Arnaud Saint-Martin
Rôle dans la commission : Député membre — groupe LFI-NFP
Biographie
Arnaud Saint-Martin est né le 25 janvier 1979 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Il est sociologue des sciences et des techniques. Docteur en sociologie de l'université Paris-Sorbonne en 2008 (thèse : L'office et le télescope. Une sociologie historique de l'astronomie française, 1900-1940), il est chargé de recherche au CNRS, d'abord au laboratoire Printemps (2011-2017), puis au Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP, CNRS / université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) depuis 2017. Ses travaux portent sur la sociologie et l'histoire des sciences et des techniques, la sociologie des activités spatiales et la théorie sociologique. Il codirige depuis 2017, avec Jérôme Lamy, la revue Zilsel. Science, technique et société. Il a notamment publié La sociologie de Robert K. Merton (2013) et, avec Irénée Régnauld, Une histoire de la conquête spatiale. Des fusées nazies aux astrocapitalistes du New Space (La Fabrique, 2024).
Son engagement électoral commence à Melun, où il est conseiller municipal d'opposition de 2020 à 2024. Candidat malheureux aux élections législatives de 2022, il est élu député de la 1re circonscription de Seine-et-Marne lors des législatives anticipées de 2024, succédant à Aude Luquet ; son mandat débute le 8 juillet 2024. Il siège au sein du groupe La France insoumise - Nouveau Front Populaire.
À l'Assemblée nationale, il est membre de la commission de la défense nationale et des forces armées et de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). Il est vice-président du groupe d'études aéronautique et espace, et membre du groupe d'études réseaux sociaux ; il a également siégé dans les commissions spéciales sur la résilience des infrastructures critiques et la cybersécurité, et sur la protection de l'enfance.
Dans la commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs (présidée par Arthur Delaporte, rapporteure Laure Miller), il occupe la fonction de secrétaire du bureau. En amont des travaux, il avait déposé deux amendements à la proposition de résolution créant la commission (n° 783), tous deux rejetés le 5 mars 2025 : l'un visait à faire porter l'enquête sur les « dark patterns » et leur effet sur l'exposition à des contenus dangereux (AS1), l'autre à élargir le champ aux dispositifs de captation de l'attention de l'ensemble des plateformes numériques, et non de TikTok seul (AS2).
Dans la commission
Fiche courte : le dossier corpus ne recense que 3 interventions, réparties sur 2 auditions (cr03b, table ronde de chercheurs ; cr13a, audition du Pr Amine Benyamina, addictologue). Arnaud Saint-Martin est donc, dans ce corpus, un intervenant secondaire en volume.
1. Contrebalancer l'image d'un utilisateur passif. En cr03b, il interroge les chercheurs sur la marge de manœuvre de l'utilisateur face à l'algorithme : « Certains usages inventifs de TikTok sont-ils capables de subvertir cet algorithme ? L'utilisateur peut-il faire un pas de côté et sortir du cadre répétitif imposé par la plateforme ? » (cr03b). La question ouvre sur la création amateur, la fan culture et la politisation, sans nier l'effet d'enfermement décrit par ses interlocuteurs.
2. Ancrer la commission dans les sciences sociales et se méfier de la « panique morale ». Toujours en cr03b, il intervient sans question précise pour saluer la méthode : « Je vous remercie pour ce travail d'objectivation à froid. Nous mesurons bien l'apport des sciences sociales dans ce genre de débats, notamment sur les pratiques culturelles qui suscitent parfois une panique morale, avec une forme de surenchère rhétorique ou manipulatoire qui construit des problèmes publics » (cr03b). Il en tire un appel à écouter la jeunesse et à comparer les plateformes plutôt qu'à isoler TikTok : « Il est donc important de poser les constats de façon raisonnée, en dégonflant les baudruches et en comparant les plateformes » (cr03b).
3. Sonder le niveau de preuve scientifique avant de légiférer. En cr13a, il questionne l'addictologue sur la solidité du diagnostic d'addiction aux réseaux sociaux : « L'étiologie des troubles addictifs liés aux réseaux sociaux suscite des controverses au sein de la communauté psychiatrique. […] Les psychiatres s'accordent-ils sur une approche ? Où en est-on aujourd'hui dans l'établissement du diagnostic ? Ce sujet est-il au cœur des congrès de psychiatrie internationaux ? » (cr13a). Il interroge dans la même intervention les stratégies de traitement chez les adolescents et le risque de report vers d'autres addictions durables.
Ligne d'ensemble. Ses trois interventions relèvent d'un même registre : celui de la vérification méthodologique et du niveau de preuve — degré de consensus scientifique, comparaison entre plateformes, place accordée à la parole des jeunes — plutôt que de la mise en cause frontale de la plateforme. Le dossier corpus ne comporte aucune position tranchée ni aucune proposition de mesure de sa part.
Sources
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA841845
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA841845/fonctions
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/autres-commissions/commissions-enquete/tiktok/composition
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/amendements/0783/CION-SOC/AS1
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/amendements/0783/CION-SOC/AS2
- https://cessp.cnrs.fr/membre/saint-martin-arnaud-786/
- https://cessp.cnrs.fr/IMG/pdf/arnaud_saint-martin_cv_septembre_2020.pdf
- https://en.wikipedia.org/wiki/Arnaud_Saint-Martin
- https://www.arnaudsaintmartin.fr/a-propos
- https://www.idref.fr/128872306