le lieutenant-colonel Cyril Colliou
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Avertissement sur les sources. Les recherches menées n'ont trouvé aucune source biographique fiable
sur Cyril Colliou : ni page Wikipédia, ni fiche institutionnelle publique, ni portrait de presse. Son nom
n'apparaît, dans les sources publiques accessibles, qu'à travers le compte rendu de son audition par la
présente commission d'enquête. La biographie ci-dessous se limite donc aux éléments vérifiés ; ce qui n'a
pas pu être confirmé est signalé comme tel.
Éléments vérifiés. Officier de gendarmerie au grade de lieutenant-colonel, Cyril Colliou est, à la date
du 24 juin 2025, chef par intérim de l'Office mineurs (Ofmin). C'est en cette qualité qu'il est entendu
par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, l'audition étant ouverte à la presse et précédée d'une
prestation de serment (compte rendu n° 30, séance du 24 juin 2025).
L'organisation qu'il dirige par intérim. L'Office mineurs a été créé par décret du 29 août 2023 et
installé le 20 novembre 2023 ; il est rattaché à la direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) du
ministère de l'Intérieur. Il est chargé de la lutte contre l'ensemble des violences faites aux mineurs
(infractions sexuelles, exploitation, violences physiques et psychologiques, harcèlement y compris en ligne)
et constitue le point d'entrée national des signalements de contenus pédocriminels. Son organisation, telle
que décrite par Colliou lui-même devant la commission, repose sur deux pôles : un pôle stratégie
(animation, coordination, partenariats, sensibilisation) et un pôle opérationnel doté d'une unité de
renseignement criminel.
Contexte de l'intérim (non recoupé directement). La première cheffe de l'Ofmin, Gabrielle Hazan, a été
nommée au Conseil d'État en mars 2025 selon la presse spécialisée (Acteurs Publics, 24 mars 2025). Aucune
source consultée ne relie explicitement ce départ à la désignation de Cyril Colliou comme chef par intérim,
mais la chronologie est cohérente avec la fonction qu'il déclare en juin 2025.
Homonyme possible, non confirmé. Un article de presse locale (L'Écho Républicain, 18 août 2016) est
intitulé Cyril Colliou, nouveau patron de la compagnie de gendarmerie de Lucé (Eure-et-Loir). Le contenu
de cet article n'a pas pu être consulté et **aucune source ne permet d'affirmer qu'il s'agit de la même
personne**. L'information est mentionnée pour mémoire, sans être retenue comme un élément de parcours établi.
Dans la commission
Colliou est entendu le 24 juin 2025 à la tête d'une délégation de l'Ofmin (avec Mme Agathe Boudin et
Mme Typhaine Desbordes) ; il est le seul intervenant de la délégation dont les propos sont restitués au
compte rendu (17 interventions, cr30a). Son point de vue est celui d'un service d'enquête judiciaire dont
l'activité dépend de ce que les plateformes détectent et signalent.
La dépendance de l'enquête judiciaire aux signalements des plateformes. Il chiffre l'entonnoir : « En
2024, cette unité a reçu 170 000 signalements, soit 465 par jour en moyenne, dont 164 516 provenant de la
détection effectuée par les plateformes du numérique elles-mêmes » (cr30a). Il souligne aussi le chiffre
noir des violences sexuelles : « nous recevons seulement 65 000 plaintes alors que la Ciivise recense
160 000 victimes de violences sexuelles par an, ce qui tend à montrer que les deux tiers des faits ne sont
pas signalés aux forces de l'ordre » (cr30a).
Une comparaison inter-plateformes, à décharge puis à charge sur TikTok. Il constate d'abord des progrès
généraux : « Nous notons chez la plupart des grandes plateformes, dont Meta, des progrès considérables dans
les signalements qui nous sont adressés, tant d'un point de vue quantitatif que qualitatif » (cr30a). Il
reconnaît la coopération de TikTok tout en la jugeant en deçà : « Certes, cette dernière collabore,
développe une action en matière de protection des mineurs et transmet ses signalements au NCMEC qui nous les
adresse. Mais si l'on observe une explosion du nombre des signalements, il reste à notre sens de nombreux
progrès qualitatifs à accomplir pour atteindre les standards des autres plateformes » (cr30a). Les volumes
avancés : « TikTok nous a adressé 4 432 signalements en 2023, 6 039 en 2024 et 17 589 au 16 juin 2025 : on
observe donc une explosion du nombre de signalements. D'un point de vue opérationnel, le traitement que nous
en effectuons est toutefois assez résiduel et ne concerne qu'une minorité d'entre eux, en raison du manque
de qualité et de pertinence des éléments qui nous sont fournis » (cr30a). Deux griefs techniques :
« Beaucoup des signalements qui nous sont transmis sont des faux positifs, qui ne correspondent pas à des
contenus pédocriminels : nous passons donc du temps à traiter des signalements qui ne sont pas pertinents »
et « ce n'est pas le cas de TikTok, dont les éléments fournis ne sont pas consolidés, ce qui nécessite de
notre part des investigations complémentaires » (cr30a).
