La part du citoyenTikTok et les mineurs
LB

Laure Boutron-Marmion

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Laure Boutron-Marmion est avocate au barreau de Paris et associee du cabinet Boutron-Marmion Associes,

structure parisienne qu'elle codirige avec Pierre-Philippe Boutron-Marmion, avocat penaliste (a ne pas

confondre : ce sont deux personnes distinctes du meme cabinet).

Formation. Etudes de droit a l'universite Pantheon-Assas (Paris II), ou elle obtient un Master II de

droit prive general ; elle est egalement titulaire d'un LLB de University College London (UCL).

Parcours. Elle s'est formee dans des cabinets d'affaires francais (Bredin Prat) et anglo-saxons

(Proskauer Rose, Mayer Brown), puis a choisi d'exercer aupres de cabinets d'avocats au Conseil d'Etat et a

la Cour de cassation pour se consacrer a la technique de cassation, avant de fonder son propre cabinet.

Sa pratique actuelle couvre la defense penale et le contentieux des affaires — y compris des litiges

transfrontaliers — ainsi que le droit penal des mineurs et de la famille (mineurs auteurs ou victimes,

violences intrafamiliales, placements provisoires). Elle est membre de l'Antenne des mineurs du barreau de

Paris, de l'Association des avocats penalistes (ADAP) et du Conseil d'orientation strategique de l'Institut

des droits fondamentaux du numerique (IDFRights). Elle consacre une partie de son activite a l'enseignement

et a la formation.

Algos Victima et le contentieux contre TikTok. Selon la presentation de son cabinet, elle depose le

12 septembre 2023, pour la famille de Marie (adolescente decedee a Cassis en 2021), ce que le cabinet

presente comme la premiere plainte francaise contre TikTok pour provocation au suicide. Elle fonde en 2024

le collectif Algos Victima, cellule d'accompagnement juridique et judiciaire des familles, dont

l'objectif affiche est de faire reconnaitre la responsabilite legale des entreprises de reseaux sociaux

pour les prejudices causes aux utilisateurs mineurs (conception addictive des applications, information

insuffisante sur les risques, defaillance de la moderation). Le 4 novembre 2024, elle depose au tribunal de

Creteil un recours civil groupe porte par sept familles contre TikTok. La Croix, qui lui consacre un

portrait le 8 novembre 2024, indique qu'elle est alors agee de 39 ans et qu'elle a grandi dans un milieu

d'avocats (son pere exercait en droit des affaires). Elle est depuis une interlocutrice reguliere de la

presse et des institutions (Assemblee nationale, Senat) sur la responsabilite des plateformes — Le Monde

(M le magazine du Monde) et Le Figaro lui ont notamment consacre des portraits en septembre et novembre 2025.

Dans la commission

Me Boutron-Marmion intervient lors de la reunion n° 11 du 15 mai 2025, presidee par Arthur Delaporte, sur

les deux auditions successives : d'abord aux cotes de trois adolescents entendus a huis clos et

anonymises dans le compte rendu (cr11a), puis a la tete d'une table ronde de familles du collectif

Algos Victima (cr11b). Dans les deux cas elle est presente en qualite de conseil : elle prete serment

et encadre la parole des temoins, dont elle annonce d'emblee le caractere spontane — « *Les enfants

témoigneront de manière spontanée, mais, si vous m’y autorisez, peut-être les ferai-je rebondir sur un ou

deux points qu’ils ont pu évoquer avec moi et qu’il me semble important de porter à votre connaissance.* »

(cr11a).

Sa these. Elle formule devant la commission une mise en cause frontale de la conception meme des

plateformes : « *Oui, ayons le courage de reconnaître que les réseaux sociaux, tels qu’ils sont conçus

aujourd’hui, tuent nos jeunes.* » (cr11b). Il s'agit de la position qu'elle defend comme conseil des

familles ; la commission n'est pas un tribunal et cette affirmation n'engage qu'elle.

Ses points saillants (tous issus de cr11b) :

émotionnellement plus fragile, la plateforme vous propose jusqu’à douze fois plus de contenus

mortifères.* » — chiffre avance par elle, non source dans l'audition.

que les réseaux sociaux nuisent à la santé des seuls jeunes qui sont déjà fragilisés émotionnellement.* »

jeunes se voient désormais offrir de l’argent pour se filmer en train de se scarifier, de vomir, bref :

pour se mettre en scène.* » — et adresse une demande d'investigation explicite a la commission :

« *j’invite votre commission d’enquête à se pencher sur la bulle du TikTok live , qui est une boîte noire

dans la boîte noire.* »

Ses interventions relevent donc de deux registres : celui du conseil qui organise et securise le

temoignage de victimes mineures et de familles endeuillees, et celui d'une avocate qui porte devant la

representation nationale la these judiciaire qu'elle defend par ailleurs au contentieux — responsabilite

de la conception algorithmique, moderation defaillante, et economie des lives comme zone opaque a

investiguer.

(Verbatim officiel de la reunion n° 11 : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N011.html)

Sources

(formation, parcours, appartenances professionnelles).

(creation en 2024, objectifs, plainte du 12 septembre 2023).

— portrait, La Croix, 8 novembre 2024 (age, milieu familial, recours du 4 novembre 2024 a Creteil).

— portrait, M le magazine du Monde, 4 septembre 2025 (reference : titre et date releves via index de

presse, article payant non consulte integralement).

— entretien, Le Figaro, 20 novembre 2025 (idem : titre et date releves via index de presse).

*Note d'identification : aucune page Wikipedia n'existe pour cette personne. L'identite est etablie par

recoupement entre la fonction declaree dans le corpus (« avocate au barreau de Paris, fondatrice du

collectif Algos victima »), le site du cabinet et le portrait de La Croix. Homonymie ecartee :

Pierre-Philippe Boutron-Marmion, avocat penaliste du meme cabinet, est une autre personne.*