Jennifer Elbaz
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Jennifer Elbaz est chargée de mission éducation au numérique à la Commission nationale de
l'informatique et des libertés (CNIL) — c'est la fonction sous laquelle elle a été auditionnée par la
commission d'enquête, le 3 avril 2025. Elle est rattachée à la direction des relations avec les publics
de la CNIL, dont dépend la mission d'éducation au numérique (mission EducNum). Des sources publiques
ultérieures la présentent comme cheffe du service sensibilisation du public de la CNIL.
Son activité porte sur la sensibilisation des publics à la protection des données personnelles et à
l'identité numérique : interventions en établissements scolaires, production de ressources
pédagogiques, formation des adultes prescripteurs (enseignants, médiateurs, parents). Elle est
associée, avec le sociologue Mehdi Arfaoui (laboratoire d'innovation numérique de la CNIL, LINC), aux
travaux de la CNIL sur les pratiques numériques des adolescents — notamment l'enquête « Numérique
adolescent et vie privée », publiée en 2024 et adossée à des entretiens en collèges et à une enquête
auprès de parents.
En parallèle de ses fonctions à la CNIL, elle est vice-présidente de l'An@é (association des @cteurs
de l'École, éditrice du site Educavox), où elle est identifiée sur le périmètre « médiations,
ressources CNIL ». Elle y publie régulièrement des contributions sur l'éducation au numérique, les
données personnelles et l'IA en éducation, et intervient dans des webinaires et conférences du secteur
éducatif.
Les sources publiques consultées ne documentent pas sa formation initiale ni le détail chronologique
de son parcours antérieur.
*Identité vérifiée : la fonction déclarée dans le dossier corpus (« chargée de mission éducation au
numérique à la Cnil ») correspond exactement à la personne documentée par les sources ci-dessous, y
compris le binôme de travail avec Mehdi Arfaoui, également auditionné à la même table ronde. Aucun
risque d'homonymie identifié.*
Dans la commission
Audition unique (cr03b, table ronde conjointe), 8 interventions. Le dossier corpus retient cinq
citations : la fiche est donc volontairement courte et se limite strictement à ce qui est sourcé.
Elle intervient en praticienne de terrain de l'éducation au numérique, sur trois registres : ce que la
plateforme collecte, ce que les enfants y voient, et ce qui manque autour d'eux pour en parler.
La collecte de données et le profilage. Elle décrit le fonctionnement de TikTok comme une
alimentation continue du profil de l'utilisateur par chacun de ses gestes : « chaque interaction avec
une vidéo, le temps passé, le nombre de répétitions, le swipe – l'action de passer à la vidéo
suivante – ou encore les partages, sont intégrés au profilage de chaque utilisateur, c'est-à-dire au
portrait qui est fait de lui et dont dépendent les vidéos proposées ensuite. » (cr03b)
L'exposition aux contenus choquants. Elle avance un constat de terrain très large, qu'elle ne
limite pas à TikTok : « quasiment 100 % des enfants qui consultent seuls des plateformes diffusant des
vidéos – réseaux sociaux, sites de jeux vidéo sur lesquels ils sont identifiés… – ont été confrontés à
des contenus choquants. » (cr03b) Elle illustre la circulation de ces contenus par un exemple récurrent
recueilli auprès des enfants : « Lorsque nous avons commencé l'étude, tous les enfants racontaient
avoir vu sur TikTok la vidéo d'un chat passé au mixeur. » (cr03b)
La spécificité qu'elle attribue à TikTok. C'est le point le plus saillant de son propos : elle
situe la singularité de la plateforme non dans le volume de contenus violents, mais dans sa capacité à
introduire des idées nouvelles — « TikTok sait très bien faire entrer de nouvelles idées dans l'esprit
des enfants, ce qui n'est pas forcément le cas de toutes les plateformes. Typiquement, pour vous donner
un exemple d'idée instillée par la plateforme, il y a celle qui consiste à démonter la lame de son
taille-crayon pour se scarifier. » (cr03b)
Ce qu'elle recommande : un espace de parole sur les pratiques numériques. Sa conclusion porte moins
sur la plateforme que sur le vide autour de l'enfant : « Nous manquons d'un espace de réflexion sur les
pratiques numériques. Nos enfants ont une vie numérique mais personne n'en parle avec eux. » (cr03b)
Le dossier corpus rattache cette prise de position aux sujets « éducation numérique / parents » et
« rôle de l'école ».
Sources
- https://linc.cnil.fr/node/896
- https://www.educavox.fr/e-formation/author/90-elbazjennifer
- https://www.educavox.fr/accueil/reportages/jennifer-elbaz-libertes-formations-pratiques-numeriques-des-adolescents-et-protection-de-la-vie-privee
- https://educavox.fr/accueil/reportages/jennifer-elbaz-pourquoi-et-comment-proteger-ses-donnees-personnelles
- https://www.acteurs-ecoles.fr/l-association/conseil-d-administration/
- https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-du-jour/l-invitee-du-jour-jennifer-elbaz-chargee-de-mission-education-au-numerique-a-la-cnil-6195819
- https://www.cnil.fr/fr/innovation-educative-retrouvez-la-cnil-au-salon-eductech-expo
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N003.html