Géraldine Denis
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Géraldine Denis est une personne privée. Elle n'a été auditionnée ni au titre d'une fonction publique, ni au titre d'une expertise professionnelle, mais en tant que mère d'Édouard, adolescent dont elle vient décrire le parcours de souffrance psychique. C'est la seule qualité qu'elle déclare devant la commission : « Mme Géraldine Denis, mère d'Édouard » (cr11b).
Elle fait partie du groupe de familles réunies par maître Laure Boutron-Marmion, avocate au barreau de Paris, fondatrice du collectif Algos Victima, qui a engagé une action en justice contre TikTok au nom de familles s'estimant victimes de l'algorithme de la plateforme. Elle a prêté serment le 15 mai 2025 aux côtés de Me Boutron-Marmion et de neuf autres parents (Mme Gaëlle Berbonde, Mme Delphine Dapui, M. Arnaud Ducoin, Mme Géraldine Fur-Ducoin, Mme Christina Goncalves da Cunha, Mme Virginie Guguen, Mme Stéphanie Mistre, M. Jérémy Parkiet, Mme Morgane Jaehn), lors de la table ronde de recueil de témoignages présidée par M. Arthur Delaporte (compte rendu n° 11, audition 2/2).
Son témoignage indique qu'elle résidait, au moment des faits, dans une petite ville du Var (elle mentionne le centre médico-psychologique de sa commune et l'hospitalisation de son fils au centre d'évaluation et d'observation pour adolescents de l'hôpital de Toulon), qu'elle est mariée et mère d'au moins deux fils, et qu'elle a cessé son activité professionnelle pour accompagner Édouard. Aucun autre élément biographique ne figure dans les sources publiques consultables.
Réserve explicite. Aucune biographie publique vérifiable n'a pu être établie : il s'agit d'une citoyenne sans notoriété publique, connue uniquement par ce témoignage parlementaire, et son témoignage porte sur un enfant mineur. Aucune recherche d'identification poussée n'a été menée, et aucune information extérieure au verbatim officiel de l'Assemblée nationale n'est reprise ici. Toute homonymie possible (le patronyme « Denis » est courant, et la commission a par ailleurs auditionné Marie-Laure Denis, présidente de la CNIL — personne totalement distincte) est écartée : les deux femmes n'ont aucun lien.
Dans la commission
Une seule intervention, lors de l'audition du 15 mai 2025 (cr11b), sous la forme d'un témoignage continu, sans réponse ultérieure aux questions des députés. Il s'agit d'un récit personnel, pas d'une démonstration d'expertise : elle ne cite ni étude, ni chiffre, ni cadre juridique.
Ce qu'elle raconte. Le récit suit une chronologie : un fils « adolescent comme les autres, un enfant joyeux, gai », harcelé au collège parce qu'il était « multi-dys » (troubles d'apprentissage liés à la dyslexie), un établissement scolaire qui « a écouté d'une oreille ce qu'on avait à dire », puis un basculement que les parents ne voient pas venir — « C'est brutal, c'est le choc, car les parents que nous sommes n'avaient rien vu. » Suivent les scarifications, une dépression grave diagnostiquée au CMP avec « antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères », une première tentative de suicide, puis une hospitalisation.
Trois lignes de force ressortent de son témoignage :
- La défaillance de la prise en charge psychiatrique des adolescents. C'est le grief le plus documenté de son récit. Le CMP ne peut pas recevoir son fils, « ils sont débordés ». Une psychologue lui répond, quand elle demande comment arrêter les scarifications, qu'« il n'y en a pas, c'est sa soupape, il faut le laisser faire ». Après la tentative de suicide, « Il n'y a pas non plus de place dans l'unité de psychiatrie pour les adolescents » et le psychiatre les renvoie chez eux « en nous disant que la pression est retombée ». Elle chiffre l'offre disponible : « il y a, pour tout le Var, dix places ».
