Clara Chappaz
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Clara Chappaz, née le 14 juin 1989 à Paris, est une dirigeante de la tech devenue membre du gouvernement. Elle est auditionnée par la commission en qualité de ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée de l'intelligence artificielle et du numérique — fonction déclarée sous serment devant la commission et qui recoupe exactement les sources publiques : l'identification est sans ambiguïté (aucun homonyme plausible sur ce périmètre).
Formation. Classe préparatoire au lycée Saint-Louis (Paris), puis ESSEC Business School (promotion 2012). MBA à Harvard Business School (2016-2018). Auditrice de l'IHEDN, cycle 2024-2025.
Parcours professionnel.
- Zalora (plateforme de e-commerce du groupe Rocket Internet, Asie du Sud-Est) — postes de direction, autour de 2013-2016 (les sources divergent légèrement sur les bornes exactes).
- Boston Consulting Group, New York — consultante en stratégie.
- Fondatrice d'une start-up (Lullaby) pendant ses études de MBA.
- Vestiaire Collective (2019-2021) — directrice commerciale / Chief Business Officer.
Fonctions publiques.
- 1er novembre 2021 – septembre 2024 — directrice de la Mission French Tech.
- 21 septembre 2024 – 23 décembre 2024 — secrétaire d'État chargée de l'intelligence artificielle et du numérique (gouvernement Michel Barnier).
- 23 décembre 2024 – 5 octobre 2025 — ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique (gouvernement François Bayrou). C'est à ce titre qu'elle est auditionnée, le 19 juin 2025.
- Depuis le 10 décembre 2025 — ambassadrice pour le numérique et l'intelligence artificielle (information issue de la seule fiche Wikipédia francophone, non recoupée par une source institutionnelle ici).
Réserve de sourçage : la recherche web a été menée sur un budget de requêtes contraint ; la biographie s'appuie sur les fiches Wikipédia francophone et anglophone, qui se recoupent sur l'essentiel (naissance, formation, French Tech, séquence ministérielle). Le site officiel du gouvernement (info.gouv.fr) n'a pas pu être consulté (HTTP 403).
Dans la commission
Auditionnée le 19 juin 2025 (cr29b) — réunion n° 29, audition 2/3, sous la présidence de M. Arthur Delaporte, après prestation de serment. 14 interventions. Elle est l'une des rares représentantes de l'exécutif entendues par la commission, et son propos est celui d'un membre du gouvernement rendant compte d'une action en cours, à l'échelon français comme européen.
Sa thèse. Le sujet ne se traite ni par l'injonction aux familles ni par la seule pédagogie : il faut une interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, rendue effective par une vérification de l'âge imposée aux plateformes, et un DSA appliqué « plus fort et plus vite ». Elle place explicitement la charge sur les plateformes plutôt que sur les enfants ou les parents.
Positions et points saillants :
- L'interdiction avant 15 ans, présentée comme une mesure de santé publique. « Je porte un message qui ne varie pas : avant 15 ans, les réseaux sociaux, c'est non. Ce n'est pas une posture, ni un symbole, c'est une mesure éducative de prévention, de protection, de bon sens. » (cr29b) Elle s'inscrit dans la continuité de la loi Marcangeli sur la majorité numérique et file l'analogie avec l'alcool : « Nous avons interdit l'alcool avant 18 ans, nous avons encadré sa publicité, nous avons informé sur ses dangers à travers des campagnes de prévention. Il nous faut faire la même chose pour les réseaux sociaux » (cr29b).
- La vérification de l'âge comme condition sine qua non. « Il ne peut y avoir d'interdiction des réseaux sociaux sans vérification de l'âge. » (cr29b) Elle oppose vérification et simple estimation déclarative, qu'elle juge inopérante : « Alors que nombre d'entre elles disent y avoir recours, force est de constater que ce procédé n'a pas fait la preuve de son efficacité : trois enfants sur quatre disent être sur les réseaux sociaux avant l'âge minimum, qui est fixé à 13 ans dans les conditions d'utilisation actuelles. » (cr29b) Elle avance une solution technique déjà éprouvée ailleurs : « la solution dite du double anonymat permet de vérifier l'âge sans donner d'informations personnelles. Ce qui vaut pour les sites pornographiques pourrait s'appliquer aux réseaux sociaux. » (cr29b)
- L'état des lieux qu'elle dresse. Elle appuie sa demande sur un socle qu'elle présente comme scientifique : « Un consensus scientifique solide émerge selon lequel l'exposition précoce et intensive aux réseaux sociaux chez les adolescents, notamment entre 8 et 15 ans, est associée à des troubles du sommeil, des troubles alimentaires, une augmentation des comportements à risque, un enfermement dans des bulles algorithmiques et une détérioration nette de la santé mentale. » (cr29b) Elle y ajoute un argument économique — « De premières études montrent que le temps passé sur les réseaux et ses conséquences sur le développement cognitif et émotionnel des adolescents pourraient nous coûter d'un à deux points de PIB dans l'avenir. » (cr29b) — et des chiffres d'usage : « près de trois enfants sur quatre âgés de moins de 13 ans sont déjà sur une plateforme au moins » (cr29b) ; « un garçon sur deux et une fille sur trois consomment régulièrement du contenu pornographique dès 10 ans » (cr29b).
