Isac Mayembo
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Isac Mayembo, né le 4 janvier 1999 à Évry (Essonne), d'origine congolaise, est un ancien joueur de basket-ball professionnel français devenu créateur de contenus et vendeur de formations en ligne sous le pseudonyme Alex Hitchens — nom emprunté au personnage joué par Will Smith dans le film Hitch, expert en séduction (2005).
Identification. Aucune ambiguïté d'homonymie : le président de la commission le présente lui-même en ouverture d'audition comme « créateur de contenus sous le pseudonyme d'Alex Hitchens » (cr24b). Wikipédia en français rattache explicitement le pseudonyme « Alex Hitchens » à Isac Mayembo (né en 1999), et Wikidata (Q116154528) référence le même individu avec les alias « Alex Hitchens » et « The French Hitch ». À ne pas confondre avec Fernand Mayembo (né en 1996), footballeur congolais.
Carrière sportive (2015-2021). Il commence le basket-ball tardivement, à quinze ans, au Basket club courneuvien. Intérieur de 2,01 m, il rejoint le centre de formation de l'Olympique d'Antibes (Sharks) : après les Espoirs, il signe avec le club le 10 septembre 2018 et intègre le groupe professionnel en cours de saison. En février 2019, il est retenu par Jean-Aimé Toupane pour un stage de l'équipe de France U20 à l'INSEP, en préparation du championnat d'Europe de Tel-Aviv (13-21 juillet 2019). Il est ensuite prêté à La Charité Basket 58 (Nationale 1) pour la saison 2019-2020, puis signe en 2020 à l'Entente Cergy Osny Pontoise. Il est déclaré agent libre le 29 juillet 2021 et met fin à sa carrière sportive.
Reconversion en ligne. Il se présente sur YouTube, Instagram et TikTok comme coach en séduction et vend des formations en ligne. Ses contenus font l'objet de critiques publiques récurrentes pour leur caractère masculiniste — la presse française a notamment relayé, en mars 2024, une polémique autour de propos sur la présence des femmes dans la rue après 22 heures. Il est cité, aux côtés de Stéphane Édouard, parmi les diffuseurs francophones de la théorie du « bodycount ». Selon les données publiques disponibles, il réside à l'étranger (Dubaï) depuis 2023, ce qui recoupe l'indication donnée en audition (participation en visioconférence, « puisque vous avez dit être à l'étranger », cr24b).
Réserve de sourçage : il n'existe pas d'article Wikipédia en français consacré à Isac Mayembo (seulement une mention en page d'homonymie) ; la biographie ci-dessus s'appuie sur l'article de Wikipédia en anglais et ses sources primaires (presse sportive, site du club d'Antibes), sur Wikidata, et sur les articles de presse relatifs à l'audition. Plusieurs sources de presse grand public (Le Figaro, BFMTV, TF1 Info, La Provence) sont référencées mais n'ont pas pu être consultées directement.
Dans la commission
Auditionné sous serment le 10 juin 2025 (réunion n° 24, audition 2/5 — réf. cr24b), en visioconférence, dans une séance consacrée aux créateurs de contenus, sous la présidence d'Arthur Delaporte et en présence de la rapporteure Laure Miller. Le dossier corpus recense 25 interventions sur cette unique audition — la plus courte de la séance (environ 1 645 mots prononcés), interrompue par son départ unilatéral.
Une charge à contre-intérêt affiché. Sa thèse liminaire est une condamnation de la plateforme dont il tire ses revenus : « Même si je gagne de l'argent avec TikTok – j'ai envie d'être 100 % honnête aujourd'hui –, je pense que cette plateforme est, de manière générale, néfaste. » (cr24b) Et : « Pour résumer mon introduction, TikTok est, selon moi, à bannir. Je pense que cette plateforme est néfaste pour les jeunes, surtout si elle est mal encadrée, ce qui est le cas à mon avis. » (cr24b)
Le ressort du choc, décrit de l'intérieur. C'est l'apport le plus documentaire de son audition : « Je me suis vite rendu compte que ce qui fonctionne le mieux, disons-le clairement, c'est le contenu qui choque. C'est généralement celui qui attire le plus l'attention, qui génère le plus de ventes et le plus de transactions. » (cr24b) Et sur le format : « Sur TikTok, tout se joue avec les cinq premières secondes. Plus c'est tranchant, plus c'est cash, plus c'est clair et plus ça fonctionne. » (cr24b) Son format à succès, dit-il : « La séduction. À l'époque, c'était la drague de rue, aborder des filles dans la rue en caméra cachée. La séduction fonctionnait extrêmement bien, et d'ailleurs ça fonctionne encore maintenant. » (cr24b)
Son modèle économique, tel qu'il le déclare. Il dit ne pas vivre de la monétisation des vidéos mais de la vente de formations : « j'ai ouvert un programme d'affiliation dans lequel les gens peuvent promouvoir mes formations sur la plateforme et toucher des commissions liées à ces ventes, qui sont en moyenne de 50 %, voire de 60 ou 70 % pour les meilleurs affiliés. » (cr24b) Sur la monétisation TikTok : « Non, je n'ai jamais touché un centime. Lorsque des personnes font du contenu pour moi, je leur laisse la monétisation. » (cr24b) — déclarations non vérifiées en séance.
