La part du citoyenTikTok et les mineurs
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Carole Copti

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Carole Copti est dieteticienne-nutritionniste, installee en exercice liberal a Paris. Son cabinet est reference au 119 rue de Longchamp, dans le 16e arrondissement, dans les annuaires professionnels de sante (Doctolib, Doctoome, PagesJaunes, Mappy). Son activite affichee couvre le bilan dietetique personnalise et le suivi nutritionnel, de la perte de poids aux pathologies necessitant une alimentation specifique (hypothyroidie, diabete, troubles du comportement alimentaire).

Elle s'est specialisee dans la prise en charge des troubles du comportement alimentaire (TCA). Devant la commission, elle se presente comme « Diététicienne-nutritionniste formée aux troubles du comportement alimentaire (TCA) » et precise s'exprimer « en tant que professionnelle de santé, mais aussi en tant que mère de famille » (cr08c).

En 2025, elle est citee dans la presse comme praticienne de terrain sur le lien entre reseaux sociaux et TCA, au moment de la sequence mediatique autour du hashtag #SkinnyTok. Une depeche de l'AFP (Factuel, 3 juin 2025, signee Chloe Rabs), reprise notamment par la RTBF et l'observatoire De Facto, la presente comme dieteticienne-nutritionniste a Paris et rapporte ses constats cliniques : elle y decrit des reseaux sociaux devenus un facteur declencheur, un accelerateur certain et un obstacle a la guerison, dont on ne peut plus faire abstraction dans la prise en charge d'un TCA, et evoque des patients completement endoctrines, face auxquels sa consultation hebdomadaire de 45 minutes ne fait pas le poids contre les heures passees quotidiennement sur TikTok. Elle est egalement citee par Politis en mai 2025 dans un article consacre a #SkinnyTok. Elle anime des comptes professionnels sur Instagram (@carolecoptinutri) et Facebook.

Precision de verification : l'identification est solide — meme nom, meme profession (dieteticienne-nutritionniste), meme ville (Paris), meme specialite (TCA) et meme sujet (TikTok, #SkinnyTok) que dans le dossier de la commission ; aucun homonyme concurrent n'est apparu. En revanche, la bio disponible publiquement est mince : praticienne liberale sans notice encyclopedique ni page institutionnelle, son parcours de formation, ses diplomes et ses dates d'installation ne sont pas documentes par des sources fiables et ne sont donc pas affirmes ici.

Dans la commission

Carole Copti a ete entendue le 6 mai 2025 (compte rendu n° 8, audition 3/3), lors d'une audition conjointe avec Charlyne Buigues, infirmiere et auteure de la petition « #StopSkinnyTok », et Nathalie Godart, professeure des universites en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent. Le dossier corpus est de taille modeste (6 interventions, une seule audition) : la fiche est donc courte. Plusieurs positions y sont enregistrees au niveau de l'audition, partagees ou nuancees par les trois intervenantes ; elles sont signalees comme telles ci-dessous.

Sa these : un temoignage de terrain, TikTok comme facteur aggravant et obstacle au soin.

Elle part d'un constat de pratique quotidienne : « Depuis la crise du covid, les consultations pour TCA, en particulier pour anorexie mentale, ont littéralement explosé : elles ont doublé en 2024 et triplé depuis le début de l’année 2025. » (cr08c) Le dossier enregistre par ailleurs, au niveau de l'audition, une position prudente sur la causalite — les reseaux ne sont pas la cause directe des TCA, troubles biopsychosociaux a etiologie complexe, mais un facteur aggravant, precipitant et accelerateur chez les plus vulnerables, sans qu'un effet sur la prevalence puisse etre etabli — position que le dossier attribue surtout a Nathalie Godart (cr08c).

« Endoctrinement » et perte d'esprit critique. C'est son mot, qu'elle assume : « Ce que j’observe chez ces jeunes, c’est un véritable endoctrinement – le mot est fort, mais juste. » (cr08c) Interrogee par la rapporteure Laure Miller pour developper ce point, elle met en avant la vulnerabilite adolescente et le volume d'exposition, en s'appuyant sur un chiffre : « selon une récente étude, une exposition de 8 minutes à des contenus prominceur sur TikTok suffit à ternir l’image corporelle » (cr08c). Le dossier enregistre, avec Charlyne Buigues, l'idee que cet endoctrinement rend la prise en charge tres difficile et que les soignants ne luttent pas a armes egales face au temps d'exposition (cr08c).

#SkinnyTok et contenus prominceur. Le dossier retient, au niveau de l'audition, que #SkinnyTok glorifie la maigreur extreme via des challenges et des citations « faussement bienveillantes », tout en notant que ces contenus preexistent au hashtag et a TikTok (autres reseaux, medias classiques, marketing) (cr08c).

Le moteur : la reconnaissance, plus que l'argent. Interrogee par le president Arthur Delaporte sur une boucle de retroaction economique, elle repond que ses patientes ne sont pas mues par les revenus : « Sans aucun lien avec l’argent, il s’agit plutôt du nombre de likes » ; « les jeunes que je reçois dans mon cabinet recherchent surtout la gloire » (cr08c). Le dossier note que la question de la monetisation des contenus pro-TCA est bien posee dans l'audition, mais que le moteur principal identifie ici est la reconnaissance narcissique (cr08c).

Contre l'interdiction, pour l'encadrement et le dialogue familial. C'est sa position la plus tranchee : « L'interdiction n'est pas une solution. Au contraire, c'est contre-productif car l'enfant risque de se rebeller et de se fermer. » (cr08c) Elle prefere « encadrer, éduquer, échanger et trouver des solutions ensemble », cite le telephone proscrit dans la chambre et l'usage dans les espaces communs, et demande a recevoir les parents en consultation pour les outiller. Elle relie l'isolement familial — repas qui ne se font plus en famille, absence d'echanges — a l'emprise de la plateforme : « C'est une aubaine pour TikTok, car cela permet d'avoir encore plus d'influence sur les jeunes. » (cr08c)

Une piste d'action : les « patients experts ». Elle propose de donner la parole sur les reseaux a d'anciens malades formes, dans une logique d'alliance therapeutique et de prevention par les pairs, et cite un compte qu'elle recommande a ses patientes. Le dossier rattache ce point a une position sur les effets positifs possibles des reseaux (promotion de la diversite corporelle, appui sur des influenceuses critiques) (cr08c).

Points enregistres au niveau de l'audition. Le dossier consigne egalement, pour cette audition, une critique de la moderation de TikTok (comptes bannis puis recrees avec leur historique, signalements rejetes comme « non problematiques », absence de reponse aux alertes) et le constat que la verification de l'age est contournable — illustre par le cas d'une patiente de 13 ans cherchant un visage majeur pour reactiver son compte. Dans le verbatim, ces deux illustrations sont portees par Charlyne Buigues ; elles figurent au dossier de l'audition et non comme declarations propres a Carole Copti (cr08c).

Sources