Claire Dilé
Role dans la commission : Personne auditionnée
Biographie
Claire Dilé est une professionnelle française des affaires publiques spécialisée sur la régulation
du numérique. L'identification est fiable : les sources ci-dessous décrivent la même personne que
celle citée dans le corpus, à savoir la responsable des affaires publiques de X (ex-Twitter) en France.
Formée à Sciences Po Lille, elle a travaillé au Service européen pour l'action extérieure, puis au
Parlement européen dans l'équipe de la députée européenne Marielle de Sarnez (MoDem), dont elle a été
conseillère parlementaire pendant environ six ans. Début 2019, elle rejoint Facebook comme responsable
des affaires publiques à Bruxelles (2019-2020). En septembre 2020, elle revient au Parlement européen
comme coordinatrice politique sur les sujets numériques de la délégation Renaissance (groupe Renew
Europe), période qui recouvre les négociations sur le Digital Services Act (DSA) et le Digital Markets
Act (DMA).
En juillet 2022, la presse spécialisée annonce son recrutement comme responsable des affaires publiques
de Twitter France — poste qu'elle occupe ensuite pour X après le rachat de la plateforme par Elon Musk.
C'est à ce titre, avec l'intitulé de directrice des affaires publiques de X, qu'elle est entendue par
la commission d'enquête le 17 juin 2025.
En 2026, selon le média spécialisé Contexte, elle quitte X et rejoint Anthropic comme responsable des
affaires extérieures pour la France (article Claire Dilé rejoint Anthropic, mai 2026). Les
circonstances et la date exacte de son départ de X ont surtout circulé via des blogs et sites d'opinion,
non via des sources institutionnelles ou de presse de référence : cet élément est donc mentionné ici
avec réserve, seule l'arrivée chez Anthropic étant adossée à une source professionnelle identifiée.
Dans la commission
Une seule audition : cr28a, table ronde du 17 juin 2025 réunissant sous serment les représentants
des plateformes concurrentes de TikTok (Meta, X, YouTube), sous la présidence d'Arthur Delaporte.
46 interventions recensées. Elle s'y exprime comme représentante de X, non comme experte technique.
La vérification de l'âge, présentée comme le préalable à toute protection. C'est son fil directeur :
« Tant qu'on ne connaît pas l'âge de la personne qui est face à nous, on ne peut pas la protéger
efficacement » (cr28a). Elle invoque une obligation juridique à venir au titre du code de la sécurité en
ligne (Online Safety Code) irlandais et de l'article 28 du DSA, qu'elle qualifie de « pierre angulaire
d'un dispositif efficace pour protéger les mineurs » (cr28a).
Deux objections opposées à une vérification généralisée. D'abord la vie privée et l'acceptabilité
sociale : « Les citoyens français n'accepteraient pas que X collecte les données des pièces d'identité de
tous les utilisateurs pour protéger les mineurs, qui sont moins nombreux que les majeurs sur la
plateforme » (cr28a). Ensuite la fiabilité des prestataires tiers : « nous avions émis des doutes
concernant certains des vérificateurs que nous avions rencontrés, compte tenu d'erreurs quant au genre et
à la couleur de peau. Travailler avec un tiers qui commet de telles erreurs est potentiellement
discriminatoire » (cr28a).
Modération : des effectifs chiffrés. « nous avons indiqué que 1 486 personnes effectuaient de la
modération de contenu, dont 63 de langue maternelle française et 73 pour lesquelles le français est la
deuxième langue » (cr28a).
Une doctrine assumée de retenue en matière de modération. « Quand le contenu relève clairement de la
haine, nous le modérons. Mais, quand nous avons un doute, nous avons plutôt tendance à le laisser en
ligne. Dans le doute, en effet, nous préférons privilégier la liberté d'expression » (cr28a). Sur les
contenus à caractère sexuel accessibles depuis la plateforme, elle situe la décision avant l'ère Musk :
« La décision relative aux contenus pour adultes n'a pas été prise par X, elle est antérieure au rachat
de la plateforme » (cr28a).
Contenus suicidaires et d'automutilation. Elle décrit un dispositif de redirection : « Quand des
utilisateurs recherchent du contenu en utilisant des mots liés au suicide ou à l'automutilation, ils sont
renvoyés vers notre partenaire SOS Amitié, dont la hot-line peut leur apporter de l'aide et du soutien »
(cr28a).
Le point le plus disputé : l'amplification algorithmique des contenus d'Elon Musk. Interrogée sur des
travaux et un reportage affirmant une modification de l'algorithme au bénéfice du propriétaire de la
plateforme, elle répond : « À ma connaissance, il n'amplifie pas les contenus de cet utilisateur en
particulier » (cr28a), puis, sous la pression des questions : « Je vous fais cette réponse, car j'ai prêté
serment au début de cette audition et que je me dois d'être totalement honnête avec vous » (cr28a).
Transparence algorithmique. Sur TikTok, objet de la commission, elle renvoie à l'opacité : les
algorithmes de TikTok sont, selon elle, des business secrets. « Nous n'avons aucun moyen de les
connaître. Peut-être y a-t-il quelque chose à faire pour la transparence algorithmique, qui serait de
nature à rassurer les utilisateurs et le public au sens large » (cr28a).
Sources
- Observatoire des pantouflages, Anticor — fiche Claire Dilé : https://observatoire.anticor.org/tag/claire-dile/
- La Lettre, 19 juillet 2022, Twitter France trouve sa lobbyiste en chef chez Renaissance à Bruxelles : https://www.lalettre.fr/fr/medias_plateformes/2022/07/19/twitter-france-trouve-sa-lobbyiste-en-chef-chez-renaissance-a-bruxelles,109800388-bre
- Contexte, Claire Dilé rejoint Anthropic : https://www.contexte.com/fr/actualite/tech/claire-dile-rejoint-anthropic_264317
- Assemblée nationale, compte rendu de la 60e réunion de la commission d'enquête (17 juin 2025), où figure son intitulé de fonction : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N028.html