La part du citoyenTikTok et les mineurs
AM

Arthur Melon

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Arthur Melon est délégué général du COFRADE (Conseil français des associations pour les droits de l'enfant), fonction sous laquelle il figure dans l'équipe permanente de la fédération et dans laquelle il est cité publiquement au moins depuis 2024. Le COFRADE, créé en 1989 lors de l'adoption de la Convention internationale des droits de l'enfant, fédère une cinquantaine d'associations, fondations et syndicats intervenant dans les domaines de l'enfance (éducation, santé, numérique, citoyenneté), et se présente comme « porte-voix des mineurs » auprès des pouvoirs publics et des instances internationales.

Avant le COFRADE, il a été secrétaire général de l'ACPE (Agir contre la prostitution des enfants) : il est identifié à ce titre dans la presse spécialisée dès septembre 2020 (Actualités sociales hebdomadaires) et jusqu'en 2023 au moins, sur les questions d'exploitation sexuelle et de prostitution des mineurs.

Au COFRADE, il est associé à plusieurs projets de participation des enfants : il a conçu et animé les séances de travail du « groupe miroir » d'adolescents mis en place avec la CIIVISE sur les violences sexuelles et l'inceste (2025), et il est co-fondateur, avec Stéphanie d'Esclaibes, de « La Nouvelle Agora », conférence portée par des enfants de 7 à 18 ans, projet dévoilé en février 2025. Il a également porté publiquement la Marche pour l'enfance et la jeunesse organisée à Paris en avril 2024.

Il exerce par ailleurs, à titre indépendant, une activité de coach et médiateur à Paris (site arthurmelon.fr), avec une formation au coaching systémique.

Note de fiabilité : aucune notice encyclopédique ni page institutionnelle biographique détaillée n'existe pour cet acteur ; les éléments ci-dessus proviennent du site du COFRADE, du site de l'ACPE, de son site professionnel et de mentions de presse. Le détail de sa formation initiale et les dates exactes de prise de fonctions n'ont pas pu être établis.

Dans la commission

Fiche courte : le dossier corpus ne recense que 2 interventions sur une seule audition (cr14a).

Arthur Melon est entendu au titre du COFRADE lors d'une table ronde réunissant plusieurs associations membres de la fédération. Le dossier consolide sous son nom les positions exprimées au cours de cette table ronde, en précisant lorsqu'elles émanent d'une autre association présente (Respect Zone, CAMELEON) : ces attributions sont signalées ci-dessous.

Déclaration liminaire d'intérêts. Il ouvre en signalant un financement : « Je tiens à déclarer que nous recevons un soutien financier sous forme de mécénat de la part de Google France. » (cr14a)

Sur la majorité numérique — un contre-pied. Le dossier retient qu'il rapporte les consultations menées auprès des jeunes par le COFRADE : « Contrairement aux idées reçues, ils ne revendiquent pas un abaissement systématique des limites d'âge. » (cr14a) La table ronde se dit favorable à une majorité numérique (15 ans pour Respect Zone, 13-15 ans pour CAMELEON), non comme interdiction absolue mais assortie d'une autorisation parentale et d'une vérification d'âge, le seuil valant d'abord comme norme sociale et repère pédagogique même s'il est difficile à faire respecter techniquement (cr14a). Corollaire posé comme prérequis : sans vérification effective de l'âge, tout seuil reste théorique, d'autant que des mineurs — parfois avec leurs parents — créent des comptes de majeurs (cr14a).

Sur les comptes de mineurs. Demande de comptes dédiés aux mineurs : algorithme neutralisé et réinitialisable, suppression ou atténuation des publicités sponsorisées, accompagnement renforcé au signalement, signalétique des contenus sensibles (cr14a).

Sur la régulation européenne. Le DSA est présenté comme une avancée majeure mais insuffisante sur le volet mineurs : l'étendre aux plateformes intermédiaires (seuil de 20 % d'utilisateurs mineurs), y intégrer l'IA et les deepfakes ainsi qu'un bannissement numérique temporaire, renforcer l'analyse des données rendues transparentes ; la régulation est jugée à rendre plus contraignante (cr14a).

Sur l'exploitation sexuelle des mineurs. Rendre les plateformes proactives (détection automatisée, y compris dans les messageries privées), soutenir le règlement européen anti-abus sexuels sur enfants, sanctionner et pouvoir couper l'accès aux services défaillants, créer un observatoire indépendant du traitement des signalements (cr14a). Sur ce point, le dossier attribue à CAMELEON une appréciation de terrain non chiffrée selon laquelle TikTok se distinguerait des autres plateformes par un niveau supérieur d'hypersexualisation, d'hyperviolence et d'addiction lié à son format ultra-court (cr14a).

Sur la modération et le signalement. Élargir le statut de signaleur de confiance au-delà des deux existants, ouvrir des couloirs prioritaires aux autres associations et faciliter leur accès aux données de modération (cr14a). Le signalement est décrit comme vécu comme inefficace faute de retour : il faudrait garantir un retour après signalement et améliorer sa visibilité auprès des jeunes (cr14a).

Sur les moyens et l'école. Il alerte sur « la baisse tendancielle très forte des financements, qui affecte l'ensemble de nos associations membres. » (cr14a) et demande de flécher d'urgence des fonds publics vers les associations — les demandes d'intervention scolaire étant en forte hausse — ainsi que des moyens pour l'Arcom (cr14a). Sur l'école, la table ronde défend un rôle d'éducation au numérique et à la vie affective (programme Evars) avec des équipes pluriprofessionnelles financées, et pointe une injonction paradoxale à équiper les élèves en tablettes et en IA tout en leur demandant des téléphones basiques (cr14a). Constat sur le calendrier de la prévention : « La sensibilisation aux réseaux sociaux est beaucoup trop tardive. Elle intervient alors que l'on a déjà des téléphones et que l'on est déjà sur les réseaux » (cr14a).

Sur la santé mentale — une prudence assumée. Le dossier note une conviction partagée d'une dégradation de la santé mentale des jeunes à laquelle le numérique contribuerait, mais assumée comme un « sentiment » faute de chiffres propres, Respect Zone renvoyant à l'Observatoire Open (cr14a).

Sources