Cyril di Palma
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Cyril di Palma (parfois orthographié « Cyril Di Palma ») est le délégué général de Génération Numérique, association de sensibilisation aux usages et aux risques du numérique. C'est à ce titre qu'il a été auditionné par la commission d'enquête, sous l'intitulé officiel « Audition — M. Cyril di Palma, délégué général de Génération numérique » (réunion du 22 mai 2025).
L'organisation. Génération Numérique est une association loi 1901 agréée par le ministère de l'Éducation nationale, dont le siège est situé 63 bis rue de la Tombe-Issoire, Paris 14e. Selon une version archivée de son site (2016), elle a été créée par d'anciens intervenants de l'association Calysto, qui ont décidé, à sa fermeture, de continuer l'aventure. Elle intervient en milieu scolaire et périscolaire (écoles, collèges, lycées, MJC, ITEP, IME) sur le cyberharcèlement, l'éducation aux médias et à l'information, les réseaux sociaux, l'égalité filles-garçons ou l'intelligence artificielle, et revendique plus de 6 000 interventions par an. Son site indique une équipe de 27 salariés, dont 22 intervenants répartis sur le territoire. L'association travaille avec la CNIL, l'Arcom, le Défenseur des droits et plusieurs ministères, et publie régulièrement des enquêtes auprès des 11-18 ans sur leurs pratiques numériques, leurs données personnelles ou les contenus choquants — certaines conduites avec la CNIL (2020, 2022).
Présence publique. Il est un porte-parole médiatique régulier de l'association depuis au moins la fin des années 2010, cité ou interviewé notamment par Slate (2017), Ouest-France (2018, sur TikTok), France 24 (2019), RMC et BFMTV (2021, sur « Instagram Kids » et le cyberharcèlement), Le Parisien et ELLE (2025, sur les plateformes OnlyFans et MYM), Public Sénat et franceinfo.
Précision sur le titre. Le site de l'association, consulté le 2026-07-24, le présente aujourd'hui comme « Président de Génération Numérique », tandis que la même page renvoie à une interview BFMTV le désignant comme « délégué général » et que les mentions légales du site mentionnent encore Serge Delohen comme président. Le titre exact à date ne peut donc pas être tranché avec certitude à partir des sources publiques disponibles ; au moment de l'audition (mai 2025), l'intitulé officiel retenu par l'Assemblée nationale est bien « délégué général ».
Limite de vérification. Il n'existe pas de page Wikipédia le concernant et aucune source publique fiable détaillant sa formation ou son parcours professionnel antérieur n'a pu être trouvée dans le cadre de cette recherche (moteurs de recherche largement inaccessibles lors de la collecte). Les éléments ci-dessus se limitent donc à ce qui est vérifiable. Aucune confusion d'homonyme n'a été détectée : toutes les sources retenues associent ce nom à Génération Numérique dans le champ de l'éducation au numérique et de la protection des mineurs.
Dans la commission
Auditionné seul le 22 mai 2025 (cr14b), Cyril di Palma défend une lecture éducative et méthodologiquement prudente du sujet : il apporte les données de l'enquête annuelle de son association, mais met en garde contre la tentation d'en tirer des conclusions causales, et contre la focalisation de la commission sur la seule plateforme TikTok.
Prudence sur ses propres chiffres. Il expose l'échantillon — « Sur l'échantillon de 2025, qui comprend 5 944 jeunes, 2 573 déclarent posséder un compte TikTok. Nous avons isolé ce sous-groupe pour examiner si leurs réponses divergeaient de la moyenne générale. » (cr14b) — puis corrige d'emblée l'interprétation : « Je me permets de rectifier ce point. Il ne s'agit pas des contenus présents sur TikTok, mais des réponses de la base de jeunes qui déclarent avoir un compte sur TikTok. Ainsi, leurs réponses ne concernent pas forcément TikTok. » (cr14b). Sur l'écart observé entre jeunes avec et sans compte, il refuse de trancher : « Cependant, il est difficile de définir ce qui est la cause et ce qui est la conséquence. […] Je recommande à la commission de lancer une étude scientifique, incluant des groupes de parole et une enquête quantitative, afin de disposer de données objectives sur lesquelles se baser. » (cr14b).
Ne pas isoler TikTok. « Néanmoins, nous devons éviter de nous focaliser uniquement sur TikTok au risque de négliger d'autres plateformes, qu'il s'agisse de réseaux sociaux, de plateformes de diffusion de vidéos ou de jeux en ligne, de Discord, de Twitch et des applications de messagerie comme Telegram, ayant peu ou pas de représentants en France. » (cr14b).