Le renvoi de la responsabilité à la plateforme. Sur l'exposition des mineurs à ses lives : « Lorsque 4 000 personnes sont connectées, il y a forcément des mineurs, c'est sûr et certain. Après, c'est à la plateforme de faire son travail. » (cr24b) Même logique sur la démultiplication de son image : « Il existe une cinquantaine de comptes de moi. Nous en gérons sept directement. » (cr24b), et à propos de ceux qu'il dit ne pas contrôler : « Est-ce que je le tolère ? Pour être honnête avec vous, je dirais non. Mais est-ce que je peux le stopper ? J'ai déjà essayé et ce n'est pas si évident. » (cr24b)
Le refus de la qualification de contenus « problématiques ». Face aux questions de la rapporteure sur les messages véhiculés à propos des femmes, il conteste le terme : « On pourrait juger mes contenus problématiques, mais c'est un terme subjectif et flou. Ils ne correspondent à aucune infraction et à aucune qualification juridique. » (cr24b) Il revendique au contraire l'utilité de ses conseils pour les jeunes : « Je pense qu'un jeune homme de 13, 14 ou 15 ans devrait suivre mes conseils. Je pense que je donne de bons conseils pour la jeunesse, même si j'imagine que vous n'allez pas être d'accord avec moi. » (cr24b) Et il oppose à la « zone grise » relevée par la commission un argument de principe : « C'est ce qu'on appelle la liberté d'expression, madame. » (cr24b)
Modération : contestation des bannissements, aveu de contournement. Il impute les retraits de vidéos aux campagnes de signalement plutôt qu'à un jugement de la plateforme : « TikTok m'a autorisé à poster la vidéo, et d'ailleurs la même vidéo postée sur un autre compte peut ne pas être bannie, mais forcément après 100, 200, 300 ou 400 signalements – je n'en connais pas le nombre exact –, elle saute malheureusement. » (cr24b) Il décrit en revanche sans détour une technique de contournement lexical : « Par exemple, on peut utiliser le mot " poutrer ". Ça vous fait rire, mais employer ce mot à la place de " coucher " ou d'un terme encore plus vulgaire permet de s'assurer que la vidéo ne sera pas censurée trop facilement. » (cr24b)
Loi « influenceurs ». Interrogé sur son application à son activité, il répond de façon dubitative : « Étant donné qu'il n'y a pas de promotion commerciale dans la vidéo, je ne sais pas si ça s'applique. » (cr24b)
La rupture et le départ. L'audition s'interrompt lorsque le président lui lit des propos qu'il a tenus sur les femmes. Il rattache ces propos à un autre support que TikTok et accuse la commission de les avoir isolés de leur contexte : « Vous n'avez pris que dix secondes de mon propos, vous avez isolé ce passage et vous venez de me le balancer à la gueule ! C'est le problème de TikTok. » (cr24b) Puis : « Vous êtes peut-être président, monsieur, mais si vous déformez mes propos, il n'y aura plus de président. » (cr24b) Il quitte la visioconférence sur un « Au revoir, monsieur, bonne journée. » (cr24b) — le président suspend l'audition en indiquant qu'il sera recontacté.
Toutes les positions ci-dessus sont celles exprimées par l'intéressé devant la commission ; elles sont rapportées telles quelles et ne constituent pas des faits établis. Les qualifications avancées par la commission comme par l'auditionné restent celles de leurs auteurs.
Sources
- https://en.wikipedia.org/wiki/Isac_Mayembo
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Mayembo (page d'homonymie)
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Hitchens (page d'homonymie — rattachement du pseudonyme)
- https://www.wikidata.org/wiki/Q116154528
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Bodycount_(concept_sexiste)
- https://www.sharks-antibes.com/mayembo-et-tanner-en-equipe-de-france
- https://www.basketball-reference.com/international/players/isaac-mayembo-1.html
- https://www.lefigaro.fr/flash-actu/au-revoir-monsieur-bonne-journee-l-influenceur-alex-hitchens-quitte-brusquement-la-commission-d-enquete-sur-tiktok-sans-autorisation-20250611 (référencé, non consultable)
- https://www.laprovence.com/article/societe/19665446417995/une-femme-apres-22h-qu-est-ce-qu-elle-fout-dehors-on-rembobine-la-polemique-alex-hitchens-influenceur-masculiniste (référencé, non consultable)
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N024.html (verbatim officiel de la réunion n° 24, 10 juin 2025)