La part du citoyenTikTok et les mineurs
JA

Justine Atlan

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Justine Atlan (née Guyomard) est la directrice générale de l'association e-Enfance / 3018, association

française de protection des mineurs en ligne et de lutte contre le harcèlement.

Parcours :

l'association) ;

clinicienne, aujourd'hui présidente de l'association) et Christine du Fretay (cheffe d'entreprise) ;

(Luc Chatel) ; d'autres conventions suivront, notamment avec la direction générale de la

gendarmerie nationale (2021) et le ministère de l'Agriculture (2024) ;

pairs, puis intervient au Forum de Paris pour la Paix ; elle y défend la vérification d'âge et le

passage de la règle des 13 ans à une majorité numérique à 15 ans, harmonisée au niveau européen ;

(mention rapportée par l'association ; classement non consulté directement).

Selon la page de présentation de l'association, elle totalise 29 ans d'expérience professionnelle dont

16 dans le numérique et la protection de l'enfance, siège au comité d'experts de l'Arcom et au comité

d'experts du ministère chargé de la lutte contre le harcèlement. Ces éléments proviennent de la

communication de l'association elle-même et n'ont pas pu être recoupés par une source indépendante.

L'association qu'elle dirige a été reconnue d'utilité publique en 2010, est agréée par le ministère de

l'Éducation nationale, opère depuis juin 2021 le 3018 (numéro national gratuit contre le

harcèlement et les violences numériques, successeur de la ligne Net Écoute lancée en 2008), et est

devenue le 6 novembre 2024 la première association française à obtenir le statut de **signaleur de

confiance** (trusted flagger) au titre du règlement européen sur les services numériques (DSA).

*Identité vérifiée : la fonction déclarée dans le dossier corpus (« directrice générale de

l'association e-Enfance ») correspond sans ambiguïté au profil public de Justine Atlan. Aucun risque

d'homonymie identifié. Réserve méthodologique : la recherche web a dû s'appuyer principalement sur les

pages officielles de l'association et sur l'article Wikipédia consacré à e-Enfance, faute de notice

biographique indépendante consultable ; les dates de formation initiale ne sont pas documentées

publiquement.*

Dans la commission

Audition du 27 mai 2025 (cr18b), au titre de l'association e-Enfance / 3018. Elle y est entendue non

comme clinicienne mais comme responsable d'une association de plaidoyer et de signalement, dotée du

statut de signaleur de confiance.

Déclaration d'intérêts d'emblée. Elle expose le financement de l'association et sa relation

financière avec la plateforme mise en cause : « En 2024, notre financement est constitué à 55 % de

mécénats privés et à 45 % de subventions publiques françaises et européennes. Le budget de

l'association en 2024 s'établissait 3,4 millions d'euros et TikTok nous versait 70 000 euros, soit 2 %

dudit budget. » (cr18b)

Son motif de départ du safety board de TikTok. C'est le point le plus tranché de son audition, et

il porte sur l'autorégulation des plateformes — appréciation de l'association, pas constat établi par

la commission : « Mais nous avons fait le constat que leur cœur de problème réside dans leur modèle

économique et que leurs algorithmes n'étaient absolument pas contestés et travaillés. Nous passions

notre temps à « colmater les brèches », sans toucher le cœur du problème. » (cr18b)

Positions clés défendues :

très fermement depuis plusieurs années auprès des différents acteurs politiques français et

européens pour mettre en place une vérification d'âge sur Internet, clé de voûte de la protection de

l'enfance sur Internet. » (cr18b). Elle en tire l'échec des dispositifs déclaratifs et du contrôle

parental : « Mais ces fonctionnalités ne rencontrent jamais leur cible puisque les enfants mentent

sur leur âge et les parents y participent largement. » (cr18b)

question d'une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Ce seuil, qui correspond

par ailleurs à la majorité sexuelle et à l'entrée au lycée, nous semble pertinent. De façon très

pragmatique, nous aimerions déjà que les plateformes appliquent leur propre restriction, qui porte

sur les moins de 13 ans. » (cr18b)

propre à l'association : « Le grand bouleversement est intervenu au moment où ont été créés

simultanément les réseaux sociaux avec Facebook et le smartphone , avec l'iPhone. Cette « mauvaise

rencontre » est à la source des problèmes que rencontrent les jeunes aujourd'hui et la dissociation

de ces deux usages serait certainement vertueuse. » (cr18b) ; d'où : « Nous serions donc favorables

à l'interdiction de la vente des smartphones aux moins de 15 ans. » (cr18b)

depuis vingt ans cette arrivée massive des usages numériques dans la vie de tous, y compris de leurs

enfants et adolescents. On ne cesse de leur répéter que cela relève de leur responsabilité.

Personne, dans le monde adulte encadrant, ne les aide dans ce rôle-là. » (cr18b). Elle mobilise une

analogie avec les produits réglementés : « À l'inverse, il existe une interdiction très claire de

vendre de l'alcool ou du tabac aux mineurs. À ce titre, il est vraiment temps de responsabiliser les

plateformes et de leur demander de jouer leur rôle d'adultes. » (cr18b)

lui-même, mais « l'excès d'écran » qui pose problème. Nous estimons nécessaire de poser une norme de

modération obligatoire pour ces systèmes de communication en ligne. Les plateformes doivent être

pénalisées si elles ne le font pas d'emblée. » (cr18b)

DSA et nous travaillons en ce sens, de manière quasiment quotidienne avec l'Autorité de régulation

de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), pour partager notre expérience et l'aider à

faire appliquer le DSA. » (cr18b) ; « J'estime que l'Europe doit appliquer systématiquement, mais

aussi répétitivement les amendes, lorsque les plateformes contreviennent aux obligations. » (cr18b)

heurtons aussi à un manque d'harmonie sur cet âge au niveau européen, lequel constitue la faille du

RGPD depuis 2018 et dont profitent les plateformes pour ne rien mettre en place. » (cr18b)

Sa périodisation du problème. Elle situe le moment présent dans une séquence : « Aujourd'hui, nous

parlons d'une troisième époque où les plateformes elles-mêmes peuvent faire du mal aux jeunes. »

(cr18b)

Le vocabulaire opérationnel du signaleur de confiance. Elle explicite le critère d'urgence utilisé

par l'association dans ses demandes de retrait : « Nous parlons « d'urgence vitale » quand nous

considérons que le contenu ou le compte que nous demandons de bloquer crée un problème de santé

mentale tellement élevé chez le jeune qu'il peut provoquer un suicide. » (cr18b)

Sources