La part du citoyenTikTok et les mineurs
CM

Catherine Martin

Rôle dans la commission : Auditionnée — éducatrice spécialisée, membre du collectif Mineurs, éthique et réseaux (Meer)

Correction de métadonnée. Le dossier corpus _dossiers/catherine-martin.json la classe comme

« député membre — LFI-NFP ». C'est une erreur d'appariement de noms : les éléments qu'il lui attribue

aux références cr03b et cr13a (question sur les « usages inventifs », remerciement pour le

« travail d'objectivation à froid », question sur l'étiologie des troubles addictifs) sont, dans le

verbatim officiel, prononcés par M. Arnaud Saint-Martin (LFI-NFP), député membre de la commission —

ils figurent déjà, correctement attribués, dans la fiche arnaud-saint-martin.md. Catherine Martin

n'est pas parlementaire : elle a été auditionnée sous serment le 13 mai 2025 (cr09a). La présente

fiche ne retient que ses interventions réelles.

Biographie

Les éléments biographiques publics sur Catherine Martin sont très limités : elle n'est pas une

personnalité publique, ne dispose d'aucune notice encyclopédique ni de page institutionnelle, et le

collectif auquel elle appartient s'exprime le plus souvent sous pseudonyme dans la presse. Ce qui suit

correspond au périmètre de ce qui est vérifiable.

Catherine Martin est éducatrice spécialisée. Elle est membre du collectif **Mineurs, éthique et

réseaux (Meer)**, qualité sous laquelle elle est présentée par l'Assemblée nationale lors de son audition

du 13 mai 2025 par la commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs, aux

côtés de Marie-Christine Cazaux, également éducatrice spécialisée.

Le collectif Meer s'est constitué en 2023 (novembre 2023 selon l'UNADFI), à la suite de la promotion

par l'influenceuse Ophenya d'une application de rencontre destinée aux jeunes. Il regroupe un effectif

réduit de professionnelles qui exercent une veille quotidienne sur Instagram, TikTok et Discord, documentent

les relations parasociales entre influenceurs et adolescents, et effectuent des signalements auprès des

plateformes, de Pharos et de la Miviludes. Le collectif dispose d'une chaîne YouTube et d'une page LinkedIn,

et a été présenté dans la presse (La Croix, décembre 2024, via un membre s'exprimant sous le pseudonyme

« Chris ») ainsi que par l'UNADFI.

Aucune source publique consultée ne documente son parcours antérieur, sa formation, son employeur ou sa

localisation. Homonymes : « Catherine Martin » est un nom très répandu ; aucun rapprochement n'a été

fait avec d'autres personnes portant ce nom, l'identification reposant exclusivement sur la qualité

déclarée sous serment devant la commission (éducatrice spécialisée, collectif Meer).

Dans la commission

Catherine Martin est auditionnée le 13 mai 2025 (cr09a), sous serment, avec Marie-Christine Cazaux.

Elle intervient en second, en appui et en complément de sa collègue, sur quatre registres : les contenus

qu'elle dit avoir observés, le comportement de l'algorithme, les signalements, et les limites du contrôle

parental. Ses interventions sont descriptives et fondées sur le travail de veille du collectif ; elle ne

formule pas elle-même de recommandation législative (ce sont Marie-Christine Cazaux qui porte les

recommandations du collectif).

1. Le point d'entrée : les contenus violents montrés par les jeunes eux-mêmes. Elle situe l'origine de

son intérêt pour la plateforme dans son travail auprès de jeunes de 11 à 17 ans, « lorsqu'ils m'ont montré

la vidéo particulièrement choquante d'un homme tuant un canard à coups de pied » (cr09a). Elle cite ensuite

d'autres comptes qu'elle juge problématiques, dont le « compte Laprofdesréseaux, dont la spécialité est de

sexualiser ses élèves et qui, pourtant, rassemble une communauté extrêmement vaste » (cr09a). Ces

qualifications sont les siennes et relèvent de son témoignage devant la commission.

2. TikTok décrit comme un espace social clos, avec ses règlements de comptes. Elle conteste l'image

d'une plateforme monolithique : « Si TikTok apparaît, de prime abord, comme une vaste application, elle

fonctionne en fait comme un petit village numérique, où des groupes se livrent à des règlements de comptes

par lives interposés ou se menacent mutuellement de manière très explicite » (cr09a). Elle rattache

certaines de ces pratiques au doxing et évoque des menaces de mort, y compris visant des enfants.

