2), au sein d'une table ronde de

familles accompagnées par Me Laure Boutron-Marmion.

conclusions de la commission ; il y déclare soutenir les recommandations de celle-ci, notamment

l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans et un couvre-feu numérique pour les 15-18 ans

(Paris Match, 12/09/2025).

que le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire visant la plateforme.

Homonymes. L'ensemble des sources retenues ci-dessus rattachent sans ambiguïté le nom Arnaud Ducoin

au même faisceau d'éléments (père de Pénélope, Treillières, région nantaise, collectif Algos Victima) :

le risque de confusion est écarté. Aucun autre élément biographique (âge, parcours antérieur) n'est établi

par une source fiable, et rien n'est affirmé à ce sujet.

Dans la commission

Arnaud Ducoin est entendu le 15 mai 2025 dans une table ronde de familles présidée par Arthur Delaporte,

qui rappelle en ouverture que la commission « n'est pas un tribunal ». Il précise être venu « avec ma femme

et mon fils pour témoigner en mémoire de notre fille » (cr11b). Trois interventions, environ 1 900 mots, une

seule audition.

1. Sa thèse : l'algorithme comme miroir de la souffrance, jamais comme secours. C'est le cœur de son

témoignage. Il décrit une fille qui « s'est enfermée dans cette souffrance », « se réfugiait dans son

téléphone, sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok », et passait « des heures à consulter des contenus

de scarification, d'anorexie ou de suicide » (cr11b). D'où la formule qu'il retient : « Jamais, jamais TikTok

ne lui a proposé une solution. **TikTok lui a simplement offert un miroir sombre, dans lequel sa douleur se

reflétait.** » (cr11b). Il ajoute : « Face à nous, il y a un algorithme et il est bien plus fort que nous,

les parents » (cr11b), et affirme avoir vu un contenu détaillant chronologiquement le déroulé d'un suicide

par pendaison — « Voilà ce qu'on trouve sur TikTok : des tutos pour savoir comment se suicider » (cr11b).

Il signale aussi la double circulation des contenus : sa fille a elle-même publié ses scarifications, dans

ce qu'il nomme le « sadfishing », « un mouvement pour montrer sa tristesse sur les réseaux » (cr11b).

2. Son apport méthodologique : le test du compte vierge et le lexique de contournement. C'est le point le

plus opérationnel de son intervention. Une semaine avant l'audition, il rouvre un compte TikTok « vierge »,

sans publication ni like, et raconte l'expérience : la recherche du mot « suicide » déclenche un message de

prévention, mais « dans le langage TikTok, c'est l'emoji représentant le drapeau de la Suisse [...] qui est

le mot pour parler de suicide : arrivent alors toutes les vidéos de suicide, sans censure » (cr11b). Il donne

deux autres exemples — « si vous voulez parler de scarification, vous ne tapez pas » le mot direct mais

« zèbre » ; pour l'anorexie, « vous tapez #SkinnyTok » — et conclut à « l'hypocrisie de TikTok », d'autant que,

selon lui, « l'intelligence artificielle (IA), aujourd'hui, lit et comprend les vidéos » (cr11b). Le jour même,

dit-il, il a scrollé « quinze vidéos qui ne parlaient que suicide ». Sa qualification : « C'est une addiction

et TikTok est un prédateur » (cr11b).

3. Sa mise en cause de l'aval institutionnel. Son témoignage ne vise pas que la plateforme. Il décrit des

parents laissés seuls par le cadre de soin : « même si votre enfant de 16 ans n'est pas majeur, vous ne pouvez

pas obtenir le contenu des séances avec le psy. Cela relève du secret médical. Donc, nous sommes tout seuls »

(cr11b). Et il relève que, pendant les séjours hospitaliers de sa fille, « on lui a même permis d'utiliser le

téléphone. Jamais la question des effets néfastes du téléphone dans sa thérapie n'a été abordée » (cr11b).

Il souligne enfin l'impasse pratique du retrait de l'appareil : « si vous dites à un enfant qui est en

souffrance psychologique » — « Je vais t'enlever le téléphone » — « vous mettez le feu à la forêt ! » (cr11b).

4. Un élargissement géopolitique et cognitif — présenté par lui comme une conviction. Il déclare aux

députés : « **Nous avons en face de nous une force politique chinoise, et peut-être russe, qui est en train

d'abrutir nos gamins.** » (cr11b), avance que « c'est la première fois dans l'histoire de l'humanité qu'une

génération a un quotient intellectuel (QI) inférieur à celui de ses parents » et conclut : « Il faut nous dire

que nous sommes en guerre. Ce TikTok-là est une arme politique pour nous asservir. » (cr11b). Il qualifie

lui-même ce développement de « question parallèle à celle qui nous occupe aujourd'hui ». Ces affirmations sont

sa lecture et son accusation ; elles ne sont ni sourcées dans l'audition ni établies par la commission

à ce stade du corpus.

5. Sa prudence sur le lien de causalité. Elle est explicite et vient de lui : « Si ma fille avait eu ces

problèmes voilà vingt ans, je ne sais pas si elle serait morte. **Je ne dis pas que c'est TikTok qui l'a tuée,

mais TikTok y a fortement contribué.** » (cr11b).

6. Deux points factuels sur l'accès aux preuves. Interrogé dans le fil des échanges, il indique que le

téléphone de sa fille, retrouvé « posé sur un meuble en face d'elle », reste inexploité : « cela fait un an que

les gendarmes s'y essaient, en vain – c'est un Apple » (cr11b) ; il ajoute ne pas savoir si elle s'est filmée

et ne le saura « peut-être jamais ». Il précise par ailleurs que la famille n'a pas eu accès aux identifiants

TikTok de Pénélope « car elle avait 18 ans. Elle était donc majeure », mais que « son compte est toujours actif

et on peut voir une cinquantaine de ses vidéos » (cr11b).

Ses demandes. Elles sont formulées directement aux députés :

très jeune », et « interdisez que des enfants de 13 ans puissent y aller » (cr11b) ;

envoyés à nos enfants mineurs. Touchez-les au portefeuille » (cr11b) ;

parents en éveil face à ces dangers » (cr11b).

Il clôt sur la responsabilité du législateur : « nous ne sommes pas là uniquement pour raconter notre douleur,

mais pour vous demander [...] d'empêcher que d'autres parents traversent la même douleur que nous. [...] C'est

votre devoir, individuellement et collectivement. » (cr11b).

Sujets rattachés dans le corpus : algorithme de recommandation ; contenus suicide et automutilation ;

santé mentale et prise en charge ; souveraineté et lien avec la Chine ; effets cognitifs et attention ;

action judiciaire et plaintes.

Sources