- L'effondrement du rôle parental. Elle décrit un quotidien de surveillance totale — « J'arrête de travailler, et je vis dans son ombre » ; « On retire toutes les clés de la maison et tous les couteaux, on met les médicaments au coffre et je vis derrière lui » — allant jusqu'à un encadrement des automutilations convenu avec son fils. Elle résume : « C'est une illusion de vie familiale. » Sur le téléphone, elle décrit une perte d'autorité qu'elle relie à un « chantage au suicide » : « Nous n'avons plus le rôle de parents, nous n'arrivons plus à exercer une quelconque autorité, nous sommes submergés par ce courant qui nous emporte ».
- Le lien qu'elle établit entre les contenus consultés et l'état de son fils. Elle rapporte que c'est un professeur de psychiatrie de l'hôpital de Toulon qui « arrive à faire le lien entre les réseaux sociaux et le mal-être de notre fils ». Après avoir récupéré le téléphone d'Édouard, elle décrit ce qu'elle y trouve : « des chansons qui prônent le suicide ou l'automutilation, et dont les paroles affirment que la vie n'a pas d'importance et que la mort est la seule solution pour alléger les souffrances. Et là, c'est le choc. » Sa conclusion est adressée aux parents autant qu'aux législateurs : « On met dans leurs mains des téléphones avec des réseaux où l'on pense qu'ils peuvent trouver un espace ludique, sans s'imaginer qu'ils seront captés par des contenus qui leur feront perdre pied et qui leur proposeront la mort comme la solution. »
Deux précisions de méthode, importantes pour la lecture :
- Ce lien de causalité est celui qu'elle expose — à partir de ce qu'elle a constaté sur le téléphone de son fils et de ce qu'un psychiatre lui a dit. Il ne constitue pas un fait établi par la commission, et le président a lui-même rappelé en ouverture que celle-ci « n'est pas un tribunal ».
- Dans son témoignage, elle ne nomme jamais TikTok explicitement : elle parle d'« addiction aux réseaux sociaux » et de « contenus », sans désigner de plateforme. La mise en cause nominative de TikTok relève, dans cette audition, du cadre posé par Me Boutron-Marmion et le collectif Algos Victima, pas de ses mots à elle.
Elle ne formule aucune préconisation réglementaire (vérification de l'âge, régulation des algorithmes, sanctions). Son apport à la commission est un apport de témoignage : le récit détaillé d'un cas et de l'insuffisance des dispositifs de soin rencontrés. Elle termine sur la fragilité persistante — Édouard « va nettement mieux », mais « On vit dans une anxiété constante parce qu'on a toujours peur d'une rechute. »
⚠️ Note de traitement du corpus. Le dossier extrait automatiquement pour cette fiche (
_dossiers/geraldine-denis.json) est contaminé par homonymie : il lui attribue 23 citations référencéescr20aqui sont en réalité celles de Marie-Laure Denis, présidente de la CNIL (audition du 2 juin 2025, cr20a) — compétence de la CNIL, guichet unique irlandais, RGPD, DSA, RIA, double anonymat, etc. Aucune de ces déclarations n'est de Géraldine Denis, qui n'intervient que dans cr11b. Cette fiche est donc établie directement sur le verbatim officiel de cr11b, seule audition où elle prend la parole. Le fichier_dossiers/geraldine-denis.jsondoit être corrigé (citations à réaffecter àmarie-laure-denis), de même que le dossier de Marie-Laure Denis s'il en manque.
Sources
- Verbatim officiel de l'Assemblée nationale, commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs, compte rendu n° 11 (séance du 15 mai 2025, audition 2/2) : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N011.html
- Corpus local :
tiktok_mineurs/transcript/1-corpus-brut/2025-05-15_cr11b_gaelle-berbonde.md
Aucune source biographique extérieure : personne privée sans notoriété publique, témoignage portant sur un enfant mineur — aucune recherche d'identification n'a été conduite.