- La responsabilité des plateformes, et la fin du « ping-pong ». Elle relève l'initiative publicitaire d'Instagram en faveur d'une vérification d'âge européenne : « Lorsque je vois Instagram dépenser des millions d'euros pour faire de la publicité dans nos gares, métros, titres de presse, ou à la radio pour demander une vérification d'âge à l'échelle de l'Union européenne, je me dis qu'une entreprise du numérique américaine qui demande de la régulation, c'est une première, mais aussi que les réseaux sociaux doivent assumer leurs responsabilités. » (cr29b) Sur les contenus illicites, elle refuse toute gradation : « Il n'y a pas de zone grise : quand c'est illicite, c'est illicite et les plateformes ont une responsabilité et une procédure à respecter. » (cr29b) Elle revendique néanmoins une posture non partisane vis-à-vis des acteurs : « Mon rôle n'est pas de porter un jugement de valeur sur tel ou tel réseau, mais de m'assurer qu'ils respectent toutes nos règles et de travailler en étroite collaboration avec la Commission pour ce faire. » (cr29b)
- Le DSA comme instrument, avec un reproche de lenteur. Elle en résume l'apport : « Le texte ne considère plus les plateformes comme de simples hébergeurs techniques – c'est très important – ; il leur impose un devoir de vigilance notamment en matière de protection des mineurs et de santé mentale. » (cr29b) Elle en souligne la force de frappe — « Les amendes, qui peuvent aller jusqu'à 6 % du chiffre d'affaires mondial, peuvent avoir un impact sur les acteurs économiques et les changements impulsés par le texte peuvent avoir un impact systémique. » (cr29b) — et mentionne les enquêtes en cours : « Deux d'entre elles concernent TikTok : une sur le design, l'autre sur les ingérences. » (cr29b) Elle exprime son agacement devant le circuit de traitement européen : « Faut-il vraiment qu'une ministre de la République se déplace à Dublin à chaque fois qu'un contenu dangereux apparaît sur une plateforme ? Bien sûr que non. » (cr29b)
- L'échelon national en recours. Priorité affichée à l'Europe, mais avec une menace assumée : « Si nous n'y parvenons pas, alors, je le dis sans détour, nous prendrons des mesures à l'échelle nationale, comme nous l'avons déjà fait sur d'autres dossiers. » (cr29b)
- Coconstruction avec les plateformes, sans naïveté affichée. « je crois en la coconstruction avec les plateformes. » (cr29b) Elle exprime toutefois un doute explicite sur les remèdes que celles-ci mettent en avant : « face aux vidéos prônant l'extrême maigreur, TikTok a expliqué mettre en avant des contenus qui présentent aux utilisateurs des explications sur ce type de tendances. Je ne sais pas si cela fonctionne » (cr29b). Sa formule de synthèse : « Soit nous le faisons ensemble, soit nous le faisons contre elles ; mais, dans tous les cas, nous avancerons pour protéger nos enfants. » (cr29b)
- SkinnyTok, cyberharcèlement, désinformation. Sur les contenus pro-maigreur : « Chaque jour, des contenus comme ceux liés à la tendance SkinnyTok sont vus, sauf erreur, par 500 millions de jeunes filles. » (cr29b) Sur l'anonymat : « il n'y a en ligne qu'un pseudo-anonymat qui peut, certes, encourager des discours de haine et des comportements répréhensibles. » (cr29b), illustré par l'affaire de cyberharcèlement visant Thomas Jolly, « sept personnes ont été condamnées à des peines pouvant aller jusqu'à huit mois de prison avec sursis » (cr29b). Sur la désinformation : « deux enfants sur dix, et ce n'est qu'un exemple, pensent que les pyramides ont été construites par des extraterrestres. » (cr29b)
- Le contrôle parental, adopté en principe mais délaissé en pratique. « Les trois quarts des parents y sont favorables, mais près de 60 % d'entre eux ne les utilisent pas. » (cr29b) Elle envisage une installation par défaut, tout en soutenant que les règles seules ne suffisent pas sans éducation ni accompagnement.
Les chiffres, études et affaires cités ci-dessus sont rapportés tels qu'elle les a exposés devant la commission ; ils constituent sa présentation des faits, non une vérification opérée ici.
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Clara_Chappaz
- https://en.wikipedia.org/wiki/Clara_Chappaz
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N029.html