3. Des tests sur comptes fictifs de mineurs. Elle décrit la méthode de veille du collectif : « Nous

avons mené des tests en créant des comptes fictifs de mineurs de quatorze ans et avons constaté que ces

contenus apparaissaient régulièrement dans leur fil » (cr09a), à propos de contenus qu'elle qualifie de

« sexuel, voire pédophile ».

4. Une hypothèse sur le mécanisme algorithmique : la sidération lue comme un intérêt. C'est son point

le plus repris : « le temps passé à regarder la vidéo, souvent dû à un état de sidération, est interprété

par l'algorithme comme un intérêt pour ce type de contenu » (cr09a). Elle en déduit une contamination

durable du fil, « extrêmement difficile de nettoyer le fil d'actualité une fois qu'il a été corrompu par l'algorithme ».

5. La désinformation en santé, à partir d'une recherche « papillomavirus ». Elle rapporte un test de

recherche sur TikTok, « considéré comme un moteur de recherche à part entière », au cours duquel

« l'algorithme a commencé à proposer des contenus de désinformation, suggérant par exemple des remèdes

naturels inefficaces à base de citron et de safran pour traiter le papillomavirus » (cr09a), la dérive se

poursuivant selon elle vers des montages par intelligence artificielle et des deep fakes.

6. Les contenus générés par IA impliquant des mineures. Interrogée par M. Thierry Perez (RN) sur les

attachements affectifs aux influenceurs, elle répond : « Nous avons notamment été récemment témoins d'un

montage réalisé par intelligence artificielle montrant une mineure se mariant avec son influenceuse

préférée, incluant une scène de baiser prolongé » (cr09a).

7. Les signalements : volume, et absence de suite côté plateforme. Elle chiffre l'activité du collectif

sur le champ suicide/automutilation : « Nous avons effectué plus de cent signalements à Pharos, chacun

concernant un mineur différent, pour des contenus publiés sur les réseaux sociaux évoquant ce type de

comportements » (cr09a), ainsi qu'« une quinzaine d'informations préoccupantes » transmises aux autorités.

Interrogée par le président Delaporte sur les suites données par la plateforme, elle répond :

« Malheureusement, aucune violation des conditions générales d'utilisation n'a été reconnue » (cr09a).

Elle indique par ailleurs que la relation avec Pharos s'est améliorée : « L'efficacité de notre

collaboration avec Pharos s'est considérablement améliorée une fois que notre rôle et nos objectifs ont

été clairement identifiés par leurs services » (cr09a). Sur les signalements adressés directement à

TikTok, elle indique « plusieurs centaines ».

8. La méthode Miviludes appliquée à l'emprise. Répondant à M. Thierry Perez, elle décrit la

méthodologie du collectif sur le cas Ophenya : utiliser « les critères officiels de la Miviludes et à les

documenter un par un », approche qui, selon elle, a permis « d'identifier les mécanismes sectaires imposés

par un leader » (cr09a). Elle précise que le collectif tient ce document à disposition de la commission.

Elle prend soin, comme sa collègue, de présenter ce travail comme une documentation de critères, non comme

un procès.

9. La limite du contrôle parental — sa position la plus nette. Sur le rôle des parents, elle décrit

d'abord les contournements matériels : « certains enfants possèdent un deuxième téléphone, acheté

discrètement et connecté au Wi-Fi domestique, échappant ainsi au contrôle parental mis en place sur leur

appareil principal » (cr09a). Elle mentionne aussi la fracture numérique et la situation des parents en

situation de handicap. Elle en tire une conclusion qui déplace la charge hors de la sphère familiale :

« Il est donc déraisonnable d'attendre des parents qu'ils assurent seuls cette surveillance exhaustive »

(cr09a) — un parent vigilant n'ayant, selon elle, qu'« une vision partielle » de l'activité en ligne de

son enfant, l'essentiel se déroulant dans des canaux privés.

Ligne d'ensemble. Son apport à la commission est celui d'une praticienne de terrain doublée d'une

veilleuse : elle documente des cas, des tests et des volumes de signalements plutôt qu'elle n'argumente

sur le droit. Deux idées structurent son propos : l'algorithme transforme un choc en préférence

(la sidération lue comme un intérêt), et la protection ne peut pas reposer sur la seule vigilance

parentale. Le dossier corpus ne contient, pour elle, aucune prise de position sur l'interdiction des

réseaux sociaux avant un certain âge — question à laquelle a répondu Marie-Christine Cazaux.

Sources

Note : aucune source biographique (parcours, formation, employeur) n'a pu être établie au-delà de la qualité déclarée devant la commission. La recherche a été menée par consultation directe des pages ci-dessus ; le budget de recherche web de la session étant épuisé, une vérification complémentaire reste possible.