Le raisonnement par l'absence de signalement. C'est la charpente de sa démonstration, et il en module
lui-même le degré de certitude. Sur l'émoji pizza : « des personnes considérées comme pédocriminelles
s'identifient sur la plateforme TikTok en insérant dans leurs publications une émoticône en forme de
pizza », or « cela a été très peu signalé par TikTok, alors que le phénomène a donné lieu à de nombreux
signalements de la part d'internautes auprès de la plateforme Pharos » (cr30a). Sur les challenges, il reste
prudent : « Je ne peux pas affirmer que cela traduit un problème de modération, mais la situation permet
légitimement de le penser » (cr30a). Sur la sextorsion, il tranche : « Nous pouvons donc affirmer qu'il
existe un véritable problème de modération et de détection des phénomènes de sextorsion par la plateforme
TikTok » (cr30a). Sur les contenus suicidaires : « Or nous n'avons encore reçu aucune information
opérationnelle de ce type de la part de TikTok. Là encore, cela interroge, car on peut légitimement penser
que de tels messages peuvent exister sur cette plateforme » (cr30a).
Effets sur les mineurs, présentés comme une hypothèse de terrain. « l'exposition précoce et répétée à
des contenus violents génère une croissance des représentations biaisées de la réalité, avec notamment une
banalisation de la violence et une représentation de la sexualité reposant sur des scénarios
pornographiques » (cr30a).
Deux alertes prospectives. L'intelligence artificielle : « l'IA peut rapidement faire exploser le volume
des contenus pédocriminels qui circulent en ligne, tant cet outil facilite leur création » (cr30a). Et le
cadre juridique européen de la détection : « Si aucun règlement définitif ne vient la remplacer pour
enjoindre aux plateformes de détecter ces contenus, nous risquons de devenir aveugles » (cr30a).
Moyens de l'office. Il décrit un décalage entre les effectifs prévus et réels : « On pourrait multiplier
par deux, trois, quatre ou cinq les effectifs de l'Ofmin, nous serions tous occupés. Même si nous sommes
convaincus de ce que nous faisons, nous avons parfois le sentiment de vider la mer avec une petite
cuillère » (cr30a).
Responsabilité parentale et seuil d'âge. « On considère qu'à l'âge de 13 ans, un enfant a en moyenne
1 300 photos de lui en circulation sur les réseaux » (cr30a) et « Normalement, les enfants ne devraient pas
avoir accès aux réseaux sociaux avant l'âge de 13 ans, et ils ne devraient y accéder qu'avec le consentement
des parents s'ils sont âgés de 13 à 15 ans. Or nombre d'enfants de moins de 15 ans y accèdent en totale
autonomie » (cr30a).
Sources
- Assemblée nationale, compte rendu n° 30 de la commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok
sur les mineurs, séance du 24 juin 2025 (audition ouverte à la presse du lieutenant-colonel Cyril Colliou,
chef par intérim de l'Office mineurs) : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N030.html
- Recherche de presse (Google News) sur « Cyril Colliou » : https://news.google.com/rss/search?q=%22Cyril+Colliou%22&hl=fr&gl=FR&ceid=FR:fr
— seul résultat pertinent : Cyril Colliou, nouveau patron de la compagnie de gendarmerie de Lucé,
L'Écho Républicain, 18 août 2016 (identité non confirmée, article non consulté).
- Recherche de presse (Google News) sur l'Office mineurs et sa direction :
https://news.google.com/rss/search?q=Ofmin+%22office+mineurs%22&hl=fr&gl=FR&ceid=FR:fr
— dont Gabrielle Hazan, cheffe de l'Office mineurs de la police, nommée au Conseil d'État,
Acteurs Publics, 24 mars 2025.
*Aucune source biographique dédiée (Wikipédia, fiche institutionnelle, portrait de presse) n'a été trouvée
sur Cyril Colliou.*