Âge et majorité numérique. Il se dit favorable à un seuil d'inscription et juge que « La majorité numérique fixée à 15 ans est plutôt pertinente. Le défi réside dans son application effective, en s'assurant que les enfants de moins de 15 ans ne puissent pas s'inscrire sans l'accord parental et que ceux déjà inscrits renseignent leur véritable âge. » (cr14b). Il écarte l'idée que son association aurait promu le seuil de 13 ans : « Nous n'avons jamais préconisé l'âge de 13 ans. Cette limite a été établie par les plateformes américaines en conformité avec leur législation nationale. » (cr14b).
Modération et contenus « gris ». Il distingue les contenus illégaux, dotés d'un cadre juridique, des contenus non illégaux mais problématiques : « En revanche, la modération des contenus dits « gris », qui ne sont pas illégaux, s'avère plus complexe, car il n'existe pas de qualification légale précise interdisant leur accès avant un certain âge. » (cr14b).
Parents et créateurs. Il insiste sur la responsabilité éducative — « Les parents doivent comprendre que l'environnement en ligne dans lequel évoluent les enfants s'apparente à une rue plus dangereuse que les rues de nos villes, car dépourvue des cadres légaux concernant la vente de substances interdites aux mineurs. » (cr14b) — et sur celle des producteurs de contenus : « Il ne faut pas oublier que les contenus présents sur internet sont majoritairement produits par des humains. En tant que créateurs de contenus, nous avons tous une responsabilité quant à ce que nous publions ou relayons par rapport au public mineur. » (cr14b).
Financement de l'association, interrogé pendant l'audition. Il détaille l'origine des fonds : « Génération numérique reçoit effectivement, depuis sa création, des fonds de diverses entreprises du secteur, en numéraire ou sous forme de coupons publicitaires pour offrir une plus grande visibilité à des campagnes en ligne. Ces entreprises sont Google, TikTok, Snapchat, X, Meta, mais nous travaillons aussi avec la Fondation SFR et Orange. » (cr14b), et affirme que cela ne pèse pas sur son indépendance : « Ces contributions, quelle qu'en soit la forme, ne changent en rien notre manière d'opérer : neutre commercialement, philosophiquement ou religieusement. Cette neutralité est notre vocation, mais également une obligation liée à notre agrément du ministère de l'éducation nationale. » (cr14b). Il décrit en parallèle une fragilité budgétaire publique : « […] notre dotation historique du secrétariat général du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR) d'environ 100 000 euros par an a été drastiquement réduite à 30 000 euros en raison des investissements en vidéosurveillance pour les Jeux olympiques et paralympiques. » (cr14b), et chiffre le coût d'une politique de masse : « […] j'avais estimé qu'une action touchant 800 000 jeunes nécessiterait un budget annuel de 20 à 25 millions d'euros. » (cr14b).
Politique publique. Son principal reproche porte sur l'organisation d'ensemble : « Cependant, le principal reproche que je formule concerne le manque de coordination. Les initiatives sont fragmentées. » (cr14b). Le dossier lui attribue également la position consistant à préférer, plutôt qu'« éducation au numérique », la notion d'« éducation à la citoyenneté » appliquée au monde numérique, en partant des usages réels des jeunes (cr14b).
Sources
- https://asso-generationnumerique.fr/ (site officiel de Génération Numérique, consulté le 2026-07-24)
- https://asso-generationnumerique.fr/association/ (missions, partenaires institutionnels, volume d'interventions)
- https://asso-generationnumerique.fr/association/notre-equipe/ (effectifs de l'association)
- https://asso-generationnumerique.fr/mentions-legales/ (siège social, responsable éditorial)
- https://asso-generationnumerique.fr/presses/ (revue de presse, mention de l'audition de Cyril di Palma, délégué général de Génération numérique)
- https://asso-generationnumerique.fr/enquetes/ (enquêtes annuelles auprès des 11-18 ans, dont enquêtes CNIL)
- https://web.archive.org/web/20160801074017/http://asso-generationnumerique.fr/qui-sommes-nous (filiation avec l'association Calysto)
- https://web.archive.org/web/20200924142013/https://asso-generationnumerique.fr/association/ (historique de l'équipe et des interventions)
- https://rmc.bfmtv.com/actualites/societe/education/commission-tiktok-pas-au-gouvernement-de-dire-aux-parents-comment-eduquer-leurs-enfants_AV-202509110536.html (intervention médiatique, septembre 2025)
- https://videos.assemblee-nationale.fr/video.16900655_682ed114c6107.effets-psychologiques-de-tiktok-sur-les-mineurs--auditions-diverses-22-mai-2025 (page de la réunion du 22 mai 2025 ; vidéo retirée de la mise en ligne)
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N014.html (compte rendu n° 14 de la commission d'enquête)